Collaboration spéciale David Usher

Comment changer le monde avec le numérique? Pour David Usher, la réponse réside principalement dans la créativité. Dans tous les domaines. 
Et tout le temps.

Push («just a little to late»), Tangerine («the bullet made you»), Leave it Alone («again tonight»), («Here comes the») Resurrection… Le groupe Moist, mené par David Usher, a marqué le rock canadien, principalement celui des années 1990, de succès que les fans n’ont pas oubliés.

Aujourd’hui, le résidant du Mile End continue de composer, certes. Mais il se concentre surtout sur l’intersection entre l’art, le design, la technologie et la science. Et sur «l’impact social que peuvent avoir toutes ces choses qu’il aime».

C’est notamment dans cet esprit qu’il a créé le Human Impact Lab, un accélérateur d’idées soutenu par l’Université Concordia. Dans cet esprit aussi qu’il donne des conférences dans des compagnies et des institutions «sur l’innovation et la manière de rallumer la flamme de la création au cœur de grandes hiérarchies». Dans cet esprit enfin qu’il participe ce soir à un panel organisé dans le cadre du Printemps numérique.

Son incursion dans le monde de la techno, le globe-trotteur né en Angleterre l’a faite il y a une quinzaine d’années, à l’époque où il habitait à New York. «L’industrie de la musique traversait un grand creux, tandis que l’internet 
et le numérique explosaient», se souvient-il.

Mais David n’a pas pleuré sur son sort de chanteur affecté par les transformations; il a plutôt voulu mieux les comprendre. «Découvrir ce monde a rallumé ma curiosité. Et la curiosité mène à l’apprentissage, et l’apprentissage mène aux découvertes, et les découvertes mènent à toutes sortes de choses démentes, right? Mais c’est si facile de l’oublier quand on devient “confortable” dans ce qu’on fait. Ou juste trop occupé.»

Aujourd’hui, il l’est pas mal, occupé. Mais pas seulement dans un truc. Sur quoi il travaille notamment? Sur les changements climatiques. Plus précisément: sur la meilleure façon d’en parler. Afin que leur spectre devienne quelque chose de tangible. Assez, du moins, pour faire réaliser à ceux n’y voyant qu’une abstraction ou un avantage (il fait plus chaud, pourquoi se plaindre?) qu’il s’agit d’une menace réelle.

C’est de là qu’est née l’idée de la Climate Clock. Une horloge projetée le mois dernier sur la façade de l’Université Concordia, comptant le temps restant avant l’atteinte du fatidique deux degrés Celsius de plus, et de trop, dont on entend souvent parler. «Beaucoup de gens savent que, si la température augmente de deux degrés, les choses vont sérieusement déraper pour la planète. Mais c’est dur de visualiser ce que cela signifie. On nous dit beaucoup CE qui va alors arriver, mais on ne nous dit pas QUAND.»

David Usher a trouvé une façon de dire quand en s’associant à un Montréalais, le Dr Damon Matthews, et à un groupe de scientifiques. Ils comptent se réunir chaque année pour analyser les dernières données et voir si l’humanité gagne ou perd du temps dans le décompte du réchauffement planétaire. Par exemple, illustre le principal intéressé, «si Donald Trump se retire de l’Accord de Paris, tout de suite, on devra retirer six ans à l’horloge».

Diplômé en science politique, ayant été impliqué dans plusieurs causes, dont Amnistie Internationale, David Usher souligne que peu de choses l’intéressent autant que «la réinvention des idées». Une chose qu’il a notamment explicitée dans son livre Let the Elephants Run: Unlock Your Creativity and Change Everything, paru en 2015. En gros, son conseil est le suivant : «Libérez les idées, donnez-leur la chance de respirer, de courir et même d’échouer. Après tout, elles ne peuvent pas toutes être gagnantes.»

Le père de famille et conférencier estime d’ailleurs que c’est dans la synthèse de ces idées, jumelée à la curiosité, que résident bien des réponses.
«On me demande souvent: “Je commence où? Par quoi? Comment?” Et je réponds toujours que la façon de commencer, c’est… eh, bien, de commencer. Pas par la fin, mais par le début. Car c’est 
le sentier qui te mènera là où tu veux aller.»

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