EyeSteelFilm Le très juste Arthur Dupont incarne dans L'outsider un Kerviel qui perd les pédales, panique, s’énerve et s’enfonce dans les manœuvres frauduleuses et crapuleuses.

Cette semaine, Métro craque pour…L’outsider, Patrice Michaud, Broadchurch saison 3, la constance de This Is Us, Ma vie de courgette, Maïgwenn et les orteils et Gamètes.

1. Weirdos
En voyant ce film de Christophe Baratier (qui a réalisé, en 2004, le supersuccès du cinéma français Les choristes), on essaye très fort de ne pas penser à Wolf of Wall Street de Martin Scorsese et à Wall Street tout court d’Oliver Stone. Échec. Ici aussi, les immeubles glacés, ici aussi, la meute de courtiers. Ici aussi, des hommes nourris aux formules douteuses («nous devons devenir encore plus numéro un que numéro un!»), vêtus de chemises, qui appuient sur des boutons, «sell, sell, sell» à un rythme empressé, abrégeant même, pas le temps, des phrases comme «c’est de l’humour» en «C.D.H.» Lol. Mais ici, par contre, c’est de Jérôme Kerviel qu’il est question, ex-trader à la Société générale, abonné «aux spiels, aux deals bidon, aux contreparties fictives», qui a joué des millions devant ses chefs indifférents. Ce biopic prend du reste le pari de le dépeindre comme un homme poussé dans le vice par ses employeurs, qui ne voient rien, car hein, quoi, où ça, de la fraude? À noter : la performance de François-Xavier Demaison, qui joue «le pote à Kerviel» et qui, dans la vraie vie, a été fiscaliste à Manhattan avant de devenir acteur (son rêve) après les attentats du 11 septembre. (Natalia Wysocka)

2. Patrice Michaud
Rentrée montréalaise pour le charmant auteur-compositeur-interprète gaspésien Patrice Michaud hier soir au Club Soda. Pêchant majoritairement dans le répertoire de son troisième et plus récent album, Almanach, le natif de Cap-Chat a fait craquer les fans avec son bagou, sa voix suave et sa personnalité attachante. Ses interventions sur sa volubilité pendant ses shows ont bien fait rigoler le public. Petit extra : son interprétation en français de la populaire chanson Stop! (1988) de la Britannique Sam Brown. Un vrai régal, cette prestation. (Rachelle McDuff)

3. Broadchurch saison 3
Le détective Alec Hardy (David Tennant) et sa partenaire Ellie Miller (Olivia Colman) sont de retour pour une troisième saison à Broadchurch. Si, cette fois-ci, la petite communauté n’est pas ébranlée par le meurtre d’un des siens, les deux enquêteurs doivent mettre la main au collet d’un agresseur sexuel parmi une cinquantaine de suspects avant qu’il récidive. Un sujet brûlant d’actualité où de nouveaux personnages entrent dans le décor tandis que les démons des deux précédentes saisons refont surface. Le dimanche à 22 h sur Showcase.(Anicée Lejeune)

4. La constance de This Is Us
Un homme adopté qui retrouve son père naturel atteint du cancer, une mère au foyer qui se rêvait chanteuse, un comédien qui se cherche… This Is Us n’a rien d’original, de prime abord, parmi les séries américaines qui inondent nos écrans. Mais par sa manière de construire les épisodes, par sa narration sur plusieurs décennies superposées, par ses personnages touchants, l’émission a confirmé semaine après semaine ses débuts prometteurs. Jusqu’à nous faire croire que le dernier volet, diffusé cette semaine, allait nous en dire plus sur le destin de Jack Pearson (Milo Ventimiglia). Naïf étions-nous, alors que This Is Us est déjà assurée de deux autres saisons. Offert sur iTunes. (Baptiste Barbe)

5. Ma vie de courgette
Il n’y a que du beau dans ce long métrage d’animation français, qui était en nomination aux plus récents Oscars. Que du beau dans l’histoire émouvante (on vous met au défi de ne pas pleurer) de Courgette, ce garçon de 10 ans qui, après la mort de sa mère alcoolique, va vivre en foyer d’accueil avec des enfants qui ont tous trop vécu pour leur âge. Que du beau dans l’esthétique de ce film en stop-motion, avec ses personnages à la tête surdimensionnée et aux yeux expressifs. Que du beau dans cette leçon de vie qui prouve que tout, même le pire, finit par passer. En salles. (Marie-Lise Rousseau)

6. Vive la différence!
C’est différent et c’est bien que ce le soit. Les numéros de gigue contemporaine que la troupe Maïgwenn et les orteils présente dans les maisons de la culture et autres salles de la métropole jusqu’au mois prochain, Dans la tête et Six pieds sur terre, fascinent par l’universalité de leur message et la façon dont il est transmis. Deux de ses interprètes, Gabrielle Marion Rivard  et Anthony Dolbec, sont atteints des syndromes de William et d’Asperger. Avec leur corps, ils s’expriment en toute simplicité sur leurs peurs et le rejet dont ils sont parfois victimes. Avec la metteure en scène Maïgwenn Desbois qui les accompagne, ils choquent, ils font rire, mais surtout, ils suscitent la réflexion, qui se poursuit au cours de rencontres entre la troupe et les spectateurs, en expliquant leur différence et non en la camouflant. Infos : maigwennetlesorteils.com (Marie-Ève Shaffer)

7. Gamètes
Gamètes fait rire, Gamètes fait froncer les sourcils, Gamètes déstabilise. C’est une pièce qui parle d’une amitié qui dure depuis des lustres, résistant au temps et aux phrases assassines, aux pincées de jalousie, aux coups bas, aux mots qui blessent, aux petits mensonges, aux «calme-toi je n’ai pas barbouillé ton dessin». Une amitié de toujours qui sera mise à rude épreuve par le désir de maternité de l’une et les convictions féministes (à moins que) de l’autre. Avec ce texte rythmé mis en scène de façon tout aussi cadencée par Sophie Cadieux et marqué de répliques efficaces («arrête de parler anglais, ça me met mal à l’aise chaque fois»), Rébecca Déraspe démonte les certitudes de ses propres personnages, forçant ainsi les spectateurs à se pencher sur les leurs. À La Licorne jusqu’au 24 mars.  (Natalia Wysocka)

On se désole pour…

La deuxième saison de Love

On attendait avec beaucoup de fébrilité la deuxième saison de Love, une production originale de Netflix qui suit l’histoire d’amour moderne de Gus et Mickey. Malheureusement, la série est devenue un peu ennuyante. L’histoire finit par être redondante : Gus aime Mickey, Mickey n’est pas sûre, Mickey pète une coche, Gus aime toujours Mickey, répétez. Autre irritant? Certains épisodes n’apportent rien à l’histoire, on a l’impression qu’ils comblent un vide avec un épisode… vide. Autre irritant? (Après, on arrête.) Le jeu d’acteur est moins bon, moins vrai. Et si la fin ouvre la porte à une troisième saison, on voit mal comment ça pourrait continuer plus longtemps.(Virginie Landry)

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