Warner Bros. Samuel L. Jackson, à gauche

Lorsque Samuel L. Jackson entre dans une pièce, il le fait avec la même confiance et le même contrôle que ses personnages. Grâce à ses années d’expérience devant la caméra, l’acteur de 68 ans peut donner l’impression qu’il improvise. Son amour du métier et son dévouement pour celui-ci sont toutefois intacts, comme Métro a pu le constater quand nous l’avons rencontré pour discuter de son rôle du colonel Preston Packard dans Kong: Skull Island, qui sort en DVD cette semaine.

Votre personnage est un des rares qui partage l’écran avec Kong. Lorsque vous avez pris conscience de sa taille, étiez-vous inquiet de la façon dont vous alliez jouer aux côtés de quelque chose de si grand?
Non. Ce n’est pas une question d’héroïsme, mais d’être conscient de ce qu’on est et de la mentalité du personnage. Pour Packard, il y a toujours eu des créatures dangereuses pour l’homme, plus fortes, plus rapides, plus grosses que lui. Mais nous sommes plus intelligents, ce qui nous a amené à inventer des lances, des arcs et des flèches, des fusils et des bombes. Nous trouvons toujours des façons de gagner.

Lorsque vous interprétez un personnage avec succès, il est impossible de penser à quelqu’un d’autre pour le rôle. Comment arrivez-vous à incarner aussi bien autant de personnages?
Il faut trouver un lien avec l’histoire et le passé du personnage. Si le scénario est inspiré d’un livre, vous avez la chance d’avoir beaucoup de matériel. Mais généralement, je fais ce que j’ai appris au théâtre: je m’assois et j’écris la biographie du personnage. On peut inventer tellement de détails qui ne se retrouveront jamais à l’écran, mais qui servent à bâtir un personnage que les gens vont aimer.

«J’ai vu tous les films de monstres. De King Kong à Mighty Joe Young, en passant par Godzilla et Mothra. Creature from the Black Lagoon, Dracula et Frankenstein sont le genre de films qui font peur lorsqu’on est petit. Ç’a formé mon jeu d’acteur dans les films de monstres.» – Samuel L. Jackson

Qu’avez-vous voulu créer avec ce personnage?
Packard est un militaire de carrière qui a grimpé les échelons jusqu’à devenir colonel. Il a été au Viêtnam du début à la fin. Dans son esprit, les Américains n’ont pas perdu la guerre, ils ont abandonné. C’est un guerrier qui sait comment protéger ses hommes et qui est très fier d’eux. Il en a fait sa carrière, ce qui a ruiné son mariage. Il est marié à son travail. Étant donné son caractère, lorsque Kong arrive, il croit à la supériorité de l’homme. Les humains ont toujours trouvé une façon de survivre aux menaces et ils survivront à cela aussi…

Packard n’écoute pas vraiment les autres…
Il est très déterminé et vit dans un monde pragmatique. Lorsque Kong apparaît, il croit qu’il suffit de lui envoyer quelques roquettes pour l’abattre. Ce n’est pas ce qui arrive.

Ses décisions sont reliées aux souffrances qu’il a endurées au Vietnam. Vous rappelez-vous l’effet qu’a eu ce conflit sur le peuple américain?
J’ai pigé le numéro 12 à la loterie [de la conscription]. Je devais avoir de bonnes notes et rester à l’école, sinon, je devais aller à la guerre. Lors de mon premier trimestre à l’université, mon cousin, qui avait le même âge que moi, est mort au Viêtnam. La guerre du Vietnam était tout à fait concrète pour moi.

La lutte pour les droits civiques, le mouvement hippie, l’opposition à la guerre ont convergé pour créer des années très turbulentes aux États-Unis. C’était une époque très volatile.

J’ai rencontré beaucoup de gens qui avaient vu la mort en face, et on ne connaissait rien des troubles post-traumatiques. Ce qui est arrivé à cette époque nous a enseigné beaucoup sur la nature véritable de la guerre et ça m’a aidé à bâtir le personnage de Packard. Des films comme Apocalypse Now et Platoon aussi. Il y a une bonne façon d’incarner des soldats, de les honorer, et une autre qui les déshonore. Nous avons eu de très bons conseillers militaires sur le plateau, dont certains ont participé au Vietnam avec l’armée américaine.

Kong : Skull Island est désormais offert en DVD.

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