Mario Beauregard / Métro Régine Chassagne.

Venu défendre un dernier album quelque peu malmené par la critique, ou du moins moins encensé qu’à l’habitude, Arcade Fire a dû lutter pour s’imposer face à un public visiblement sur place pour entendre des hits, mercredi au centre Bell.

Après avoir habitué la foule montréalaise à des prestations triomphales, le groupe semblait un peu dépourvu de son aura d’invincibilité. Alors que les pièces appartenant à son répertoire plus ancien ont fait mouche de belle façon, les chansons tirées de sa plus récente production (Everything Now) ont souvent raté la cible.

Entrée sur scène en traversant le parterre, comme des boxeurs avant un combat, la bande de Win Butler a pris place au milieu de la scène en forme de ring. Pour continuer à filer la métaphore pugilistique, disons qu’AC a dû travailler fort pour trouver son rythme lors des premiers rounds.

Après Everything Now et Signs of Life, deux pièces de son dernier opus qui ont été accueillies poliment, c’est véritablement avec Rebellion (Lies) et surtout Here Comes the Night Time, durant laquelle le ring a été démonté, permettant un contact plus direct avec la foule, que la soirée a pris son envol.

À la suite d’une courte allocution durant laquelle le leader du groupe a salué la politique migratoire du Canada, sa compagne Régine Chassagne a entamé Haïti, chanson de circonstance sur son pays natal.

Suivant une No Cars Go très énergique, la très belle Electric Blue, un des moments forts du dernier album de la formation, est tombée à plat, la voix douce de Chassagne étant pratiquement enterrée par l’instrumentation. Une partie de la foule s’est assise à ce moment-là.

L’accrocheuse Put Your Money on Me, autre nouvelle chanson, n’a pas suffi à ranimer l’auditoire. À ce moment, on s’est demandé si Arcade Fire était incapable de mettre en valeur son plus récent album ou si le groupe était victime d’un public vieillissant, imperméable à ses nouvelles propositions.

Neon Bible et Neighborhood #1 (Tunnels) ont ramené de l’énergie dans l’amphithéâtre, pavant la voie à The Suburbs, que Win Butler a dédiée aux habitants de Houston, sa ville natale, affligés par le récent passage de l’ouragan Harvey.

Butler, parfois sur le pilote automatique en début de spectacle, a semblé trouver un second souffle avec la pièce suivante, Ready to Start.

Même chose pour Chassagne, qui s’est momentanément transformée en disco queen pour faire groover la foule avec Sprawl II (Mountains Beyond Mountains), boule miroir à l’appui. Le party s’est poursuivi avec Reflektor, pièce titre de leur opus précédent, et Afterlife.

Après Infinite Content, très punk, Creature Confort et Neighborhood #3 (Power Out) ont clos en beauté le concert, y injectant une dose de vigueur très attendue. Au moment de mettre sous presse, un rappel prometteur s’amorçait.

Au final, la fierté du Mile End a été fidèle à sa réputation, offrant une prestation généreuse – quoique manquant parfois de rythme – de près de deux heures. Il manquait simplement ce qui a fait la renommée du groupe : un souffle et une énergie unique.

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