Collaboration spéciale Karina Mariano et Zoë Brown, cofondatrices du MUFF.

Pour la 13e année, le MUFF (Montreal Underground Film Festival) célébrera pendant trois jours des films underground à petit budget, éloignés du cinéma traditionnel.

De vendredi à dimanche, le MUFF présentera 68 courts et moyens métrages atypiques au Microcinema [ÊTRE] à Montréal. Au programme: des expérimentations formelles, de l’horreur et des œuvres très personnelles.

«On choisit des films qui expérimentent sur le contenu et sur la forme, explique Annaëlle Winand, programmatrice au MUFF depuis 2014. Ils présentent une chronologie bouleversée, des angles inattendus, et jouent avec les attentes des spectateurs, la manière de raconter une histoire ou encore le grain, la texture et les supports comme la pellicule ou le numérique.»

À ses côtés à la programmation : Anne Golden, Mario DeGiglio-Bellemare, Kristopher Woofter et Eva Létourneau. Les cinq cinéphiles perpétuent l’objectif qu’avaient Karina Mariano et Zoë Brown lorsqu’elles ont créé le festival en 2006: projeter des films sortant de l’ordinaire, et qui ne sollicitent ni de près ni de loin l’industrie commerciale.

«L’idée est de briser les normes et de sortir des cadres du cinéma populaire, explique Karina Mariano. On est intéressés par des artistes qui utilisent l’art pour communiquer des choses authentiques, sans être limités par un producteur ou un diffuseur qui veut que le film reste vendable.»

Cette année, le MUFF proposera notamment deux soirées de films documentaires de forme non traditionnelle : Portraits expérimentaux et Empreintes: documenter les paysages. Par exemple, 96000 CAMERAS du Portugais José Simões ou Street of Death du Libanais Karam Ghossein font fi d’une narration classique. «Le premier est axé sur la sensation et les images, renseigne Annaëlle Winand. Le deuxième raconte l’histoire de motards au Liban; c’est violent, surréaliste et intense.»

Parmi les autres soirées, Effroi de minuit présentera des films d’horreur méditatifs et angoissants. «Dans cette section, The Order of the Orchid d’Alex Italics propose par exemple un travail magnifique et avant-gardiste sur la couleur», indique la programmatrice Anne Golden.
La soirée Dangereuses immersions proposera quant à elle des films très expérimentaux et immersifs, qui jouent sur les supports filmiques.

Enfin, Des fleurs au clown: un programme de rasage virtuel en neuf étapes à la recherche de l’amour, offrira une série de bizarreries mêlant horreur et pornographie, animation démodée et réalité virtuelle. «Le festival est comme une cascade d’images que les spectateurs doivent laisser “cascader” sur eux sans avoir d’attentes, ouverts aux idées des cinéastes, conclut Anne Golden. Certaines œuvres vont leur parler, mais d’une autre façon que le cinéma traditionnel.»

«On est intéressés par des artistes qui ont la maîtrise de leur démarche artistique et qui utilisent l’art pour communiquer des choses authentiques.» –Karina Mariano, cofondatrice du MUFF

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