Sony Pictures Jamie Foxx et Ansel Elgort, dont le personnage est un chauffeur de braqueurs qui porte toujours des écouteurs.

Alors qu’il parle à Métro de Baby Driver, qui sort en DVD mardi, le réalisateur Edgar Wright est en voiture. Il ne conduit pas évidemment, ce ne serait pas prudent. Mais même s’il était au volant, il serait encore bien loin de la témérité du héros de son film: un chauffeur spécialisé dans les braquages qui tente de rompre avec
le milieu criminel.

Wright lui-même est loin d’être un gars de char. «J’aime bien conduire en écoutant de la musique, raconte celui qui a réalisé les comédies Shaun of the Dead et Hot Fuzz. Mais je m’intéresse davantage aux voyages qu’à la voiture.»

C’est une des raisons pour lesquelles Baby Driver (Baby le chauffeur) est un film de poursuite inusité. Les voitures que conduit Baby (Ansel Elgort) sont souvent anodines. La conduite est plus importante que l’objet.

«Dans la plupart des films d’action, le héros est au volant d’un muscle car ou d’une voiture sport qui vaut 250 000$. Je me souviens que dans Gone in 60 Seconds, la voiture de Nicolas Cage est si belle qu’on a l’impression que l’équipe a eu peur de l’abîmer», expose le réalisateur de 43 ans.

«Une des choses que j’ai apprises en interviewant d’anciens criminels, c’est que lors de vols de banque, ils utilisent des voitures normales, qui peuvent se fondre dans le trafic. Le jour du vol, ils se servent dans un stationnement, en prenant soin de choisir quelque chose qui ne sera pas rapporté immédiatement comme volé à la police.»

Même si Baby Driver est très léché, le film se veut tout de même réaliste. Les criminels n’y sont pas riches. Ils représentent plutôt la classe ouvrière du crime. «La plupart des voleurs vivent d’une arnaque à l’autre, explique Edgar Wrigth. Deux d’entre eux, interprétés par Jon Hamm et Eiza González, doivent même gérer leur dépendance à la cocaïne.»

Certaines des histoires complètement folles d’ex-prisonniers entendues par Wright se retrouvent dans le film. «Je leur ai demandé si certains d’entre eux écoutaient de la musique juste avant un gros coup. L’un d’entre eux m’a répondu: “Je n’avais pas besoin d’écouter quoi que ce soit, puisque j’avais suffisamment de démons qui faisaient du bruit dans ma tête.” C’est le genre de choses que je m’empresse de noter.»

Une des obsessions de Baby est d’écouter une chanson différente lors de chacune de ses poursuites, rythmant ses coups de volant au son de la musique. Étonnamment, beaucoup de ces chansons ne s’étaient jamais retrouvées dans un film avant. «J’ai tenté de choisir des pièces qui n’étaient pas encore associées à des visuels. La plupart ne sont pas monotones, elles ont des sections bien distinctes les unes des autres.»

L’une d’elles est Intermission, de Blur, une chanson quelque peu cachée sur l’album Modern Life is Rubbish, sorti en 1993. «C’est une chanson très intense, comique au début avant de devenir dramatique. J’ai toujours voulu l’utiliser. Je suis content d’être le premier à l’avoir mise dans un film.»


«Il disait: “Les gens ont oublié The Damned. On doit être inclus dans un film, il faut qu’un responsable de la musique écoute nos chansons.” Il était aigri. Alors, je me suis dit: “Je vais lui faire un cadeau de Noël.”» – Edgar Wright, réalisateur, qui raconte que c’est en écoutant dans un documentaire Dave Vanian, le chanteur de The Damned, se plaindre du manque d’intérêt du milieu du cinéma pour son groupe qu’il a décidé d’intégrer Neat Neat Neat dans la bande sonore de Baby Driver.

Une des autres innovations de Baby Driver est d’avoir employé Jon Hamm dans le rôle d’un petit malfrat coké. Wright a écrit le rôle pour lui, même s’il est à des années-lumière de Don Draper (Mad Men) ou de tout autre personnage interprété par Hamm.

«J’ai pensé qu’il serait intéressant dans un thriller, mais je ne voulais pas qu’il ait le rôle principal. Même chose pour Eiza González. Ils pourraient être les héros de leur propre film. C’est amusant de songer à ce qu’ils font lorsqu’ils ne sont pas à l’écran.»

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