Le ciel devait montrer son «côté obscur», mais ce sont plutôt de jeunes louves québécoises et de vieux loups du rap français qui ont provoqué des éclairs, dimanche soir à la place des Festivals, au cours des neuf heures de musique de l’événement de clôture des FrancoFolies 2017, spécial 375e anniversaire de Montréal. Compte rendu.

Louve

Après des performances de Philippe Brach et de Tiken Jah Fakoly sur l’esplanade, le party s’est déplacé vers la place des Festivals. C’est à Karim Ouellet et King Abid et leurs platines qu’incombait la tâche de «réchauffer» cette «nouvelle» foule avant l’arrivée du collectif Louve.

Réunies pour un «one-night, un show unique», comme l’a bien rappelé Ariane Moffatt, ce collectif 100% féminin, formé exclusivement pour les Francos, a célébré la production musicale francoféminine en accueillant plus d’une dizaine d’artistes invitées.

C’est avec la on ne peut plus appropriée Les filles d’Amylie que le houseband des Louves, soit Ariane Moffatt, Marie-Pierre Arthur, Salomé Leclerc, Amylie, Laurence Lafond-Beaulne et Karine Pion, a ouvert le spectacle avant d’accueillir tour à tour des auteures-compositrices-interprètes de talent au fur et à mesure que la place des Festivals se densifiait.

Malgré la chaleur, l’énergie était considérable sur scène. Ainsi, tandis que Marie-Pierre Arthur groovait sur sa basse, Salomé Leclerc assurait à la batterie. «Je n’ai toujours pas crevé mes eaux, tout va bien, on peut continuer», a lancé au milieu du spectacle Ariane Moffatt, qui passait du piano au chant, puis du chant à la guitare-piano, pour finir à la batterie.

Les chansons se succédaient à une vitesse folle, laissant peu de place aux interactions, sauf quand «ça rock[ait] en esti» dans la tête de Mara Tremblay parce qu’on peinait à se rendre compte que ses pédales de guitare n’étaient pas branchées. Et rebelote avec la guitare de Safia Nolin, venue jouer une chanson «antinomique avec la température»: Igloo.

«Il fait chaud, je suis très suante en ce moment. Je n’ai pas de guitare, mais je sue énormément. Le facteur humidex, il ne faut jamais l’oublier, c’est lui qui gâche la vie à tout le monde» – Safia Nolin, aux prises avec des problèmes techniques

Se sont aussi relayées sur scène Les Hay Babies, Laurence Nerbonne, Klô Pelgag et son costume de pomme grenade et Jenny Salgado, alias J. Kill (Muzion), dans un party presque entièrement francoféminin.

Presque entièrement, car on a étendu Material Girl de Madonna. «C’est mon plus grand hit, je suis riche riche riche!» a rigolé Frannie Holder (Random Recipe et Dear Criminals) avant d’entonner ce succès international avec Laurence Lafond-Beaulne (Milk & Bone).

On pardonnera aussi l’autre micro-entorse au concept parce que, pour un groupe de filles, elle «est peut-être laide, mais elle est intelligente», l’idée de jouer La vie est laide, de Jean Leloup.

Comme point d’orgue à ce spectacle énergique, il y a eu un hommage doux à la défunte Ève Cournoyer avec l’interprétation de Tout arrive par les Sœurs Boulay et toutes les louves. «On aurait joué pendant les 9 heures», a dit Ariane Moffatt. Eh bien, entre une heure et neuf heures, il y a une marge dans laquelle on aurait pu (et dû) jouer.

IAM

Il faisait «chaud comme à Marseille» à partir de 20h30 quand Akhenaton, Kheops, Kephren, Shurik’n et Imhotep, les sages du rap français, sont montés sur la scène de la place des Festivals. Venus pour célébrer les 20 ans de leur album L’École du micro d’argent, les rappeurs ont également tenu à souhaiter un joyeux anniversaire à Montréal. «375, ça se fête, non? Nous, on ne peut pas aller valider. On n’est pas Nés sous la même étoile», a lâché Akhenaton pour lancer le spectacle.

Le parterre, très compact de Maisonneuve à Sainte-Catherine et même jusque dans les «couloirs d’évacuation», a pratiquement eu droit à l’intégrale de cet album phare d’IAM et aussi à quelques autres succès. Vendus à l’os, les spectateurs ont entonné Petit frère comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Un spectacle réglé au quart de tour, dans lequel on sort même les sabres lasers pour la chanson L’empire du côté obscur. Presque tous âgés de plus de 50 ans, les quatre membres du quatuor IAM sont entraînés comme des samouraïs. Même après 90 minutes de show, Shurik’n enchaîne a cappella les rymes de Demain, c’est loin comme il y a 20 ans.

Et même si l’époque du club Montréal, boîte de nuit de Marseille où sortait jadis le groupe, est vieille d’«à peu près 30 ans», les membres d’IAM n’ont rien perdu de leurs aptitudes de danseur, pas même Imhotep. «Ça, c’est rare», a juré Akhenaton, qui a quitté ses platines pour venir «danser le mia» avec les autres. Un beau début de tournée pour la formation française.

Au moment d’écrire ces lignes, l’orage qu’on avait annoncé et qui devait gâcher la fête n’avait pas eu lieu, et Les Cowboys Fringants s’apprêtaient à monter sur scène pour clore les FrancoFolies 2017.

 

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