Timothy Hiatt/Netflix Iliza Schlesinger

L’humoriste Iliza Schlesinger parle de Confirmed Kills, son spécial d’humour pour Netflix.

Avec Confirmed Kills, Iliza Shlesinger râtisse large – du trou noir qu’est le sac à main d’une femme à notre obsession des sirènes. Mais la célèbre humoriste de 33 ans sait faire plus que des voix comiques et des blagues. Schlesinger veut utiliser sa plateforme pour avoir une conversation significative avec son public. Métro l’a appelée à Los Angeles pour parler de ses débuts dans l’humour et de sa façon d’utiliser la comédie pour aider les femmes.

Quand avez-vous décidé de devenir humoriste professionnelle?
J’ai toujours su qu’être drôle serait ma carrière. J’ai grandi en banlieue de Dallas, et je n’avais pas accès aux comedy clubs, mais j’écoutais beaucoup de sitcoms et d’émissions à sketchs. Puis, j’ai formé un groupe d’impro avec des gens avec qui je m’entendais bien. Je savais que je serais drôle pour vivre, mais je ne savais pas quelle forme ça prendrait.

Il y a un côté très physique dans votre humour. D’où ça vient?
C’est un peu imprimé dans nos cerveaux en tant qu’Américains. Mon corps se transforme naturellement en cette idée d’un dessin animé que j’ai dans la tête, et ça sort sur scène pour m’aider à faire passer un point de vue. On peut utiliser des mots, mais le physique aide vraiment à illustrer ce qu’on veut dire, et ça sort naturellement.

«Toute ma vie, j’ai senti que je n’avais aucune raison d’écouter quelqu’un qui me disait de me taire.» –Iliza Schlesinger, humoriste

En quoi Confirmed Kills est-il différent de votre précédent spécial d’humour sur Netflix, Freezing Hot?
Quand j’ai terminé Freezing Hot, je me souviens d’avoir eu l’impression de ne pas avoir dit tout ce que je voulais dire et que je m’enlignais pour dire quelque chose de plus optimiste plutôt que de simplement me moquer des filles. Il y a ce feu qui s’est allumé en moi et je me suis dit : «Si je continue à me moquer des filles et que nous rions toutes les unes des autres entre nous, je finirai par faire partie du problème.» J’ai eu envie d’aider les femmes en les défendant et de dire : «Voici pourquoi nous pensons comme nous pensons et pourquoi le monde est effrayant pour nous.» Mais je voulais le faire d’une manière qui soit amusante pour les femmes et qui ne ferait pas en sorte que les hommes se sentaient aliénés.

Combien de temps la préparation de ce spectacle vous a-t-elle pris?
Je n’aurais pas pu le faire il y a quelques années. Je n’avais ni la sagesse, ni le recul, ni la légitimité pour dire ce que je voulais dire. Je n’avais pas cette perspective. Mais la préparation concrète du matériel a pris environ huit ou neuf mois.

Vous abordez effectivement plus en profondeur les problèmes auxquels les femmes font face dans Confirmed Kills.
Ce qui est difficile, c’est que je suis une fille blanche issue d’une famille aisée et que je  n’ai jamais eu de problème de poids. Donc, je ne peux pas dire : «La vie est belle, aimez votre corps, tant pis pour ceux qui vous insultent.» Mais l’apparence que j’ai ne signifie pas que je n’ai pas eu mes propres combats à mener dans la vie. J’ai été rabaissée parce que j’avais des opinions. J’ai été insultée parce que je suis une fille, parce que je suis juive, ou peu importe la raison. Toute ma vie, j’ai senti que je n’avais aucune raison d’écouter quelqu’un qui me disait de me taire. Alors, je peux avoir le point de vue d’une femme qui a dû se tenir debout face aux flèches que lui envoyait la société. Je ne peux pas vous dire d’aimer votre corps si vous détestez votre corps, mais je peux vous dire que la plupart des gens se préoccupent uniquement d’eux-même et que les choses sur lesquelles vous gaspillez du temps à stresser, la plupart des gens ne les remarquent même pas. Et seuls les connards s’attendent à la perfection.

Confirmed Kills
Disponible sur Netflix

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