Julie Artacho Les belles en guerre est présenté dans le cadre du festival Zone Homa.

Avec Les belles en guerre, la chorégraphe et interprète Geneviève Bolla jette un regard critique sur la relation que les femmes entretiennent avec la beauté.

Depuis toujours, Geneviève Bolla nourrit une fascination pour Marilyn Monroe. «C’est une figure qui m’inspire beaucoup, confie l’artiste montréalaise. Je suis captivée par ce fossé qui existe entre l’image qu’elle projetait, et la femme qu’elle était réellement. Elle portait en elle une telle vulnérabilité…!»

Pour sa toute dernière création, celle qui a fondé la compagnie Évolucidanse s’est plongée tout entière dans l’œuvre de l’iconique blonde. Elle a lu beaucoup de bios, décortiqué ses journaux intimes, visionné tous ses films. «J’ai soigneusement étudié ses poses, sa gestuelle. Ça m’a énormément inspirée au niveau chorégraphique», dit-elle.

Il faut dire que Marilyn Monroe personnifie parfaitement le sujet qu’a choisi d’explorer Geneviève Bolla dans ce nouveau projet. À savoir la dualité qui existe entre les femmes et la beauté; cette guerre constante qu’elles se mènent à elles-mêmes pour atteindre un idéal parfois inatteignable. «C’est une réalité très actuelle, même si elle ne date pas d’hier, observe la danseuse. Cette quête existe depuis la nuit des temps, même si les tendances se transforment. De nos jours, par exemple, la chirurgie plastique se fait de plus en plus présente.»

Pour mieux donner corps à ces obsessions de perfection plastique, Geneviève Bolla a choisi de faire appel à plusieurs accessoires, notamment au ruban adhésif et au «saran wrap». Un matériel qui enveloppe les corps des trois interprètes qui participent au projet : Émilie Gratton, Sarah Desrosiers et Geneviève elle-même. «Nos costumes, entre guillemets!, sont en saran, remarque-t-elle. On l’utilise beaucoup parce qu’il représente à mes yeux la suffocation. Et puis, une fois enrobée dans ce corset, la peau change de texture.»

Rythmé par une composition originale du musicien montréalais d’origine congolaise Ngâbo, Les belles en guerre, «un show contemporain avec une touche de pop», abordera un des thèmes chers à la chorégraphe : «vouloir se détruire pour mieux se reconstruire». «Ce masochisme que les femmes peuvent parfois s’imposer m’a toujours bouleversé», dit-elle.

Pour conclure, celle qui a notamment dansé dans Warning de Dave St-Pierre, prévient que Les belles ne font pas dans la dentelle. «On privilégie un traitement très agressif, guerrier, grotesque même. On est trois filles sur scène, mais on dégage une énergie de gars! C’est violent, choquant. Les spectateurs doivent s’attendre à être un peu bousculés…»

Infos
Les belles en guerre
À la maison de la Culture Maisonneuve
Ce mercredi à 20 h

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