Karine Dufour/Ici Radio-Canada Télé Adib Alkhalidey

L’humoriste Adib Alkhalidey a livré un vibrant plaidoyer pour le vivre-ensemble lors de son passage à Tout le monde en parle (TLMEP), dimanche soir.

Invité à expliquer pourquoi il avait fait un numéro sur la fusillade au parlement d’Ottawa en 2014, l’humoriste a affirmé que, «ce jour-là, quelque chose a changé dans [sa] façon de travailler».

Il a dit se souvenir que, pendant son enfance dans le quartier multiethnique de Saint-Laurent, à Montréal, le regard sur la communauté arabe a changé après les attentats du 11 septembre 2001. «J’ai vu le switch», a-t-il dit.

Après la fusillade d’Ottawa, il a senti qu’avec son métier venait la responsabilité de rappeler que «cette peur créée aux stéroïdes» peut disparaître. «J’ai fait ce que mon métier me permet de faire de plus extraordinaire: transformer une souffrance en rire», a-t-il déclaré, sous une salve d’applaudissements.

«Il faut croire que la personne peut s’améliorer. Ça sert à rien de l’insulter.» – Adib Alkhalidey, qui a insisté sur la nécessité de ne pas s’en prendre aux racistes et aux islamophobes par la haine.

Pour une entrevue avec un humoriste, le ton de la discussion était particulièrement sérieux, ce qu’Adib Alkhalidey n’a pas manqué de faire remarquer à la toute fin de son entrevue: «Ça finit rough, mais c’est drôle sur scène. Venez voir mon show!» a-t-il lancé, faisant un clin d’œil à son deuxième one man show, nommé Ingénu.

L’humoriste a aussi fait sourire en parlant du racisme dont il a été victime en allant chez les parents d’une fille avec qui il sortait. En entendant son nom étranger, le père s’est inquiété: «J’ai mes affaires, mon ordi…». Ce à quoi l’humoriste a répliqué, sur le plateau de TLMEP: «Non seulement il était raciste, mais il s’est trompé dans ses stéréotypes: les arabes, on n’est pas réputés pour voler; on est réputés pour être terroristes!»

Dans un segment plus émouvant, l’humoriste a raconté avoir été bouleversé par l’attentat au Centre culturel islamique de Québec, qui a fait six morts le 29 janvier dernier. «J’ai déjà été dans une mosquée, les gens disent des choses aussi simples que: “Merci de me permettre de nourrir ma famille, merci de me permettre d’envoyer mes enfants à l’école”. Imaginer des gens se faire tirer dessus pendant qu’ils disent ça m’a mis dans un état de deuil absolu», a-t-il confié. Dans les jours suivant l’attentat, il a écouté la chanson Le tour de l’île, de Félix Leclerc en boucle, «parce [qu’il] aime le Québec et la culture». Adib Alkhalidey a aussi réitéré son amour pour la ville de Québec, la meilleure pour faire des shows selon lui.

Tout autant que le Québec, l’humoriste né d’un père irakien et d’une mère marocaine aime le hockey, et ce, d’une façon irrationnelle. Ce sport a été son premier contact avec la culture québécoise quand il était petit. «Quand Claude Julien a été engagé, j’ai pleuré. J’étais triste pour Michel. Je les connais pas, mais c’est comme mes amis. Après mes shows, je fais pas le party, je regarde L’antichambre avec mon verre de lait au chocolat!»

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