ici tou.tv Ils ont jeté un sort sur vous, I Put A Spell on You.

Dans l’antre du Cheval-Serpent, il y a de l’action, du drame et des scènes qui fessent.

Bien sûr, bien sûr, il y a le sujet de cette série et tout ce qu’il englobe qui constituent déjà, pour bon nombre, un gage de curiosité. Un bar de danseurs nus, avec lesdits danseurs à l’honneur. Mais la fiche technique de Cheval-Serpent est, elle aussi, titillante. Au scénario, on trouve Danielle Trottier, auteure de La promesse et d’Unité 9. À la réalisation, Sylvain Archambault, qui a entre autres signé, à la télé, Les pays d’en haut et Mensonges. Les scènes moins enflammées sont du reste remplies de ces duels d’acteurs, de ces jeux de regards qui ont marqué le thriller rédigé par Gilles Desjardins. Sauf qu’ici, on alterne perpétuellement entre le monde de la nuit, des bars, et ses éclairages de circonstance, et la lueur du jour, dans la blancheur et le beige des demeures et de l’hôtel de ville.

D’ailleurs, Montréal occupe une place importante dans cette production d’Aetios, la maison de Fabienne Larouche et de Michel Trudeau. Une des intrigues implique un maire tout juste élu, ayant succédé à son père mourant, qui veut nettoyer le centre et laisser plein de place à sa belle place des Festivals et aux établissements à caractère culturel. Un maire qui voit grand et veut faire pour la métropole «ce que Dickens a fait pour Londres et Balzac pour Paris». Tandis que les plans à vol d’oiseau se succèdent, l’iconique insigne du Farine Five Roses clignote.

C’est une fiction, hein, mais avec le thème de la ville viennent les magouilles. Puis les bagarres, ruptures, passes croches, secrets de famille, maladie, rivalité, liaisons cachées, testaments contestés… «On a un problème», annonce le personnage joué par Élise Guilbault à son amoureuse. «Lequel? Parce qu’on n’en a pas juste un!» rétorque cette dernière.

Parmi tous les problèmes, notons l’arrivée d’un nouveau danseur dans l’institution menée par l’amoureuse susmentionnée, incarnée par Sophie Prégent, et Guillaume Lemay-Thivierge (un duo énergique et bien agencé). La jeune recrue a un DEC dans le domaine. Chose qui lui vaudra d’être d’emblée détesté par un des gars, qui le traitera de «Casse-Noisette se voyant à la Place des Arts».

L’action se déroule quelque peu plus bas rue Sainte-Catherine. Ceux qui ont suivi en 2014 le docuréalité Les dieux de la scène, dédié au 281 (ou qui y ont simplement été), reconnaîtront une certaine inspiration du célèbre club tenu par Annie Delisle (qui a d’ailleurs agi à titre de consultante pour Cheval-Serpent). Le docu en question mettait en lumière les règles strictes que doivent suivre les employés, l’ambiance parfois survoltée, la composition de la foule. Une foule faite principalement de spectatrices enthousiastes présentes pour une soirée de «bachelorette». D’habituées qui attendent en mode groupie à la sortie en espérant une date, qu’elles savent interdite. Ou encore, de mamans qui amènent leurs filles célébrer leurs 18 ans. «C’est pas à nous de juger!» s’exclame à ce sujet le tenancier incarné par Guillaume LT.

C’est d’ailleurs cet esprit «pas à nous de juger» qui semble avoir guidé la série. Relations, choix de vie… La question «du corps des hommes comme marchandise» est abordée dans un segment radio qui se termine par un doigt d’honneur.

Notons pour conclure que si la musique originale est signée Melodika, des classiques pop de circonstance accompagnent les prestations. I Put A Spell on You, Sex Bomb de Tom Jones, I Was Made For Lovin You de KISS, Unchain My Heart de Joe Cocker. Les robustes chorégraphies ont été imaginées par Uriel Arreguin, connu notamment pour sa participation au Match des étoiles. La série s’en mérite plusieurs.

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