Avec Confidences sur l’oreiller: Un essai 
sur les rêves, Dulcinée Langfelder convie 
le spectateur au royaume des songes. Le monde de l’inconscient et de l’onirisme est habituellement réservé au cinéma ou à la littérature, pas au théâtre. «Parce que c’est tellement difficile de manifester physiquement un rêve», raconte en entrevue l’artiste new-yorkaise domiciliée à Montréal depuis quatre décennies, qui a présenté cette pièce en anglais en 2016.

La créatrice à la démarche si spéciale («J’appelle ça du multidisciplinaire multimédia») utilise ainsi des éléments de la danse, du théâtre, de l’humour, du drame, du chant ainsi que des images projetées afin de faire vivre une expérience fantasmagorique, accessible à tous.

Pourquoi analyser ses rêves si le pouvoir de la suggestion et de l’évocation a bien meilleur goût? Le professeur de psychologie et spécialiste des rêves Antonio Zadra se joindra même à la discussion après la représentation du 19 janvier.

«Nos rêves nous aident à gérer les défis de la vie. Quand on dit que “tout le monde est artiste”, ce n’est pas un cliché, ce n’est pas une généralisation. Chaque nuit, les humains font preuve d’une créativité sans bornes pour attaquer leurs problèmes.» –Dulcinée Langfelder

Pour celle à qui on doit les œuvres Victoria et Hockey! O.K.?, ce nouveau projet a été un travail de longue haleine afin de trouver une cohérence, une structure dramatique. Un voyage tout à fait singulier. «C’est une pièce assez audacieuse dans le sens “mise à nue”, parce que je démontre toutes mes névroses, confie-
t-elle. C’est vraiment très personnel. Mais j’ai découvert avec le temps que, plus on se rend vulnérable sur scène et qu’on invite les gens dans une grande intimité, plus on touche à l’universel à un moment donné.»

Et comment sont ses rêves depuis la création de cette pièce? «Alors là, c’est terrible! dit-elle en riant. Je m’en souviens encore moins souvent. Quand on rêve, le côté gauche se désactive et le droit prend la relève, ce qui nous permet de voyager partout dans nos souvenirs, sans chronologie. Dès qu’on commence à se réveiller, le côté gauche reprend le dessus et dit: “Est-ce que c’est un rêve que tu aurais pu mettre dans la pièce?”»

Pendant 
son sommeil
Depuis sa tendre enfance, Dulcinée Langfelder s’efforce de se souvenir de ses rêves. D’abord en les écrivant, puis en se servant d’un dictaphone caché sous son oreiller. Lors d’une remise en question, elle a redécouvert tous ceux qu’elle avait enregistrés. «J’ai été sidérée par ce que j’ai entendu, avoue-t-elle. J’avais complètement oublié ces rêves et je ne reconnaissais même pas ma voix. J’étais vraiment frappée par la gamme d’émotions et la créativité dans ces rêves… Si on considère un seul rêve, c’est une chose. C’est parfois drôle, parfois c’est un cauchemar; on peut 
se demander pourquoi on a rêvé ça. Mais lorsqu’on en écoute une cinquantaine du même individu, là on reconnaît les patterns et ça devient beaucoup plus intéressant.»

Confidences sur l’oreiller: 
Un essai sur les rêves
Au Théâtre Outremont
Vendredi et samedi

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