Graeme Hunter PIctures John Slattery, au centre, en général Dwight D. Eisenhower.

L’ancien de la série culte Mad Men, John Slattery, parle avec Métro de son nouveau film, Churchill, de politique et de sa vision du journalisme.

John Slattery n’est pas le plus grand partisan de l’actuel président des États-Unis. Cela transparaît même dans ses choix de rôles au cinéma et à la télévision. Le film Spotlight est un hommage au journalisme d’enquête. La télésérie de HBO Veep (dans lequel il jouait le copain de Selina Meyer lors de la dernière saison) offre un regard amusant sur la Maison-Blanche.

Dans son plus récent film, Churchill, il incarne le général Dwight D. Eisenhower et affronte le célèbre premier ministre britannique (joué par Brian Cox) à l’aube du Jour J. En regardant à l’écran deux des plus grands hommes du XXe siècle, certains souhaiteraient que des leaders semblables soient aux commandes du monde à l’heure actuelle.

Métro s’est donc entretenu avec l’acteur de 54 ans à propos des qualités d’un grand leader ainsi que des difficultés du journalisme et du monde actuel.

Ce n’était évidemment pas l’intention lors du tournage de Churchill, mais ça peut tout de même paraître surréaliste de regarder un film sur des leaders inspirants, aujourd’hui, aux États-Unis…
Vous pensez? Il y a d’autres grands dirigeants ailleurs dans le monde. Le reste de la planète est toujours à la recherche de chefs brillants et inspirants. C’est fascinant de voir que durant la campagne, [Trump] surnommait Clinton «Crooked Hillary» et que, quelques mois plus tard, c’est autour de lui que tournent les enquêtes.

Que pensez-vous des décisions d’Eisenhower?
Il a été une personne de confiance du début de la fin, que ce soit pour mener à bien ses missions, pour motiver ses troupes ou tout simplement pour donner son avis avec franchise. Il était intelligent, il connaissait l’histoire. Ce n’était pas le plus grand stratège ni le plus grand commandant sur le terrain. Mais il savait comment traiter les gens. Il avait la confiance de tout le monde. Il n’avait pas besoin de prouver sa supériorité sur qui que ce soit. Je pense que c’est la plus grande qualité d’un leader : laisser les meilleures idées triompher. On est tellement loin de ça en ce moment ! Pas seulement avec Trump mais aussi avec la partisanerie, qui ruine la vie politique. Si une idée est bonne, pourquoi ne pas l’utiliser ?

Les partis ne semblent pas en mesure de travailler ensemble. On ne prête allégeance qu’à son propre parti…
Les hommes politiques ne veulent que conserver leur poste. Lorsqu’ils arrivent à Washington, ils sont prêts à tout pour y rester.

Ça ressemble beaucoup aux personnages de Veep, où tout le monde est carriériste.
C’est moins intéressant que Veep. Ou plus surréaliste. Plus fou. Des séries comme Veep ou House of Cards sont encore loin de ce qui se passe vraiment à Washington.

Spotlight est un autre de vos projets qui soient de plus en plus pertinents. Ce film parle du journalisme à son meilleur, une profession en difficulté en ce moment.
Il y a beaucoup de fausses nouvelles, mais le journalisme est là pour les débusquer. Le journalisme doit être le rempart contre les mauvaises pratiques des institutions et les mettre au jour. Et on ne peut pas dénoncer ce genre de choses si quelqu’un de l’intérieur ne le fait pas. Pour l’instant, ça semble fonctionner et embêter les dirigeants.
Malheureusement, la moitié des États-Unis ne semble pas croire les médias, et ceux qui le font ne sont même pas prêts à payer pour avoir accès à l’information.
On doit payer pour s’informer. C’est la seule façon de maintenir un modèle d’affaires rentable.

Arrivez-vous à vous débrancher complètement?
J’y arrive. C’est par contre très difficile à faire dans le climat actuel. Ce n’est pas nécessairement les dossiers les plus spectaculaires qui sont les plus importants. Les dossiers plus subtils, comme les politiques environnementales, se font charcuter. Les mauvais comportements attirent l’attention, mais on doit aussi porter notre regard sur les vrais dégâts qui sont faits.

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