Jean-Claude Lother/Canal+ Baron noir met en vedette Kad Merad (Bienvenue chez les Ch’tis, Les choristes) dans le rôle de Philippe Rickwaert, député-maire de Dunkerque et personnage important du Parti socialiste français.

Baron noir fait partie des séries à ne pas manquer ce printemps. Diffusée au Québec à partir de lundi sur la chaîne Canal+ International, elle décortique les rouages de la politique française dans un climat de fortes tensions.

House of Cards, Borgen, Scandal – les séries politiques se sont multipliées sur les écrans ces dernières années, témoignant de l’intérêt du public pour les coulisses du pouvoir. Mais il n’y en avait pas en France, comme l’explique en entrevue le producteur et ancien critique de cinéma Thomas Bourguignon. «Il est très sain, dans une démocratie, de parler des élites et de critiquer le pouvoir.»

Filmé comme un thriller par Ziad Doueiri, fort d’une nomination aux Oscars pour son film L’Insulte, Baron noir épouse cette tendance en suivant le duel implacable que se livrent le député-maire de Dunkerque (Kad Merad) et son ex-allié devenu président de la république (Niels 
Arestrup).

Trahisons, stratégies, corruption, tous les ingrédients sont là pour tenir en haleine les spectateurs.

Et pour la première fois, de vrais noms de partis politiques sont utilisés. «On voulait un effet de réel très fort, décrire un parti de l’intérieur. Le Parti socialiste a cette volonté de transformer la société de manière idéaliste qu’il est intéressant de voir se confronter au réel.»

La série, vendue dans une quarantaine de pays 
et récompensée du prix 
Duo TV auteur-producteur aux 24es Trophées du Film français, se démarque par un fascinant jeu de comparaison entre les personnages de fiction et les véritables hommes politiques français.

Le «baron noir» est ainsi un mélange de l’ex-président Nicolas Sarkozy, l’actuel conseiller régional d’Île-de-France Julien Dray et certains hommes de gauche, explique M. Bourguignon.

Il faut dire que les deux scénaristes, Éric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, maîtrisent plutôt bien leur sujet, le premier ayant été militant au Parti socialiste et collaborateur de Julien Dray et de Jean-Luc Mélenchon, qu’on peut aussi deviner dans l’un des personnages.

Si, dès les premiers épisodes, la série se signale par son atmosphère anxiogène, elle se distingue aussi par sa facture cinématographique.

Ancien assistant de Quentin Tarantino, Ziad Doueiri s’arme d’une caméra nerveuse, au plus près des visages – et donc des émotions – pour mieux immerger le spectateur et l’entraîner au cœur de l’action, sur le terrain.

La série a profité de l’un des plus importants budgets de production de la télévision française: 11 M€ (17 M$) au total. «C’est un gros paquebot : plus de 2 000 figurants, des centaines d’acteurs, de décors, c’est comme être à la tête d’une armée!» raconte M. Bourguignon.

L’influence des événements réels au cours de l’écriture a constitué l’autre grand défi de l’équipe : il y a eu l’attentat au Bataclan, l’élection d’Emmanuel Macron, l’échec du bipartisme.

«Les séries politiques doivent évoluer en même temps que la société, explique le producteur Il faut donc réussir à s’adapter.»

Baron noir
Sur Canal+ International
Dès le lundi 16 avril

 

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