AFP Mené par son chanteur Arthur Teboul, Feu! Chatterton insuffle une bonne dose de lyrisme dans le rock francophone.

Cette semaine, Métro craque pour les groupes Chatterton et Fungus Hill, les BD Voyage au 
centre de la Terre et The Dark Prince Charming, le livre Le caca de qui?, le dernier roman de Frédéric Beigbeder et l’artiste Reno.

1. L’oiseleur de 
Feu! Chatterton
Mystérieux, onirique et psychédélique, le deuxième album du groupe français Feu! Chatterton ouvre les portes de la perception et du rock français. Avec leurs longues chansons superbement écrites, mais ô combien étranges, on pourrait les comparer à Alain Bashung, Jacques Higelin ou Brigitte Fontaine. Mais la force brute de leur musique a peu d’équivalents dans la production hexagonale contemporaine. Il faudrait peut-être davantage chercher du côté anglo-saxon (Jane’s Addiction ou The Brian Jonestown Massacre) pour trouver quelque chose de comparable. Mais à quoi bon faire des comparaisons? L’oiseleur est un grand album qui, en 13 chansons, nous amène d’un bout à l’autre d’un univers riche et puissant.– Benoit Valois-Nadeau

2. Voyage au 
centre de la Terre
Cette BD pourrait être renommée Voyage dans la virtuosité de Matteo Berton tant le dessinateur italien fait oublier qu’il s’agit ici d’une énième adaptation du roman de Jules Verne, écrit il y a 
150 ans. Se limitant à trois couleurs – le marron, le gris et le bleu, avec lequel il illustre tantôt la lumière, tantôt l’eau – et jonglant entre des pages à une case et d’autres à 20, l’artiste nous amène sous le volcan Sneffels pour raconter les aventures du géologue Otto Lidenbrock, de son neveu et de leur guide Hans. Mention spéciale à une magnifique double page sur l’équipement des explorateurs. Aux éd. La Pastèque.– Baptiste Barbe

3. The Dark Prince Charming
Le bédéiste italien Enrico Marini a bien profité de la carte blanche que lui a donnée DC Comics! Dans The Dark Prince Charming, on trouve un chevalier noir déchaîné et brutal, ainsi qu’un Joker tout aussi brutal, mais doté d’un charisme fou (pardon). Les dessins époustouflants de Marini animent un sombre Gotham. L’artiste scénarise également l’histoire dans laquelle le Joker réussit une fois de plus à tester 
les limites de son ennemi juré en kidnappant une petite fille. On compte les jours avant la parution de la conclusion de ce chapitre indépendant, au printemps. En français aux éditions Dargaud.–  Carine Touma

4. Le caca de qui?
Oui, vous avez bien lu le titre. Cet album – qui fera bien rire les petits (et les grands aussi) – présente dans un humour non dépourvu de pédagogie sept «crottes mystères». Chaque illustration, accompagnée d’indices, permet aux enfants de répondre à la question «À qui est ce caca?» Ainsi, on apprend que celui du renard contient les poils et les os de ses proies, alors que celui du panda est verdâtre en raison du bambou qu’il consomme. C’est déjà un classique! Rédigé par le mammologiste Darrin Lunde, illustré par Kelsey Oseid et publié chez Albin Michel Jeunesse.– Jessica Dostie

5. Une vie sans fin
Le dernier roman de Frédéric Beigbeder fait rire (jaune), mais donne surtout matière à réfléchir. Jeune papa, le cinquantenaire se lance dans une improbable quête visant à trouver, une fois pour toutes, la fontaine de Jouvence. «J’ai perdu quelque 
chose en cours de route et cette chose s’appelle ma jeunesse, écrit-il. Dans notre époque sans relief, seule la mort donne le vertige.» Pendant près de 350 pages, il s’emploie ainsi à raconter sa quête, qui passe par des entrevues avec des scientifiques et des expériences sur sa personne, tout en vulgarisant au passage quelques notions de biologie. Divertissant! En librairie aux éditions Grasset.– Jessica Dostie

6. Le groupe Fungus Hill
Cosmic Construction on Proxima B est le premier album du groupe suédois Fungus Hill, qui frappe un grand coup. Le style hard rock, près du blues et très psychédélique, est un retour aux sources du heavy metal. Cosmic Construction on Proxima B est d’abord un album concept qui s’écoute du début à la fin comme une histoire de science-fiction, campée dans un univers dystopique, alors que l’humanité doit trouver une nouvelle planète où vivre. Un voyage aux confins de la galaxie s’amorce. Les performances vocales des deux chanteurs sortent de l’ordinaire, ainsi que les paysages sonores créés par Fungus Hill. En bref, un album à la fois planant et lourd qui mérite d’être écouté avec attention.– Alexis Boulianne

7. Renouveau
L’artiste Reno, qui tire sa matière première des vidanges des Montréalais, ravira les adeptes du cynisme et de l’ironie avec sa nouvelle exposition. Il y en a pour tous les goûts. Les antimonarchistes apprécieront le bambin avec sa crête en guirlandes qui met le feu au tableau de la reine d’Angleterre. Les partisans déçus du CH admireront le Christ qui ne porte plus la croix, mais une Coupe Stanley. Chaque tableau ou presque a un lien avec l’actualité, que ce soit Metoo, les tueries aux États-Unis ou Black Lives Mater, cette ancien maquettiste publicitaire n’a rien perdu de son acuité. À la Maison 
de la culture du Plateau-
Mont-Royal, jusqu’au 
31 mars.– Mathias Marchal

Et on se désole pour…

Les «excuses» à cinq cennes des éditions Milan
«Tiens-toi droite pour faire paraître tes seins plus gros»: voilà un conseil (sexiste, dois-je le préciser) tiré du recueil d’astuces On a chopé la puberté, destiné aux filles de neuf ans et plus. Publié par les éditions Milan, l’ouvrage s’est attiré les foudres (et une pétition signée par quelque 150 000 personnes) des internautes. Après la polémique, l’éditeur a décidé de ne pas réimprimer l’ouvrage. Sauf qu’au lieu de reconnaître le caractère douteux de ses propos, Milan a plutôt choisi de blâmer les féministes frustrées, en se disant victime d’une campagne de salissage «d’une violence extrême». Come on. Dans les mots de Daniel Bélanger: «sèche tes pleurs, Milan».– Camille Lopez

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