Jean-François Gratton/collaboration spéciale Temporel est présenté à la Cinquième Salle jusqu’au 27 janvier.

Cette semaine, Métro craque pour Temporel des 7 Doigts, Mes 25 ans aux USA, Guylaine Tremblay dans En tout cas, POST- 
de Jeff Rosenstock, Le peuple rieur, Les brunchs 
de sorciers chez les Intraitables, Leonard Cohen: Une brèche 
en toute chose.

1. Temporel, des 7 Doigts
Quand Michel Lemieux et Victor Pilon, princes de la lumière, à qui 
on doit Cité Mémoire, rencontrent 
la compagnie circassienne susmentionnée, on se retrouve plongé dans une atmosphère tristement poignante. Un homme au crepuscule de sa vie revisite ses souvenirs, accompagné d’un ange gardien aussi chevelu que diabolique. Dans Temporel, la vie et l’amour filent tel un tapis roulant, qui se charge de vous laminer avant de vous déposer directement à la grande échelle de la Sortie. Du «cirquethéâtre» puissant! Mentions spéciales pour 
la mise en scène, l’ambiance musicale et le quatrième personnage : la bibliothèque, qui ferait pâlir d’envie n’importe quel cadre d’Ikéa. À la Cinquième Salle de 
la Place des Arts jusqu’au 27 janvier. 
(Mathias Marchal)

2. Mes 25 ans aux USA
D’ici quelques jours, Donald Trump célébrera sa première année à la Maison-Blanche. Le Montréalais Richard Hétu, lui, souligne son quart de siècle aux États-Unis par un livre plus personnel que les précédents. Lui qui a coécrit Sexe, fric et vote ainsi que Madame America avec son confrère de La Presse Alexandre Sirois profite de l’arrivée au pouvoir du milliardaire pour mêler faits plus ou moins connus et regards affûtés sur son pays d’adoption, sans suivre une chronologie linéaire. 
La politique n’est évidemment jamais très loin, mais c’est 
la plume parfois déroutante (mais de qui parle-t-on dans ce premier chapitre?) et les expériences du journaliste qui font 
de Mes 25 ans aux USA un page turner. En librairie. (Baptiste Barbe)

3. Guylaine Tremblay dans En tout cas
«Allô, allô, allô tout le monde.» Prenant nerveusement place sur son tapis, une yogi néophyte rassure les élèves de sa classe, dont sa fille, visiblement gênée, et la professeure, super zen, qui lui conseille «d’écouter son corps». «J’suis pas inquiète! J’suis tellement souple!» Il ne lui suffira que d’un demi-salut au soleil pour réaliser que hum. Pas tant.
À l’instar de cette scène, la maman maladroite, sans filtre et super attachante qu’incarne Guylaine Tremblay dans En tout cas, sympathique série comique signée Rafaële Germain, nous fait souvent sourire. Que ce soit lorsqu’elle se félicite : «Je suis sur les réseaux sociaux, moi!» ou qu’elle cherche désespérément le nom de «la place avec des affaires où tout le monde veut aller» à Montréal. Ce n’est peut-être pas incroyablement complexe, mais en tout cas, c’est chouette et rigolo. 
À voir le lundi à 19h30, sur les ondes de TVA. (Natalia Wysocka)

4. POST-, 
de Jeff Rosenstock
«Ça sert à quoi d’avoir une voix si cette voix reste coincée dans votre gorge?» demande Jeff Rosenstock sur la bien nommée Yr Throat, pièce tirée d’un troisième album studio tour à tour énergique, cynique, romantique. La sienne, de voix, le punk rockeur de Long Island l’utilise pour chanter fort des morceaux accrocheurs distorsionnés, ou donner rendez-vous dans un «bar polonais», précisant : «I’ll be the one looking at my phone.» S’ouvrant avec le message enregistré d’une fille qui lance : «Salut mon meilleur ami, j’espère que ceci se retrouvera sur ton prochain disque», POST trait d’union se poursuit avec, en 9e position sur 10, la ballade 9/10, où Jeff confie être défoncé dans le métro ce nombre précis de fois (encore et toujours 9 sur 10) ou cet hymne enlevé qui fracasse tout sur lequel il répète être «tired and bored». Mais on est tout sauf fatiguée et ennuyée à l’écoute de cette pépite. (Natalia Wysocka)

5. Le peuple rieur
Écrit à la demande des Innus d’Essipit, le nouveau livre de Serge Bouchard se donne comme mission de raconter «la très grande marche d’un tout petit peuple». Avec tout le talent qu’on lui connaît, l’anthropologue préféré des Québécois raconte non seulement l’histoire millénaire des Innus et de Nitasinnan, leur territoire traditionnel, mais aussi sa touchante rencontre avec ce peuple lors de ses années d’étude. À lire pour mieux connaître nos voisins, mais aussi simplement pour apprécier l’écriture limpide de Bouchard et de sa compagne, Marie-Christine Lévesque. 
En librairie chez Lux éditeur. (Benoit Valois-Nadeau)

6. Les brunchs 
de sorciers chez les Intraitables
Scénario : deux grandes portes noires s’ouvrent pour nous laisser entrer dans une salle à manger sombre, mais richement décorée. Des chandelles sont suspendues au plafond. Des assiettes remplies de mini-pâtisseries abondent sur les tables. Un professeur de potions vous salue, chaudron à la main. Vous pensez qu’on vous décrit Poudlard? Détrompez-vous. Il s’agit du brunch des sorciers du restaurant les Intraitables, dont les dernières éditions remontent au week-end dernier. Petits et grands fans d’Harry Potter sont invités à bruncher ensemble (et à trinquer avec un latté à la bière au beurre) dans une ambiance festive et pleine de surprises, qui changent au gré des éditions. La prochaine soirée thématique du resto sera consacrée à Game of Thrones, et un quiz night dédié à Harry Potter a lieu demain. Infos : intraitable.com (Virginie Landry)

7. Leonard Cohen: Une brèche 
en toute chose
L’abondance d’hommages rendus à Leonard Cohen depuis sa mort a comme effet pervers de nous faire parfois oublier l’incroyable artiste qui se cachait derrière le chanteur adoré des Montréalais. En demandant à une vingtaine de créateurs contemporains de se pencher sur son travail, le MAC a réussi à redonner toute sa force poétique à l’œuvre de celui qui fut aussi poète, compositeur et romancier. Combinant expériences audio-visuels et documents d’archives, Une brèche en toute chose est une exploration fascinante des mots, des mélodies et des images que Cohen a su créer tout au long de sa vie. Au Musée d’art contemporain jusqu’au 9 avril. (Benoit Valois-Nadeau)

Et on se désole pour…

James Franco
Au faîte de sa gloire après avoir remporté dimanche dernier le Golden Globe du meilleur acteur pour The Disaster Artist (et empêché l’énigmatique Tommy Wiseau de prendre le micro lors de ses remerciements), James Franco a été rappelé sur Terre, hier, alors que cinq femmes ont affirmé au Los Angeles Times avoir été victimes de ses comportements sexuels déplacés. Ces accusations sont d’autant plus choquantes que Franco arborait lors du gala une épinglette du mouvement Time’s Up, lié à la défense de victimes d’agressions sexuelles au travail. 
Pas fort, James.
 (Benoit Valois-Nadeau)

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