Sony Pictures Ewen Bremner, Ewan McGregor, Jonny Lee Miller et Robert Carlyle

À une époque où les suites et les antépisodes se multiplient à l’infini, Danny Boyle a fait le pari d’offrir une suite à Trainspotting, T2 (F2 Ferrovipathes), film-culte par excellence des années 1990.

Vingt ans plus tard, on retrouve la même bande de junkies sympathiques formée de Mark «Rent Boy» Renton (Ewan McGregor), de Francis «Franco» Begbie (Robert Carlyle), de Simon «Sick Boy» Williamson (Jonny Lee Miller) et de Daniel «Spud» Murphy (Ewen Bremner).

Dans cette suite tardive, les personnages de McGregor et de Miller sont maintenant dans le droit chemin, ont arrêté l’héroïne, mais ne semblent pas pour autant s’en être encore complètement sortis dans la vie. Quand Renton est de retour à Édimbourg 20 ans plus tard, il découvre que Simon est toujours un arnaqueur, que Spud se drogue encore et que Begbie, qui a passé le plus clair de son temps en prison, s’est échappé et veut se venger.

Métro s’est entretenu avec le réalisateur britannique.

Alors que sort en salle le deuxième volet de Trainspotting, beaucoup de gens n’ont même pas vu le premier parce qu’ils croient que le film fait la promotion de la drogue…
Je ne suis pas un défenseur de la drogue. Je dis la vérité sur la réalité des personnes dépendantes, je montre leur vie à travers leurs yeux. C’est très facile d’avoir une attitude moralisatrice quant à cette question: les drogues sont mauvaises, les bonnes personnes n’en consomment pas. Mais en vérité, les gens utilisent ces substances pour plusieurs raisons. Parfois, c’est pour soulager des douleurs émotionnelles. Ça fait partie de la condition humaine depuis les débuts de l’humanité.

Le film montre comment certaines personnes les utilisent pour le plaisir et en paient ensuite le prix. Mais certains s’en sortent indemnes, c’est la vie. Par exemple, dans ma jeunesse, j’ai pris de la drogue et j’ai survécu.

Si les moralistes avaient raison, je devrais être mort, tout comme Keith Richards, qui a maintenant 73 ans. Souvent, lorsqu’on parle des dépendants à la drogue, on les voit comme des victimes ou comme des personnes mauvaises. Mais ce sont seulement des humains.

«C’est vrai que nous ne nous sommes pas adressés la parole pendant des années. Il était occupé, et je faisais semblant de l’être aussi. Mais il me manquait. On a recommencé à se parler il y a quelques années. Il m’a beaucoup aidé dans la mise en œuvre de Slum­dog Millionnaire.» – Danny Boyle, qui a été en froid avec Ewan McGregor. Ce dernier en voulait au réalisateur de lui avoir préféré Leonardo DiCaprio pour le rôle principal de The Beach.

Le message de T2, est-ce: «Le temps passe, mais les gens restent les mêmes»?
C’est exactement ce que je voulais raconter. On voudrait tous pouvoir dire le contraire, mais malheureusement, peu de gens changent réellement, parce que c’est très difficile. Parfois, on croise un ami qu’on n’a pas vu depuis des années, et on ne le reconnaît pas. C’est une personne complètement différente. Mais ce n’est qu’une impression temporaire. On tente tous d’apprendre de nos erreurs et de celles des autres, mais honnêtement, ce n’est pas un grand succès. L’histoire se répète. Les enfants répètent les erreurs de leurs parents.

Pensez-vous réellement ne pas avoir changé au cours des 20 dernières années?
Vous m’avez eu! (Rires) On a toujours l’impression d’être resté le même. J’étais entêté et je le demeure. C’est essentiel pour un réalisateur. Mais je ne peux être ainsi avec mes enfants, je dois être plus flexible. Un enfant est probablement la seule chose qui peut changer une personne. Avez-vous des enfants? Non? Alors, faites-en!

Mark Renton ne veut pas d’enfants. Il ne peut s’adapter à la vie moderne et se réfugie dans le passé. Il y a un lien qui vous associe à ce personnage. Trainspotting est votre meilleur film et vous voulez y retourner.
Je suis d’accord. Mais ce dont vous parlez se déroule à un autre niveau. C’était très étrange de réunir l’équipe 20 ans plus tard. Plusieurs ne s’étaient pas parlé depuis ce temps. Les personnages se retrouvaient, c’était comme une réunion d’anciens.

Avez-vous l’intention de faire d’autres suites? Verra-t-on Trainspotting 3 ou une autre suite à 28 Days Later?
L’auteur Irvine Welsh n’a pas encore écrit une troisième partie à Trainspotting. Il y a bien un roman intitulé The Blade Artist qui parle de la vie de Francis Begbie. Mais ce ne serait pas Trainspotting. On pourrait aussi raconter ce qui s’est passé après la fin du premier film, lorsqu’ils ont découvert que Mark s’était enfui avec l’argent. Mais pourquoi? Je ne veux pas décevoir les gens. Le temps nous dira si un troisième épisode est nécessaire.

Une bonne dose de temps

Aujourd’hui âgés de 45 et de 44 ans, Ewan McGregor et Jonny Lee Miller parlent du temps qui passe à l’occasion de la sortie de T2 Trainspotting.

Déjà 20 ans depuis la sortie du premier volet…
Ewan McGregor: On s’en est rendu compte tout le long de la production du film. Chaque jour, on avait un moment «il y a 20 ans», où le passage du temps nous frappait – encore plus quand on tombait sur un des acteurs qui jouaient notre rôle plus jeunes! (Rires) Ils sont cinq et apparaissent dans les scènes de flashbacks. C’était plus frappant parce qu’ils nous ressemblent et portent nos habits de l’époque. Chaque fois qu’on tombait sur eux, c’était un sacré choc!

Jonny Lee Miller: La fois où ça m’a encore plus marqué, c’est lors de la soirée de la première, à Édimbourg. On a rencontré des jumelles, dans la vingtaine… qui jouaient en fait le bébé dans le film original! C’est fréquent d’avoir des jumeaux pour jouer un seul bébé afin qu’ils ne soient pas sur le plateau trop longtemps. Bref, on leur parlait à cette soirée et elles nous ont dit : «On est le bébé!» (Rires) C’était criss**** brutal!

Il y a des points communs entre le film et le documentaire Oasis: Supersonic, [sur le groupe britannique qui a connu son apogée dans les années 1990], un autre retour sur une époque qui semble loin, très loin…
McGregor: Tout à fait! J’ai adoré ce documentaire. Il a eu le même effet sur moi que Trainspotting. Ça te ramène dans le passé, ça te rend nostalgique de cette époque. À un moment, Noel [Gallagher] parle de Knebworth [le plus gros concert d’Oasis] et du fait que c’était encore la période pré-internet. Ça ne pourra jamais se refaire. Pas d’internet et 250 000 personnes présentes parce qu’elles le voulaient. Ce n’est pas un trip Instagram.

Miller: Le message de T2, c’est que tu ne peux plus être ce que tu as été. Tu as eu ton moment, mais maintenant, ce sont d’autres qui prennent la place. C’était important de ne pas essayer de faire comme l’original. On ne pouvait ravoir cette virée folle du premier film. Ça n’aurait eu aucun sens.

McGregor: J’ai entendu Danny [Boyle] parler une fois du fait que les hommes vieillissent mal. Il y a ce mythe que ce sont les femmes, mais au contraire, elles s’en sortent vraiment mieux. Nous, les gars, on s’accroche trop longtemps à l’idée qu’on ne vieillit pas, qu’on est toujours jeunes et cool. On s’y cramponne jusqu’au bout.

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