Netflix Damián Alcázar, à gauche, dans une scène de la troisième saison de Narcos

Métro s’est entretenu avec l’acteur mexicain Damián Alcázar, 64 ans, à propos de la troisième saison d’une des émissions à succès de Netflix: Narcos.

Disponible depuis le 1er septembre, la nouvelle saison compte Damián Alcázar, qui interprète un des leaders du cartel de Cali, Gilberto Rodríguez Orejuela. Contrairement au sadique Pablo Escobar, Gilberto est pacifique et calculateur. Il cherche à devenir millionnaire grâce au trafic de drogues sans verser une seule goutte de sang, mais, avec la DEA qui surveille ses moindres mouvements – et ceux de son frère Miguel –, la route ne sera pas sans embûche.

Qu’est-ce que ça vous fait de devenir la vedette d’un projet qui est lancé depuis quelque temps?
La série est excellente, la production est cinématographique, et par ça, je veux dire qu’il y a des acteurs, de la direction photo, des directeurs et des costumes de qualité. Mais je ne suis pas vraiment une vedette; les stars sont une équipe au complet appelée le cartel de Cali.

Lors de cette saison, vous ne verrez pas vraiment ce que les barons de Cali ont fait, mais vous verrez qu’ils sont dédiés à corrompre la société, en commençant par l’armée et le gouvernement. Ce cartel n’est pas très violent. C’étaient des hommes pacifistes, des hommes d’affaires. Mais il comptait beaucoup de guerres clandestines au sein de ses lieutenants. C’est toujours une émission d’action avec un récit centré sur les policiers qui s’apprêtent à arrêter les chefs du cartel.

Qui est le pire vilain: Pablo ou Gilberto?
Pablo devient mauvais lorsque les policiers l’encerclent comme une bête qu’ils veulent tuer, alors il mord et il tue. Les Rodriguez savent que le risque, c’est d’aller en prison, et ils ne veulent pas finir derrière les barreau. Ils corrompent, alors qu’Escobar sort son fusil.

«Quand j’ai regardé les épisodes, je me suis dit: “OK, c’est vraiment le regard des Américains sur une situation qui se déroule dans un pays latino-américain.”» – Damián Alcázar, acteur

On vous connaît pour vos rôles risqués et votre technique bien à vous. Comment avez-vous construit le personnage de Gilberto Rodríguez Orejuela?
J’ai lu tout ce que je pouvais sur lui, sur «El Ajedrecista» [«le joueur d’échecs»], sur l’histoire contemporaine de la Colombie, que je connais très bien puisque j’ai travaillé longtemps au pays. J’ai entendu ce que les gens pensent, comment ils parlent de ces hommes, «les gentlemen de Cali». Je suis allé à Cali, j’ai visité ses commerces, ses solutions de rechange au trafic de drogues. J’en ai appris beaucoup sur leurs familles.

Après en avoir autant appris sur sa vie, comment décririez­-vous Gilberto Rodríguez Orejuela?
Eh bien, après avoir lu les quatre livres qui portent sur lui, et après tout ce que j’ai entendu, je peux dire qu’il est un homme d’affaires, il réfléchit à tout, calmement, et que c’est pour ça qu’on l’appelle «le joueur d’échecs» : chacune de ses actions est calculée, froidement. Il essaie tout le temps de maintenir l’harmonie et d’éviter les conflits entre les groupes du cartel, même auprès de ceux qui le quittent. En plus, il adore Miguel, son petit frère. C’est le chef de la famille.

En comprenant qu’il a pris soin de sa famille depuis sa préadolescence, on comprend son personnage, qui est prêt à tout pour assurer sa sécurité et celle de sa famille. Alors, je dis: wow! Il agissait en dehors de la loi, mais parce que la loi avait décidé de l’exclure. Il aurait pu faire plusieurs bonnes choses s’il avait été inclus, parce que grâce à lui, Cali était économiquement valide.

Pensez-vous que les émissions sur la drogue, sorties ces dernières années, aident la société?
Oui, parce que les gens doivent savoir que ça existe. L’ordre présidentiel, au Mexique, c’est qu’on n’en parle plus du tout, alors tout semble merveilleux. Mais les tombes s’accumulent à Veracruz. On se doit de parler de ces enjeux, pour que les gens connaissent notre réalité.

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