Getty Images George Ezra est en tournée nord-américaine jusqu’en mai.

À l’été 2015, tout le monde chantait le mégasuccès de George Ezra, Budapest. Le jeune chanteur britannique a fait le tour des festivals et a même charmé les Montréalais à Osheaga. Il a foulé les planches des salles de spectacles du monde entier. Puis, on n’a plus entendu parler de lui. Jusqu’à son grand retour.

George Ezra a lancé à la fin de l’hiver un deuxième opus, Staying at Tamara’s, qui était très (très!) attendu. La preuve? Ç’a été l’album le plus vendu au Royaume-Uni lors de sa sortie. Comme quoi le chanteur n’était pas qu’un one-hit wonder. Fiou.

Staying at Tamara’s regorge de soleil, de joie de vivre, d’amour, d’espoir. Ce nouvel opus est-il un peu comme un remède pour un monde qui va vraiment mal? «C’est vraiment une belle façon de voir ça. J’adore. On devrait mettre ça sur une carte postale», s’est exclamé le chanteur lors d’un entretien avec Métro vendredi, la veille de son passage au Corona.

«J’ai été en tournée pendant deux ans avec le premier album. Quand on est en tournée, on vit dans une bulle. Même si on essaie fort de s’en sortir, on est totalement déconnecté des petites choses. On ne cuisine jamais, on se déplace tout le temps.» Lorsqu’il a finalement déposé ses valises à la maison, en Angleterre, George Ezra était déboussolé. «C’était la première fois de ma vie que je recevais des nouvelles de dernière heure sur mon téléphone et… je ne réagissais pas super bien», se souvient-il. Mais il finit par mettre un mot sur ses sentiments: anxiété.

«C’est comme si j’avais vécu dans un monde imaginaire où tout était parfait. Puis, une fois de retour à la maison, j’ai essayé d’écrire des chansons et j’ai eu beaucoup de difficulté. En allant me coucher le soir, j’avais l’impression de n’avoir rien fait.»

Alors qu’il était dans cet état d’esprit un peu déconcertant, George Ezra a compris quelque chose: «J’ai vraiment de la difficulté à être créatif quand je suis à la maison, dans ma zone de confort, entouré de visages familiers. Ce sont des distractions pour moi. Tout est beaucoup trop confortable, donc je deviens moins créatif.» C’est là qu’est entrée en scène la fameuse Tamara du titre de l’album.
George Ezra a plié bagage et s’est rendu à Barcelone, en Espagne, pour tenter de se remettre à l’écriture. Il a décidé de louer une chambre chez une inconnue : Tamara. Même si elle n’a pas été à proprement dit son inspiration pour cet album, c’est le moment qu’il a passé là-bas qui a su réveiller sa créativité. Au fait, Tamara a-t-elle entendu l’album? «Je ne sais pas. Nous ne sommes pas en contact. Je devrais d’ailleurs lui envoyer une copie signée. Je veux la remercier.»

«Je ne me suis jamais dit que ça allait de soi. J’étais conscient que c’était exceptionnel, que c’était une situation incroyable.» – George Ezra, chanteur, au sujet du succès de sa chanson Budapest en 2015

Staying at Tamara’s est donc rempli de puissants hymnes au bonheur, comme Pretty Shining People (où il constate que l’époque actuelle est «a terrible time to be alive if you’re prone to overthinking») et Paradise, par exemple. Get Away est un doigt d’honneur à l’anxiété. Hold My Girl est une jolie ballade pleine d’espoir pour ces moments plus difficiles.

Le chanteur avait-il besoin d’écrire ces chansons-là pour se vider le cœur ? «J’écris pour moi, c’est sûr. Mais il y a maintenant une différence, parce que j’ai été en tournée longtemps, et je sais ce que ça fait de chanter une chanson devant une foule et que tout le monde la chante avec toi.» C’est donc un peu pour lui et un peu pour que ça rejoigne aussi les fans.

D’ailleurs, ses deux chansons préférées sur scène sont encore Blame It On Me et Budapest. «Toute la salle les connaît. C’est la même chose maintenant avec Paradise. Je l’ai écrite pour moi, mais j’étais probablement plus conscient de ce qui allait fonctionner.»
Et après plusieurs écoutes de son nouvel opus, on constate que George Ezra a percé le mystère de la chanson catchy. Comment réussit-il à créer des pièces dont on se souvient après une seule écoute? «Je pense que j’ai écrit le deuxième album de façon à ce que les chansons soient invitantes à chanter ensemble. Je pense que ça va aussi de soi avec le message de l’album.»

Mais encore? «Ce que j’aime bien, c’est que le pré-refrain soit aussi accrocheur qu’un refrain. On essaie d’ajouter le plus d’éléments accrocheurs possible sans que ça devienne horrible. C’est ce que j’essaie de faire.»

Et ce petit air vintage qui teinte ses chansons, ses vidéoclips et même son look, d’où vient-il? «J’écris naturellement de cette façon parce que c’est ce que j’écoutais quand j’étais jeune. Je pense qu’on essaie toujours un peu d’imiter la musique qu’on aimait quand on était petit. Ce n’est pas forcé, ce n’est pas conscient.» Une vieille âme de 24 ans, donc? «J’aime croire que oui.»

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