Vincent Peters/Collaboration spéciale Infos Wilson chante Montand est proposé au TNM jusqu’au 5 novembr.e

Wilson chante Montand est un hommage au grand Yves Montand par le comédien Lambert Wilson, en ce moment au Théâtre du Nouveau Monde (TNM).

C’est dans une mise en scène sobre qui rappelle la célèbre Comédie-Canadienne, où se produisaient les grands noms de la chanson française lorsqu’ils venaient à Montréal dans les années 1950 et 1960, que l’icône du cinéma Lambert Wilson, entouré de 6 musiciens, a livré le second d’une série de 11 spectacles mercredi soir sur les mêmes planches que ce lieu historique devenu aujourd’hui le TNM.

Pantalon noir moulant, chemise blanche, boléro, geste gracieux proche du ballet, dès les premières notes de Wilson on cherche le phrasé musical de Montand et ses chuintements si particuliers. Erreur. Il ne s’agit pas du spectacle d’un personificateur, mais plutôt d’une relecture.

De façon très théâtrale, celui qu’on a vu au cinéma avec Fabrice Lucchini dans Molière à bicyclette livre les plus grandes chansons de ce monstre sacré qui, très tôt avait choisi de remplacer son nom d’immigré italien d’Ivo Livi en adressant un clin d’œil à la phrase rituelle de sa mère: «Ivo, monta!»

Si l’anecdote n’est pas tirée du spectacle, Wilson y distille quelques éléments biographiques, en parlant toujours de son sujet à la troisième personne, au cours de ce spectacle de deux heures. Ce qui nous vaut des moments très touchants, dont l’évocation de la rencontre charnelle de Montand avec Marylin Monroe à New York, au grand dam de Simone Signoret qui souffrait dignement à Paris. Prélude au chef-d’œuvre Les feuilles mortes, la fameuse chanson de Prévert et Kosma.

Magnifiquement réarrangée par le chef d’orchestre et pianiste Bruno Fontaine, une pointure avec laquelle Wilson a sélectionné les titres de ce récital, dont les incontournables Barbara, Le temps des cerises, La chansonnette, Syracuse et aussi Mon manège à moi. Pièce popularisée par Piaf, qu’il s’approprie de façon canaille et faussement colérique, et qui évoque, évidemment, la relation de Montand avec Piaf, réputée tortionnaire de ses amoureux/protégés. Ce que fut Montand, un temps.

«New York, me voici libre à ta place, peut-être.» – Lambert Wilson, personnifiant Yves Montand, qui, s’adressant à son père ouvrier, lui jure n’avoir rien oublié, dont les pastas du dimanche.

Bien qu’il échappe parfois quelques notes ici et là, Wilson livre un tour de chant senti, honnête, respectueux et très physique qui soulève l’enthousiasme. D’ailleurs, selon nous, si Yves Montand se retourne dans sa tombe, c’est sans doute pour mieux
écouter…

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