Pour la quatrième année, les auteurs Amélie Dubé et Patrice Cazeault nous invitent de nouveau à encourager la littérature d’ici. La journée «Le 12 août, j’achète un livre québécois» vise à stimuler la lecture d’ouvrages bien de chez nous. Pour l’occasion, voici les suggestions de Métro (à ajouter bien sûr à celles de l’année passée).

Le plongeur, Stéphane Larue, Le Quartanier

Le premier roman de Stéphane Larue n’a pas remporté le Prix des libraires 2017 pour rien! Dans le Montréal nocturne du début des années 2000, le narrateur (son homonyme de pas encore 20 ans) aspire à devenir bédéiste, mais il est rongé par son obsession pour les machines de vidéopoker. Criblé de dettes, il devient plongeur dans un restaurant où il rencontre serveuses, maître d’hôtel, sous-chefs et un cuisinier en particulier, Bébert, qui deviendra son mentor. Le plongeur est en lice pour le prix Senghor, qui sera annoncé en octobre. (Jessica Dostie)

Maison Marie Saint Pierre en 30 tableaux, Madeleine Goubau, Québec Amérique

En plus d’être admirablement bien écrit, cet essai biographique se lit comme un roman. La créatrice de mode, qui célèbre cette année les 30 ans de sa maison de couture, a partagé avec la journaliste Madeleine Goubau une trentaine d’anecdotes qui permettent de mieux comprendre l’industrie de la mode au Québec ces trois dernières décennies. (JD)

Olga et le machin qui pue, Elise Gravel, La courte échelle

L’auteure et illustratrice Elise Gravel a signé ce printemps un nouveau récit au titre intrigant qui met en scène Olga, une petite fille un peu grincheuse qui préfère les animaux aux humains. Impossible de ne pas tomber sous le charme en parcourant le récit de sa rencontre avec une petite boule de poils qui pue. (JD)

Autour d’elle, Sophie Bienvenu, Cheval d’août

On a envie de (re)lire Sophie Bienvenu non seulement parce qu’un de ses romans, l’excellent Et au pire, on se mariera, prendra l’affiche au cinéma le mois prochain, mais aussi parce que son plus récent titre (paru en 2016) est tout simplement envoûtant. Un vrai roman choral s’étalant sur 20 ans et dans lequel 20 personnages gravitent autour de Florence Gaudreault et de son fils biologique. (JD)

L’année la plus longue, Daniel Grenier, Le Quartanier

Grand succès en 2016, L’année la plus longue mérite d’être lu et relu. Car en retraçant la vie tortueuse d’Aimé Bolduc, né le 29 février 1760 et qui ne fête son anniversaire que tous les quatre ans, l’auteur Daniel Grenier raconte aussi un grand pan de l’histoire du continent nord-américain, de la Conquête à nos jours, et ce, avec grand talent. À la fois mystérieux et naturaliste, L’année la plus longue se savoure lentement, en songeant au temps qui passe. (Benoît Valois-Nadeau)

Dixie, William S. Messier,  Le Marchand de Feuilles

Campé dans les Cantons-de-l’Est, à proximité des «lignes» américaines, Dixie recèle un univers riche qui rappelle la littérature du Sud des États-Unis, mais dans une langue profondément québécoise. S’y croise des évadés de prison, des coyotes, des bums de bas étage et un banjo aux pouvoirs magiques… (BVN)

Coco, Antoine Charbonneau-Demers, VLB 

Lauréat du prix Robert-Cliche en 2016 pour son premier roman, Antoine Charbonneau-Demers, originaire de Rouyn-Noranda, décrit avec un humour caustique la relation tordue que développe un jeune garçon timide avec sa professeure de théâtre, une grande actrice de New York malheureuse et troublée par ses rêves inachevés. Au fil des années qui le mèneront de la préadolescence à l’âge adulte, Coco sera torturé par le mélange d’amour et de mépris bouillonnant en lui à l’égard de celle qui l’a «repéré»…et qui chamboulera le cours de sa vie. (Zacharie Goudreault)

La bête à sa mère, David Goudreault, Stanké

Un livre dont le sous-titre pourrait s’intituler: Parcours d’un pervers narcissique. On débute aux premières années d’un garçon dont la «mère se suicidait souvent», à ses multiples passages en familles d’accueil où il collectionne les méfaits, sans oublier ses premières victimes félines et autres travers qui vont en s’accentuant. Bref, le héros semble accumuler tous les travers du DSM IV, la bible de la psychiatrie! Malgré tout l’auteur, slameur et travailleur social David Goudreault arrive (presque) à nous le rendre sympathique. Un livre très noir écrit à la première personne qui ne laissera personne indifférent. (Mathias Marchal)

La mouche dans l’aspirateur, Mélanie Watt, Scholastic

L’auteure des albums de Frisson l’écureuil entre cette fois dans l’univers d’une petite mouche, dont la vie bascule lorsqu’elle se trouve happée dans le sac d’un aspirateur. Une belle allégorie pour parler du processus de deuil aux enfants. (JD)

Paul dans le métro, Michel Rabagliati, La Pastèque

La série de Michel Rabagliati n’a plus vraiment besoin de présentations, mais si vous n’avez pas encore succombé au charme de Paul, c’est le temps ou jamais! Alors que Montréal fête ses 375 ans, le moment semble particulièrement bien choisi pour (re)découvrir le quatrième titre de la série, une succession de courts récits qui prennent place dans la métropole en pleine effervescence à la fin des années 1960. (JD)

La littérature québécoise en 30 secondes, Michel Laurin, Hurtubise

Expert en littérature, Michel Laurin présente ici les moments forts et les figures marquantes de notre histoire littéraire en 62 articles. «La méconnaissance de l’histoire n’est pas seulement dangereuse, mais improductive: elle nous empêche de débattre, de progresser et, qui sait, de faire table rase en toute connaissance de cause», écrit en préface l’auteur Nicolas Dickner. Une lecture idéale pour se rafraîchir la mémoire quand nos cours de littérature au cégep commencent à dater. (JD)


Sports et divertissements, Jean-Philippe Baril Guérard, Les éditions de ta mère

Dans le Montréal des gens trop branchés pour accepter d’être qualifiés ainsi, des ex-enfants-acteurs désabusés passent d’une fête, à un après-midi d’escalade, à une séance de french collectif, en prenant des photos sans sourire, récoltant des Like à la seconde, offerts par une masse d’admirateurs qu’ils ne se donneraient même pas la peine de regarder de haut. Au fil des pages qui s’enchaînent à un rythme implacable, la narratrice déverse sa haine du yoga, de la course à pied et de ceux qui, contrairement à elle, n’ont pas le privilège, à 22 ans, d’avoir un condo, un chalet où on ne reste jamais longtemps, et une vie faite de trop de vodka, trop de coke, trop d’argent, trop compliqué. Mais sous le vernis de l’indifférence, pfft, une émotion, voire deux, se hisse, parfois, un instant, juste le temps de, peut-être. Signé par la plume d’une précision chirurgicale de Jean-Philippe Baril Guérard, ce roman nous laisse le souffle coupé, avec un sentiment de vertige et de satiété. (Natalia Wysocka)

Aussi dans Culture :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!