Métropole Films Distribution Anne Hathaway dans Colossal

Dans la vraie vie, Anne Hathaway et Jason Sudeikis sont amis. Mais ils sont loin de bien s’entendre dans Colossal, qui sort en salle vendredi.

Dans cette comédie dramatique de science-fiction, la gagnante d’un Oscar joue Gloria, une trentenaire un peu débauchée qui, en raison d’un problème d’alcool, est forcée de quitter New York pour retourner dans sa ville natale du New Jersey.

C’est là qu’elle croise Oscar (Sudeikis), un ancien ami d’école, et qu’elle découvre quelque chose de vraiment bizarre: elle a le pouvoir de contrôler un monstre géant à la Godzilla qui ravage au même moment la Corée du Sud.

Surnommé le «film de Godzilla d’Anne Hathaway» lors de sa présentation au dernier Festival du film de Toronto, Colossal porte aussi un regard original sur l’amitié, particulièrement lorsqu’on découvre qu’Oscar n’est peut-être pas aussi gentil qu’il en a l’air.

Métro a discuté avec Anne Hathaway et Jason Sudeikis à propos du film, de la parentalité et de l’empathie.

C’est un film particulier, et pas seulement en raison de l’intrigue. On y pose un regard dur sur deux personnages qui sont violents émotionnellement l’un avec l’autre.
Anne Hathaway: On peut aborder ce long métrage de façon très superficielle. C’est un film de monstre comique. Mais on peut aussi en discuter longtemps, deux ans dans notre cas, et ne pas réussir à en faire le tour.
Jason Sudeikis: J’aime beaucoup entendre la façon dont les spectateurs interprètent le film.
A. H.: Je viens de voir Get Out [NDLR : un film d’horreur qui dénonce le racisme], et les deux longs métrages sont dans la même catégorie. Si vous ne voulez pas vous casser la tête, c’est un bon film. Et si vous voulez réfléchir, c’est un excellent film.

On pourrait notamment réfléchir au personnage d’Oscar. C’est un «bon gars», mais comme plusieurs «bons gars», il peut être tordu, méchant et sexiste. S’il était sur l’internet, il pourrait être un militant masculiniste.
J. S.: Je ne crois pas que tous les trolls de l’internet pèsent 400 lb et vivent au sous-sol chez leurs parents. Ils pourraient bien être à côté de vous en ce moment.
A. H.: Ou entraîner l’équipe de soccer de votre enfant.
J. S.: Ou être votre médecin de famille. L’anonymat fait parfois ressortir le pire chez les gens.

L’internet a libéré nos démons intérieurs. On peut parfois être brutalement honnête…
A. H.: L’honnêteté me va. Mais je n’aime pas quand quelqu’un me dit: «Oh mon Dieu, tu es tellement plus belle dans les films.»  Je n’aime pas que les gens prennent plaisir à me blesser. Mais si les gens se présentent d’une façon honnête et respectueuse, avec grâce et dignité, ça me va.

Colossal aborde également l’anxiété qu’éprouvent certaines personnes en retournant dans leur petite ville natale. C’est peut-être encore plus prononcé aujourd’hui aux États-Unis, lorsque certains découvrent que leur région a voté pour Donald Trump…
J. S.: Je dirais néanmoins que c’est peut-être le bon moment pour retourner à la maison. Les deux côtés doivent se parler davantage. Je ne veux pas être prétentieux, je viens du Kansas, alors je comprends. Mais jouer quelqu’un comme Oscar, qui n’est jamais parti de chez lui, m’a forcé à développer de l’empathie pour lui.
A. H.: C’est facile de juger les gens comme lui en disant: «Tu n’es jamais sorti de chez toi.» Mais si vous jugez les autres, ou vous-même, de cette façon, il serait peut-être temps d’acquérir un peu de maturité.

Les deux côtés vont éventuellement se parler. Mais en ce moment, les Américains semblent encore agir sous le coup de l’émotion.
J. S.: On désire tous être proche de ceux qu’on aime. C’est pourquoi la technologie existe : pour communiquer et avoir de l’empathie, pas pour attaquer ou blesser les gens à distance. C’est peut-être ce que la réalité virtuelle va apporter. Pas seulement pour les jeux vidéo ou la porno, mais pour voir le monde par les yeux d’un autre.
A. H.: Prenons l’exemple de cette pauvre femme qui s’est fait harceler sexuellement en ligne par un homme. Je ne vois pas ce que ça apporte de le qualifier de déviant ou de pervers et de l’humilier publiquement. On devrait plutôt le retrouver, s’asseoir avec lui et lui dire: «Sais-tu que tes gestes sont irrespectueux envers un autre humain?» Je ne suis pas une femme au grand cœur. Mais ce genre de réflexions m’intéresse depuis que je suis mère.
J. S.: Ça m’arrive également de réagir comme ça. Devenir parent a modifié ma façon de penser.

Derrière la caméra

Colossal est réalisé par l’Espagnol Ignacio «Nacho» Vigalondo.Il n’en est pas à sa première comédie de science-fiction, lui qui nous a donné Extraterrestrial en 2011.

Son court métrage 7:35 in the Morning avait été nommé aux Oscars en 2005.

En salle dès vendredi

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