Josie Desmarais Emel Mathlouthi

Cinq ans après sa première apparition aux Nuits d’Afrique de Montréal, Emel Mathlouthi est revenu mardi soir au Théâtre Fairmount pour interpréter les chansons de son dernier album Ensen, sortie en février 2017. Le cocktail expérimental proposé par l’artiste laisse une forte impression, devant des spectateurs qui n’étaient cependant pas assez nombreux.

À la première écoute du dernier album d’ Emel Mathlouthi, une oreille occidentale pourrait être un peu désorientée. Puis, au fil des écoutes, on apprivoise ce mélange des genres. Toutefois, ce n’est qu’à l’écoute de la version live que la puissance émotive et immersive de cet album se dévoile. Les sonorités électro-urbaines, liées à la voix angélique et orientale de l’artiste tunisienne, ont fait de ce concert un événement unique.

Le travail des percussions, des sons électros, enfin la voix de la chanteuse, sans filtre, sont entrés dans notre esprit et nous ont embarqués en l’espace de quelques minutes. Les morceaux tels que Ensen Dhaif, Layem, ou encore Kaddesh nous ont transportés et nous ont pris aux tripes. Cette dernière chanson, dédiée aux enfants de la Syrie, a laissé entrevoir toute l’émotion et la sensibilité qu’Emel Mathlouthi est capable de partager. Nul besoin de comprendre totalement les paroles, sa seule voix mêlée à cette musique expérimentale a suffi pour nous saisir.

L’un des seuls points négatifs de la soirée s’est trouvé dans le choix de la scène. La salle du Théâtre Fairmount n’était en effet pas complètement remplie de spectateurs. Un espace s’est donc créé entre la scène et les spectateurs, dont la majorité se trouvait assis autour de quelques tables. L’intensité de la musique proposée par l’artiste aurait mérité un public plus proche de la scène, moins statique, capable de danser sur ces sonorités si particulières.

Bien que chaleureux et très enthousiaste, le public a semblé empêché par la disposition de la salle. Quelques têtes et quelques jambes ont bien marqué le rythme, mais aucune personne ne s’est sentie assez à l’aise pour se lancer dans une danse endiablée.

La performance de l’artiste tunisienne a tout de même charmé l’audience puisqu’après quelques minutes d’applaudissements, l’artiste est revenu sur scène pour un rappel.  Quoi de mieux que d’interpréter, a cappella, Waters of Babylon de Don McClean! Le public s’est pour l’occasion transformé en chœur avec grand plaisir, avant que l’artiste ne remercie une nouvelle fois le public.

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