Roméo et Juliette, c’est probablement LE classique du répertoire des Grands Ballets canadiens de Montréal. Présenté en 2004, en 2006 et en 2009, il est de nouveau à l’affiche en cette dernière saison où Gradimir Pankov officie à titre de directeur artistique. Normal : il fait partie des coups de cœur. Pas seulement du programmateur, mais aussi du public montréalais, qui ne cesse de réitérer son amour pour cette histoire d’amour aussi, chorégraphiée par Jean-Christophe Maillot. En ce jour de grande première, les quatre danseurs passionnés qui incarneront à tour de rôle le couple mythique jusqu’au 28 octobre sur la scène du Théâtre Maisonneuve nous parlent de leur attachement à cette œuvre immortelle.

Christie «Juliette» Partelow

Vous avez déjà joué Juliette (dans le cadre d’une production du Manhattan Movement & Arts Center, chorégraphiée par François Perron). Est-ce symbolique, pour vous, de réinterpréter ce rôle pour les Grands Ballets?
J’ai déjà joué Juliette, oui, mais c’était seulement la scène du balcon et celle du tombeau. C’était d’ailleurs le premier ballet de ma carrière! Ç’a donc toujours été un rôle vraiment spécial pour moi. J’ai toujours senti un lien très fort avec l’histoire. Et j’ai toujours été amoureuse de l’œuvre de Shakespeare!

En quoi – s’il y a effectivement de quoi – cette héroïne romantique vous ressemble-t-elle?
Eh bien, je dirais que je ne suis pas si éloignée d’elle! (Rires) Je crois au coup de foudre et il m’est arrivé de me laisser emporter par cette grande chose qu’est l’amour. Et puis, je trouve que Juliette est fougueuse, bagarreuse, décidée. Ce qui me rejoint! La seule chose à laquelle je ne m’identifie pas, c’est que, surtout au début, elle est très «fifille». Je suis un peu plus vieille, déjà, et puis, plus jeune, j’étais plutôt garçon manqué.

Techniquement, en tant qu’interprète, avez-vous appris quelque chose de nouveau en préparant ce ballet?
Une TONNE de choses! La principale étant que les mouvements viennent réellement de l’émotion et de l’intention. Et, quand on les approche de cette façon, tout se place.

Troy «Roméo» Herring

C’est votre premier rôle principal dans un ballet. Quel est le plus grand défi de ce défi tout aussi grand?
Ce que je trouve extrêmement difficile, c’est qu’au départ, Roméo est presque un enfant. Tandis qu’au final, il est devenu un homme! Entre-temps, il a traversé des expériences si profondes! C’est difficile pour moi de me retrouver, à la fin du ballet, dans la peau d’un personnage qui a vécu et qui en connaît plus que moi sur l’existence. Essayer d’arriver à ce niveau, c’est éreintant! De traverser tant d’émotions! Je n’ai jamais vécu ça en réalité… Heureusement! (Rires)

Sentez-vous que cette expérience a fait naître quelque chose en vous?
Oh! Énormément de choses. Au départ, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. Je n’étais pas particulièrement familiarisé avec le ballet, avec la musique. Et je n’ai jamais ressenti autant de pression sur mes épaules! J’ai joué un peu de Shakespeare à l’école, mais en tant que danseur, c’est réellement de la nouveauté mur à mur. C’est une expérience qui m’apparaît extrêmement intéressante… et étonnamment naturelle!

Comment composez-vous avec cette pression?
Comment? Hmmm… Eh bien, je rentre chez moi le soir et je m’ouvre une bière! (Rires) Ensuite, je fais : «Aaaaah!» Puis, je dis salut à mes chats. Et tout va mieux.

Raphaël «Roméo» Bouchard

Pour les Ballets de Monte-Carlo, vous avez déjà joué Benvolio, le cousin de Roméo. Mais cette fois, vous êtes le cousin de Benvolio…
Oui, Roméo! Quand j’étais aux Ballets de Monte-Carlo, c’était une aspiration pour moi de danser ce rôle. C’est enfin le rêve qui se réalise. Je suis vachement content et j’espère être à la hauteur!

En quoi vous reconnaissez-vous dans le rôle de Roméo?
Eh bien, en peu de chose, en fait! De mon côté, je suis moins détendu, plus énergique. Quand j’étais à Monaco, je jouais toujours Benvolio, parce que j’étais le plus jeune, le plus speedy. C’est plaisant de faire quelque chose de différent, de plus romantique, de plus relaxe, si je peux le dire ainsi. Bon, pas tout à fait relaxe, parce que, quand on danse, on danse! Mais au départ, on est très présents sur scène, sans toutefois avoir de chorégraphie complexe, et on doit simplement être dans l’action. C’est ce qu’il y a de plus difficile! (Rires)

Votre lien avec la musique de Prokofiev, particulièrement magnifique, quel est-il?
Je l’adore, et je la connais vraiment par cœur, puisque je l’ai tellement dansée! Cela dit, je l’écoute encore avec plaisir. C’est sublime!

Ce que vous espérez que les gens ressentent en vous voyant danser cette histoire d’amour éternelle?
J’espère qu’ils vont nous croire! (Rires)

Valentine «Juliette» Legat

Qu’est-ce que cela représente, pour vous, danser Juliette? Un rêve ultime? Une surprise? Un défi? Tout cela et plus encore?
Ça représente beaucoup! Je ne m’attendais pas à jouer le rôle! C’est un rôle qui me faisait peur, en fait. Pour moi… c’est énorme. Je ne pensais pas que j’aurais été capable d’arriver jusque-là. Ça représente un gros challenge, énormément de travail et de passion.

Un gros challenge, en quel sens? En raison du poids historique de l’œuvre? Du côté plus théâtral du rôle?
Challenge, parce que c’est, en fait, ressentir des émotions que je n’ai pas l’habitude d’avoir dans la vie. Toutes ces émotions que je n’accepte pas, ou que je n’ose pas vivre au quotidien. Et elles sont toutes dans le ballet! (Rires) C’est la peur de moi-même, le plus gros challenge, dans ce ballet, pour moi.

Au final, on imagine qu’on sort de cette expérience grandie. En tant qu’être humain, en tant qu’artiste?
Oui! C’est super satisfaisant et ça fait énormément de bien! L’amour que Juliette reçoit dans ce ballet, c’est autant d’amour que j’ai à la fin de la journée, si on veut. C’est presque comme si ce qu’elle vit dans le ballet, moi, je le vis avec le ballet, dans ma vie à moi. (Sourire)

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