Mario Beauregard/métro Steve Gagnon présente Os, la montagne blanche à La Petite Licorne à partir d’ajourd’hui jusqu’au 1er décembre.

Comment assumer la liberté qui nous est offerte? Comment être fidèle à ce qu’on est vraiment? Comment éviter de tomber dans la banalité?

Pour offrir un début de réponse à ces questions qui nous taraudent tous, Steve Gagnon plonge dans Os, la montagne blanche, un spectacle solo à la croisée de la représentation théâtrale et du concert musical, groupe live à l’appui.

Cette montagne, l’auteur-comédien nous invite à la gravir en compagnie d’un jeune archéologue dévasté par la mort de sa mère adorée. Malgré l’amour qu’il voue à sa copine, il devra tout quitter et passer par l’Amérique du Sud pour se retrouver.

«Comment fait-on pour être à la hauteur de la liberté qu’on a mais qu’on n’assume pas? C’est ça, le discours central de la pièce, résume le jeune dramaturge, rencontré à quelques jours de la première. Les modèles qui nous entourent ne nous incitent pas à assumer notre liberté. Le monde est vaste, les possibilités sont infinies, mais on dirait qu’on se contraint dans un petit enclos.»

Os, la montagne blanche est le dernier volet d’une trilogie après La montagne rouge (sang) et Ventre. Encore une fois, Steve Gagnon y aborde le thème de la perte et celui de la difficile transition à l’âge adulte.

«Oui, les trois pièces parlent beaucoup du passage de l’enfant à l’adulte, mais pas comme Réjean Ducharme l’a fait, en abordant la fin de la candeur, explique-t-il. Mon angle consiste à se demander : c’est quoi, devenir un homme ou une femme? Qu’est-ce que ça implique, quelles sont nos libertés? Qu’est-ce que je décide de voir autour de moi? Ma banlieue ou le monde au complet? »

Cette nouvelle création, écrite entre Montréal et Bogotá, est aussi une réflexion sur les notions de lâcheté et de courage. Alors que, dans sa jeunesse, son père les a abandonnés, lui et sa mère, pour changer de vie, l’archéologue emprunte lui aussi la voie de la fuite, mais pour pouvoir devenir l’homme qu’il veut être vraiment.

«Ça prend du courage pour assumer fondamentalement ce qu’on est, même si on sort des codes et des chemins tracés. Qu’est-ce qui est le plus lâche : abandonner une vie tracée avec une femme, des enfants, une maison, ou abandonner le potentiel d’une vie qui nous ressemble plus, à la hauteur de nos rêves?»

À la différence des premières propositions de son triptyque, Steve Gagnon s’attarde cette fois-ci aux préoccupations masculines, des thèmes qu’il avait déjà explorés dans son essai Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles, publié en 2015.

«Dans La montagne rouge et Ventre, c’était les personnages féminins qui étaient forts : elles savaient où elles s’en allaient. Les personnages masculins étaient démunis et vulnérables, admet celui qu’on a notamment vu dans Ruptures. Je me suis donné comme défi de changer cela. Je crois avoir créé un personnage vulnérable mais dont la quête est noble et qui va finir par faire des choix, devenir un homme qui s’impose et qui s’assume complètement dans ce qu’il est.»

Comme l’archéologue qui s’appuie sur sa blonde et sur la mystérieuse Edna pour trouver sa voie, Steve Gagnon ne se lance pas seul dans son premier projet solo. Le groupe aux accents électro Le Bleu, formé de Nicolas Basque, membre de Plants and Animals, et d’Adèle Trottier-Rivard, qui a notamment tourné avec Louis-Jean Cormier, l’accompagne.

«Si on enlevait les musiciens, le spectacle ne pourrait pas avoir lieu, précise l’auteur. Tout le spectacle est porté par leur musique, qui donne le rythme et la pulsation pour soutenir les spectateurs. La musique remplace les décors, les costumes et aussi les sièges. Comme dans un concert, elle fournit un rythme qui nous soutient et qui fait qu’on oublie qu’on est debout.»

Car, oui, avis aux intéressés, il n’y aura aucun siège dans La Petite Licorne lors des représentations, et les spectateurs seront libres de déambuler à leur guise. L’idée vient du metteur en scène Denis Bernard.

«Ça amène le spectateur à s’engager, une notion qui est aussi très présente dans le texte, croit Steve Gagnon. Tout le monde ensemble, on passe une heure et quart debout, les uns contre les autres. On donne une liberté aux spectateurs, mais on forme aussi une petite communauté le temps du spectacle.»

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