Radio-Canada Andréanne A. Malette, Mara Tremblay et Fanny Bloom

Un trio de chanteuses québécoises a défendu, avec une certaine nuance, la parité dans le monde de la musique au Québec sur le plateau de Tout le monde en parle, dimanche soir.

Mara Tremblay, Fanny Bloom et Andréanne A. Malette, qui feront toutes trois partie de la 30e mouture des FrancoFolies de Montréal en juin, réagissaient aux récents propos tenus par Louis-Jean Cormier, qui avait déclaré dans La Presse+ être contre la parité dans les festivals, parce qu’il veut faire «passer l’art avant le sexe».

Fanny Bloom a quelque peu donné raison au chanteur, trouvant «étrange» l’idée «qu’il faut 50% de femmes, 50% d’hommes». Selon elle, il «ne voulait pas mettre d’emphase sur le sexe, mais plus sur le talent».

La chanteuse, dont le plus récent album Liqueur vient de paraître, juge toutefois qu’il faut poser des gestes concrets pour parvenir à cette parité «pour qu’éventuellement, on ne se la pose plus, la question, et que ce soit normal pour les enfants de voir autant de femmes faire de la musique que d’hommes», a-elle conclu.

«La musique de femmes, dans ma tête et dans mon cœur, est plus colorée que la musique d’hommes», a résumé Mara Tremblay, qui a même constaté avoir davantage d’employées que d’employés dans ses équipes.

Une chose est certaine pour celle qui roule sa bosse sur la scène musicale depuis une trentaine d’années: «On n’est vraiment pas rendu au maximum de ce que les femmes peuvent offrir en matière de musique, de créativité et de divertissement.» Selon la chanteuse, la parité a sa place dans les festivals de musique, pour s’assurer que les femmes soient «montrées, vues et appréciées.»

«C’est le mot exiger que j’aime moins», a tenu à ajouter pour sa part Andréanne A. Malette, qui ne veut pas voir de quotas être imposés aux festivals. «Si j’apprends que je suis là pour une raison de quotas, ça ne me fait pas plaisir, a précisé l’ancienne de Star Académie. Je ne veux pas être là parce que je suis une fille. Je veux être là parce que j’ai du talent, parce que les promoteurs considèrent qu’il va y avoir des gens qui vont venir voir le spectacle.»

«Industrie difficile»
Mara Tremblay, qui vient de sortir Cassiopée, un septième album en carrière, a dit dimanche soir avoir les larmes aux yeux en pensant à l’immensité du travail accompli.

«J’emprunte un chemin à moi, qui m’appartient», a dit la chanteuse en décrivant son processus de création durant lequel elle s’est trouvée «seule face à l’immensité de l’univers».

Pas tout à fait seule, au fond, puisque ses fils Victor et Édouard ont contribué et composé des chansons pour cet album.

La chanteuse, qui a le soutien d’Audiogram depuis la parution de son premier album, Le Chihuahua, a dit en toute honnêteté trouver l’industrie de la musique québécoise difficile.

«C’est difficile de se dire qu’après 20 ans, t’es dans les mêmes salles, même dans des salles plus difficile à remplir. Ce n’est pas parce que je ne suis pas bonne, a-t-elle blagué. Je sais que je suis bonne. Mais l’industrie est difficile, et je trouve ça difficile de persévérer.»

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