Paolo Ranzani Arturo Brachetti en Jack Sparrow. «C’est ça le théâtre, dit-il. Un rideau s’ouvre, l’acteur dit qu’il est tel ou tel personnage, et tout le monde y croit. On accepte un mensonge.»

Le transformiste italien Arturo Brachetti s’emmène au Québec avec son nouveau spectacle, Arturo fait son cinéma.

Mary Poppins, Spider-Man, Zorro, Jack Sparrow : pour un artiste comme Arturo Brachetti, existe-t-il une meilleure matière que le cinéma, avec ses personnages aux costumes qui frappent l’imaginaire de tout le monde? «On a choisi le cinéma parce que c’est assez universel, que tout le monde en connaît un minimum, explique Brachetti. Ça permet de passer de la préhistoire à la science-fiction au Moyen-Âge, à tout
ce qu’on veut; ça a un côté évocateur facilement reconnaissable, et les gens peuvent rire, ou pleurer, ou rêver…»

C’est un spectacle exprès pour la tournée qu’a voulu créer celui qui est connu de part et d’autre de l’océan comme «l’homme qui se change le plus vite au monde», et ce, à la demande de Gilbert Rozon, grand manitou de Juste pour rire, qui a le premier découvert Brachetti. «Le spectacle précédent était devenu trop coûteux, dit le transformiste. On avait un décor de six tonnes qui nécessitait trois remorques; ça devenait ingérable. Souvent, on nous demandait de nous produire dans des salles où notre matériel ne pouvait même pas entrer! Alors, Gilbert nous a demandé, à Serge Denoncourt et à moi, de concevoir un spectacle léger, qui pourrait être monté dans les théâtres plus petits de 600 à 800 places. C’est donc quelque chose de centré davantage sur la performance d’acteur, de transformiste, que sur le décor.»

Dans cette optique de tournée, Brachetti a choisi des personnages de cinéma assez connus internationalement. Il assure en outre que le spectacle est vraiment conçu pour tous les publics. «Il y a trois niveaux de lecture : celui de mon neveu qui a cinq ans et demi – il voit la magie, la transformation, l’effet spécial, tonton qui disparaît et tout ça. Quand je fais Carmen Miranda qui chante une chanson avec les mots de Groucho Marx, les cinéphiles sont ravis parce qu’ils reconnaissent la référence, mais mon neveu, lui, il regarde les nichons qui dansent et ça lui suffit.»

L’Italien ajoute que le «second niveau» en est un culturel : «Certains vont reconnaître l’ombre de Nosferatu, le rideau de Scarlett dans le film, et plein de petits détails du genre. Des fois, la moitié de la salle rit pendant que l’autre se demande pourquoi.»

Et comme dans tous les spectacles du «grand petit garçon» de 54 ans, le côté émotionnel joue aussi un rôle prépondérant. «Les gens viennent parce qu’on leur promet 100 personnages en 100 minutes, mais une fois dans la salle, ils embarquent dans l’espèce de petit voyage nostalgique que je leur propose, explique-t-il. Au bout d’un moment, c’est comme regarder un album de souvenirs. Ça provoque une espèce de retour à l’enfance, les gens me voient, moi, acteur quinquagénaire, redevenir un enfant. Pour moi, c’est une espèce de thérapie. Je retrouve mon enfance, c’est le seul moment de la journée où on me donne la possibilité de faire le con. Les gens embarquent dans mon bateau. Des fois, après, ils m’écrivent des lettres pour me remercier de leur avoir donné quelques heures de mon enfance. Ça, c’est le plus beau
des compliments.»

Arturo fait son cinéma
Au Théâtre Maisonneuve
Mercredi, jeudi et vendredi à 20 h

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