Le Concours international d’orgue du Canada (CIOC), qui présente normalement des organistes issus d’une formation classique, a voulu cette année susciter la curiosité des non-initiés en démocratisant le roi des instruments à travers la musique populaire. C’est le défi qu’a relevé avec brio le chanteur montréalais Leif Vollebekk, vendredi soir, en compagnie de l’organiste en résidence de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), Jean-Willy Kunz.

Pour entamer ce concert – qui marquait le début du CIOC – le public a eu droit à la fameuse Toccate et fugue en ré mineur de Johann Sebastian Bach, dont le motif musical est presque cliché tellement il est connu. Une bonne façon d’introduire l’orgue à un auditoire néophyte.

Les organistes Jean-Willy Kunz et Christian Lane ont partagé la scène de la Maison symphonique, antre de l’OSM, pour l’interpréter à quatre mains. Christian Lane a par la suite repris le flambeau pour interpréter une pièce contemporaine, Concordia Salus: A Fantasy for Organ, composée cet été par Graham Gordon Ramsay, ici même à Montréal. Lane a finalement conclu la première moitié du spectacle par une autre pièce de Bach pour orgue, Toccate, Adagio et Fugue en do majeur.

C’est après l’entracte que les choses ont pris une autre tournure, avec l’arrivée sur scène de Leif Vollebekk à la suite d’une improvisation jazz de Kunz. Vollebekk, connu pour ses chansons douces et cinématographiques accompagnées de piano, a voulu ajouter à son paysage musical la sonorité grandiose de l’orgue de l’OSM. Sur la grande scène de bois pâle, Vollebekk, son batteur Olivier Fairfield et Jean-Will Kunz ont su construire une ambiance lumineuse, inspirante de plénitude. Démontrant la grande polyvalence de l’orgue, Kunz a su ne pas trop s’imposer, son monumental instrument ayant facilement pu enterrer le son plus délicat du piano de Vollebekk. Ce dernier a plusieurs fois rendu hommage à la qualité acoustique de la Maison symphonique, Jean-Willy Kunz a quant à lui salué son grand orgue Casavant, qui fait la fierté de l’OSM.

Le trio a tiré sa révérence sur une composition inédite de Vollebekk, qui a raconté l’avoir écrite sur l’orgue d’une église «du 16e siècle» aux Pays-Bas, alors que les chauves-souris volaient au-dessus de sa tête. «Écrite est un grand mot», s’empresse de préciser Vollebekk, qui explique l’avoir enregistrée, mais jamais couchée sur papier, tâche que s’est appliqué à faire Kunz, qui l’a interprétée par la suite.

Une impression de flottement s’est fait sentir à la sortie de ce concert d’une rare beauté, qui semble avoir accompli son méfait : celui de rendre l’orgue plus accessible. On dirait même irrésistible.

Le CIOC se déploiera jusqu’au 21 octobre dans les églises de Montréal. Tous les détails des évènements (plusieurs sont gratuits) peuvent être trouvés sur le site du concours.

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