Photo TC Media – Myriam Lortie Paul Bradley, et Sylvain Racine et Fred Pellerin

Le 1er avril, le duo Les Prétendants a posé ses valises dans la maison de création de Fred Pellerin à Saint-Élie-de-Caxton. À la fin du mois, après s’être imprégnés de la communauté du légendaire village, les conteurs en résidence Sylvain Racine et Paul Bradley présenteront L’effet Caxton, une sorte de prémisse à leur prochain spectacle dans lequel ils exploreront le thème du couple.

Si les résidences de création sont parfois des retraites fermées, une sorte d’isolation en forêt, celle-ci est plutôt en plein cœur du village, qui plus est dans la maison voisine de celle du conteur Fred Pellerin.

«C’est une maison que j’utilise moi-même comme lieu de création», explique le conteur de Saint-Élie-de-Caxton. «Une centaine d’artistes y ont séjourné. Je ne la loue pas, je demande seulement de laisser quelque chose au village en retour. (…) Les gens ont hâte chaque fois de voir quelle bébitte débarque à Saint-Élie. (…) Ils auront le temps d’entrer en relation. Ici, tu vas à l’épicerie et tu es fait… tu jases.»

Les Prétendants plancheront sur leur prochaine veillée de conte Histoires de couples et autres petites trahisons. Formé il y a sept ans, étape charnière pour un couple, le duo de conteurs cohabitera quelques semaines: une première pour les deux conteurs de l’Estrie. «C’est assez intéressant dans l’écriture d’un spectacle sur le couple», fait remarquer Paul Bradley.

La démarche des Prétendants introduit le public à une forme du conte à deux voix. En entrevue, les deux conteurs se complètent, ils précisent l’idée de l’autre, y ajoutent un détail. Comme sur scène. «C’est très organique», confirme Paul Bradley.

S’ils comptent s’inspirer de leur quotidien ensemble, les conteurs ont aussi prévu d’aller à la rencontre de la communauté, notamment à la maison des jeunes et dans une résidence pour aînés. Ils ne peuvent toutefois pas prédire quel sera «l’effet Caxton» sur eux.

«J’ai eu la chance d’embarquer sur un quatre voies»
Au Québec, quand on parle de conte, on pense immédiatement à Fred Pellerin.  «J’ai eu la chance d’embarquer sur un quatre voies et que ça se mette à fonctionner au-delà de toutes mes espérances», explique-t-il.

Cette résidence de création, c’est pour lui une façon de redonner. «Je sais à quel point le conte est difficile à défendre par bouts, et même la chose artistique en général», reconnait-il.

Malgré le fait qu’il y ait des dizaines de conteurs et des centaines d’événements au Québec chaque année, cet art reste un peu à l’ombre. «Le conte est marginal, artisanal. Peut-être que ça tire un charme de ce fait, qu’il y a quelque chose de romantique dans cette affaire-là», croit Fred Pellerin.

Cette résidence de création offerte pour une quatrième année consécutive à Saint-Élie-de-Caxton est le fruit d’un partenariat entre le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), qui offre notamment une bourse de 2000$ et l’apport de conseillers, le conteur Fred Pellerin ainsi que le Regroupement du conte au Québec (RCQ), dont la mission est de faire connaître toute la diversité du conte comme art de la parole en permettant aux conteurs de produire et diffuser davantage leurs spectacles.

Les Prétendants présenteront le fruit de leur passage à Saint-Élie-de-Caxton le 28 avril au Rond Coin. D’ici là, ils présenteront leur spectacle De bière et de bonne guerre le 20 avril à la microbrasserie le Temps d’une pinte à Trois-Rivières.

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