Ryan Remiorz / La Presse canadienne Le nouveau copropriétaire de Juste pour rire, Howie Mandel

MONTRÉAL — Le festival Juste pour rire va déployer ses petits bonshommes verts et ses artistes au centre-ville de Montréal comme par les années passées, et il a dévoilé mercredi toute sa programmation pour l’événement qui aura lieu du 14 au 29 juillet.

«Si vous pensiez que nous n’étions pas là, c’est faux! Nous sommes là et plus grands que jamais!», a lancé Patrick Rozon, porte-parole du festival, lors de son lancement officiel pour l’été 2018.

Après une année passée dans la tourmente, la 36e édition du festival se veut sous le signe du renouveau, avec son lot de galas et de spectacles solos arborant des têtes d’affiche de l’humour comme Laurent Paquin, Mike Ward, Les Denis Drolet, Korine Côté, Jean-Thomas Jobin, Phillipe-Audrey Larrue-St-Jacques et Jean-Marc Parent.

Mais comme c’était le cas auparavant, Juste pour rire ne se résume pas à des spectacles en salles.

Une imposante cohorte d’artistes animeront les rues, humour et musique au menu, et des spectacles de fin de soirée ont été intégrés pour les festivaliers qui veulent continuer à fêter, ont annoncé les organisateurs, mercredi matin au Club Soda à Montréal, avec un lancement qui rassemblait pour la première fois l’édition francophone du festival et son pendant anglophone Just for Laughs

Plus de 300 spectacles extérieurs envahiront le centre-ville de Montréal, précise-t-on, dont celui des Beach Boys le 23 juillet.

La traditionnelle journée des jumeaux sera de retour, tout comme le village gourmand «Bouffons Montréal». Des artistes français seront de la partie: Bun Hay Mean qui présentera son spectacle Chinois Marrant et Paul Taylor qui offrira #Franglais, qui était à guichets fermés à Paris, a souligné M. Rozon.

Et pour la première fois, le festival accueillera des galas de lutte professionnelle.

Quant au volet en anglais, il regorge d’artistes: la liste inclut Tiffany Haddish, Trevor Noah, Iliza, Russels Peters, David Cross et le copropriétaire de Juste pour rire, Howie Mandel lui-même.

Juste pour rire a subi les conséquences des accusations d’agression et de harcèlement sexuel portées par plusieurs femmes contre Gilbert Rozon, le grand patron de l’entreprise, en octobre dernier. Celui-ci a vendu peu de temps après Le Groupe juste pour rire à ICM Partners, une entreprise américaine, et à Howie Mandel, qui présentent ainsi leur première mouture. Gilbert Rozon nie les allégations formulées contre lui.

Le scandale ne fut que brièvement évoqué lors du lancement, mercredi.

«Pour ceux qui le savent pas, je m’appelle Patrick Rozon. Vous pouvez m’appeler Patrick», a-t-il lancé à la blague, pour se distancier du fondateur de Juste pour rire, son cousin Gilbert Rozon avec qui il partage le même nom de famille.

Il a tenu à remercier les artistes et les employés «qui ont su garder cette confiance» envers l’entreprise et ses réalisations.

Pour Howie Mandel, Juste pour rire demeure le plus imposant festival d’humour au monde. Et il est d’avis que son côté français est le plus important.

Mais les humoristes devront jouer du coude cet été dans la métropole.

Car Juste pour rire aura lieu tout de suite après — et avec deux jours de chevauchement — Le Grand Montréal Comédie Fest, qui se déroulera du 1er au 15 juillet

Le petit dernier des festivals a été mis sur pied par un groupe d’humoristes après que Gilbert Rozon eut quitté le bateau et annoncé la mise en vente de Juste pour rire. Certains voulaient aussi prendre leurs distances par rapport à l’ex-grand patron de l’événement estival.

Patrick Rozon ne croit pas que cet autre festival va leur faire ombrage. Il y a de la place pour plus d’un événement d’humour à Montréal, croit-il. Et puis, cela ne les a pas empêchés de recruter les artistes de leur choix: sans contrats d’exclusivité, certains humoristes participent même aux deux, a-t-il fait remarquer. Le Grand Montréal Comédie Fest les a toutefois devancés, en dévoilant sa programmation au début du mois.

Juste pour rire est d’ailleurs prêt à discuter avec l’autre festival et à collaborer, notamment pour le choix des dates, un élément crucial dans un calendrier estival bondé, dit-il.

M. Rozon se dit certain que les festivaliers ne vont pas confondre les deux événements: Juste pour rire compte de nombreux spectacles de rue et une panoplie d’artistes internationaux.

Si l’année a été dure «médiatiquement», notamment pour les employés, dit-il, elle a aussi bousculé les choses — pour le mieux.

«On avait déjà entamé le travail de se réinventer en tant que festival, et on l’a poussé encore plus loin. Et les artistes ont embarqué là-dedans», dit-il.

Et puis, Juste pour rire va bénéficier des atouts de son nouveau propriétaire, ICM Partners, qui «a un côté international fort» — dont des partenaires mondiaux qui vont venir couvrir l’événement francophone — «dont on va se servir pour que Montréal reste la capitale de l’humour», fait valoir M. Rozon.

D’autres spectacles de Juste pour rire naviguent aussi en bordure du festival cet été: on parle notamment de la comédie musicale «Fame», la pièce de théâtre «Edmond», mise en scène par Serge Denoncourt, et «Les Choristes», adapté du film à succès du même nom.

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!