Chantal Levesque Varda Étienne

Varda Étienne apporte-t-elle un nouvel élément au sujet de la famille reconstituée dans son plus récent roman? «Non!» dit-elle, mais ça ne l’a pas empêchée d’écrire un livre drôle, touchant et réaliste dans lequel plusieurs parents et ados se retrouveront.

Dans ce quatrième roman, on suit le quotidien de la famille éclatée du très strict Maxence Jutras, de son ex Sylvie, une éternelle adolescente, de sa nouvelle flamme, Nadège, «une soie», ainsi que de leurs enfants, Chloé, Noah et Coralie.

Difficile de s’éloigner des clichés dans Les hauts et les bas d’une famille reconstituée, mais ils sont cependant très honnêtes et pas trop exagérés. Les personnages sont attachants (d’accord, pas tous… Chloé, on parle de toi!) et les situations tout à fait crédibles.

Est-ce que c’est encore d’actualité de parler de famille reconstituée?
J’ai beaucoup d’amies qui vivent la réalité d’une famille reconstituée, c’est dans l’air du temps. Moi-même, j’ai une famille reconstituée. La famille nucléaire, je n’y crois plus. Avec le temps, il va y avoir plus de familles recomposées. Il n’y a pas de recette miracle.

À quel point est-ce que votre livre reflète votre propre réalité quotidienne de famille recomposée?
Je ne voulais pas que ce soit du copie-calque de ma vie. Je voulais un certain détachement. Cependant, il y a un peu de moi dans chaque personnage. Par exemple, je partage mon amour pour le soccer avec le personnage de Nadège. Ma fille ressemble un peu à Coralie, elle est très fleur bleue. Je veux quelque chose qui va faire dire aux gens : «J’ai déjà vécu ça.»

«On n’est plus à l’époque de nos parents, qui restaient ensemble pour le meilleur et
pour le pire. On est dans une ère jetable – quand ça ne fonctionne plus, on casse.»
– Varda Étienne

La famille recomposée d’il y a 10 ans est-elle la même que celle d’aujourd’hui?
Semblable. Ce qui arrive avec le temps, c’est qu’on accepte des choses qu’on n’acceptait pas avant, comme la façon dont les ados parlent à leurs parents. Il y a aussi une génération d’enfants-rois. Chloé, dans le livre, en est l’exemple parfait.

Votre livre s’adresse-t-il aux parents ou aux ados?
Aux deux! Au grand plaisir de mes enfants, je leur ai dit que maman avait écrit un roman qu’ils allaient pouvoir lire. Ma fille est une boulimique de lecture et elle me dit toujours qu’elle ne peut pas lire ce que j’écris.

À votre avis, comment se porte le monde littéraire au Québec?
Il est très souffrant. Il y a un désintérêt, malheureusement. Je pense que ça part de la maison. C’est aussi pour ça que les jeunes font autant de fautes de français, parce qu’ils ne lisent pas assez. J’ai toujours aimé lire, ç’a toujours été une passion. Pour défendre une langue, il faut bien la maîtriser.

Malgré tout, vous allez continuer à écrire des livres?
J’ai un véritable plaisir à écrire, c’est quelque chose de très libérateur pour moi. Je suis consciente du marché, je sais que je ne pourrai jamais en vivre complètement. Mais j’aime ça. Est-ce que je vais arrêter? Jamais.

Votre bipolarité vous aide-t-elle dans le processus d’écriture?
Oui, absolument! Quand je suis en high, j’ai trop d’énergie et au lieu d’aller magasiner et vider mon compte de banque, j’écris. Les idées me viennent trop vite! J’adore être bipolaire. Je n’échangerais pas ma bipolarité pour rien au monde, mais c’est encore tabou. J’aurais pu avoir une carrière beaucoup plus prolifique si je n’avais pas été bipolaire.

 

Les hauts et les bas d’une famille reconstituée
Aux éditions La semaine

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