Jean-François Lesage/Les Films du 3 mars Le cinéaste a passé 40 jours dans la forêt, sur le bord d’une rivière à observer les passants.

L’angoisse, la beauté et le mystère sont à la source de La rivière cachée, la nouvelle expérience sensorielle de Jean-François Lesage qui arrive en salle vendredi.

On plonge dans ce documentaire de création avec une certaine volupté. Un paradis sauvage et inquiétant à ses heures se dévoile graduellement, au même titre que les personnes qui viennent s’y baigner. Des banalités d’usage, les échanges coulent vers des sujets essentiels.

«Je ne passe pas des jours à créer des liens avec les personnes que je vais filmer, admet le cinéaste en entrevue. Les gens arrivent cette journée-là, on tourne pendant cinq heures et c’est souvent à la fin de la troisième heure, lorsqu’ils sont un peu plus à l’aise, qu’ils nous donnent accès à des moments privilégiés.»

Le metteur en scène est resté 40 jours dans cette forêt, au bord d’une rivière reculée de la Gaspésie, retenant pour l’essai huit rencontres parmi une centaine de participants.

Des enfants se posent ainsi quantité de questions, des adultes essayent d’apporter du sens à leur vie et il y a ce couple qui s’avoue devant wle réalisateur que tout n’est pas au beau fixe. Un moment précieux et charnière.

«Ce que j’aime dans le documentaire, c’est que le matériau est le réel. C’est très souvent imprévisible et original, parsemé de surprises étonnantes.» – Jean-François Lesage, réalisateur de La rivière cachée

À l’image de ses précédentes créations Un amour d’été et Conte du Mile End, ou même du Laylou de son frangin Philippe Lesage, Jean-François Lesage continue avec La rivière cachée à développer des atmosphères uniques, gorgées de lumières cinématographiques. Les longs plans offrent une fluidité dans les mouvements, alors que le rythme lent permet à cette nature ambiante de véritablement respirer.

«J’ai vécu six ans en Chine, où il y a une façon un peu frontale de contempler la nature, explique celui qui a côtoyé l’immense cinéaste Wang Bing. Il y a cette idée que le vide dans les plans, ça peut être un lieu de transformation, où il peut se passer des choses. Il y a quelque chose dans le fait de poser un trépied et de fixer une rivière pendant de longues minutes. C’est une façon d’appréhender le monde, d’être dans un état de très grande réceptivité et d’être ouvert à l’inconnu, à ce qui pourrait surgir.»

Tout autour de soi
La rivière cachée s’ouvre sur une scène magnifique. Une femme en maillot de bain tente de se frayer un chemin au sein d’un paysage menaçant. Un long plan fascinant où la nature environnante et la musique angoissante d’Henryk Gorecki semblent la guider inlassablement.

«Ça faisait quatre heures que je filmais un groupe et je commençais à me lasser de la conversation, relate le cinéaste Jean-François Lesage. J’ai tourné la caméra à 180 degrés et je suis tombé sur cette femme qui descendait les rochers. Parfois, on fait juste tourner la caméra de l’autre côté et on obtient quelque chose d’extraordinaire. C’est le contrechamp qui est intéressant.»

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