Kerry Hayes/VVS Films Miss Sloane s’ouvre sur le personnage de Jessica Chastain, qui est convoqué devant une commission parlementaire pour justifier ses actions en tant que lobbyiste.

Elizabeth Sloane est obsédée par la victoire, «peu importe la cause». Pourtant, quand elle quitte sa firme réputée afin de combattre le lobby des armes feu, elle semble se tirer une balle dans le pied: d’abord parce que faire passer une loi pour restreindre l’accès aux armes est mission impossible, ensuite parce qu’elle s’attire les foudres d’un monde – majoritairement d’hommes – qui n’attendait qu’un champ de tir dégagé pour la faire tomber. Retour en trois coups sur Miss Sloane, qui sort en salle ce vendredi.

Chastain en plein dans le mille

On ne sait pas grand-chose de cette Miss Sloane, sinon qu’elle  est redoutée de tous à Washington, qu’elle ne dort pas et qu’elle entretient des relations sans sentiment avec des hommes-escortes. Lobbyiste étoile dans sa firme, elle rit au nez d’un représentant de la toute-puissante National Rifle Association (NRA) quand il lui demande de diriger une campagne pour attirer les femmes dans les rangs de l’organisme.

Si le doute plane sur les réelles intentions de Chastain le personnage, il n’y en presque aucun sur le fait de voir Chastain l’actrice – intense et déterminée dans Miss Sloane – dans le top 10 des aspirantes aux récompenses cinématographiques de cet hiver.

L’éternel débat

M120 (Left to right.) Jessica Chastain and Mark Strong star in EuropaCorp's "Miss Sloane". Photo Credit: Kerry Hayes © 2016 EuropaCorp Ð France 2 Cinema

Dix-sept ans depuis la tuerie de Columbine, quatre depuis Newtown… et six mois depuis Orlando. Le débat sur les armes à feu revient après chaque tragédie aux États-Unis, sans rien qui se soit concrétisé dans les années 2000 à l’échelle fédérale.

Ici, le réalisateur anglais John Madden (Shakespeare in Love) montre les rouages d’une campagne pro et anti resserrement des lois sur les ventes d’armes. Il souligne, s’il le fallait encore, que l’avis de la population – la majorité des Américains sont en faveur d’un contrôle plus strict – ne pèse pas toujours au Congrès. «Le poids de l’opinion est surcoté», entend-on dans une scène.

À lire les premiers commentaires sur le site de référence Internet Movie Database (IMDB), certains utilisateurs attribuaient déjà au film une note très en deçà de la moyenne – alors que Miss Sloan n’est pas encore sorti – simplement en raison du sujet, y voyant un agenda démocrate pour un plus grand contrôle des armes.

De la bonne télé au grand écran

La séquence avec le nombre évolutif des sénateurs à convaincre affiché sur un tableau blanc, on l’a vue de nombreuses fois dans les téléséries à saveur politique des dernières années. Il y a d’ailleurs du Aaron Sorkin – le créateur de l’émission The West Wing – dans le scénario de Jonathan Perera… et même dans la distribution. Celle-ci comporte notamment les excellents Alison Pill et Sam Waterston, déjà présents dans The Newsroom, le plus récent projet télé de Sorkin.

Parlant du scénario, ces deux heures de ciné ne manquent pas de rebondissements, jusque dans la dernière ligne droite.

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