Martha Bevacqua/Collaboration spéciale Claire Pommet, alias Pomme

Guitare sous le bras, Claire Pommet sillonne les scènes de la France et du Québec depuis l’âge de 15 ans. Sa voix et sa plume d’une maturité désarmante lui ont rapidement valu le titre de révélation de la chanson française.

Sur son premier album, intitulé À peu près, celle qui se produit sur scène sous le nom de Pomme aborde le début de la vingtaine avec une poésie à la fois émancipée et touchante.

En 2015, la chanteuse lyonnaise a lancé une première chanson, J’suis pas dupe, complétée par un premier EP, En cavale, l’année suivante.

Sur des mélodies aux airs de robe à fleurs, elle chante au rythme des saisons: le printemps des amours naissantes, puis l’hiver des chagrins du cœur. À peu près reprend la même prémisse, cette fois-ci plus épanouie, plus recherchée. «Ça parle toujours d’amour mais aussi de la nature éphémère des relations humaines.»

«J’ai compris que je peux être indépendante, que je peux avoir le choix plutôt que d’être coincée.» -Pomme

Claire Pommet a une maturité que possèdent peu de musiciens de son âge. «J’ai la chance d’avoir commencé jeune et d’avoir ainsi acquis une certaine lucidité», avoue-t-elle. Or, elle ne regrette pas les sacrifices demandés par le métier.

«Je n’ai pas eu une adolescence classique. C’était un choix d’organiser mon parcours autour de la musique, de ne pas faire la fête autant que mes amis, par exemple.»

Claire Pommet ne crée pas avec l’intention de transmettre un message, même si elle dit recevoir beaucoup de lettres de filles et de garçons qui se reconnaissent dans ses paroles. Et pour cause.

«Mes chansons parlent de la fragilité du début de l’âge adulte, de la pression des nouvelles responsabilités, de devoir gérer tous ces changements en même temps.»

Sa démarche est plutôt thérapeutique. «Écrire signifie pour moi saisir et me rassurer sur des aspects de la vie que je ne comprends pas.»

Une nouvelle génération de musiciennes indépendantes
Depuis la sortie d’À peu près, Claire Pommet continue d’écrire à profusion et de donner des concerts. À la tête de sa propre boîte de production depuis bientôt un mois, elle incarne une relève féminine affranchie des diktats sexistes et du monopole des majors de l’industrie musicale.

L’auteure-compositrice-interprète a toujours eu la fibre entrepreneuriale. C’est le terreau fertile du Québec pour la musique indépendante qui a fini de la convaincre de se lancer.

«En France, les choses sont heureusement en train de changer, mais on a encore beaucoup de chemin à faire.»

Elle admire aussi la musique d’ici pour l’importance donnée aux voix des femmes et pour la détermination qu’elles ont de se faire entendre.

«À mes débuts, j’avais l’impression de toujours devoir faire mes preuves. J’étais exclusivement entourée d’hommes plus vieux qui me dictaient quoi faire. Ces dernières années, j’ai réussi à me libérer de l’idée que je n’avais pas d’avis, que je ne savais pas ce que je voulais faire.»

Pomme partage maintenant son temps entre Paris et Montréal pour cultiver de nombreuses amitiés avec des musiciens québécois comme Philémon Cimon, les sœurs Boulay et Safia Nolin.

La version bonifiée de son album compte d’ailleurs quelques enregistrements avec ceux-ci, dont une reprise de Pauline avec Fanny Bloom – son hommage à la Jolene de Dolly Parton, une de ses inspirations.

Les tournées s’alignent jusqu’en avril 2019 pour promouvoir À peu près. En plus de ses deux présences aux Francos, elle sera de retour le 21 juillet à l’intime Chapelle du Rang 1 de Lac-Mégantic. D’autres dates à confirmer sont prévues en novembre un  peu partout au Québec.

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