Musée des Beaux-Arts

Cette semaine, Métro craque pour Picasso décolonisé, Rapkeb Allstarz, Toup Pou Yo, L’Impératrice, Ma grande, la saison 2 
de Dirk Gently, Hereditary.

1. Picasso décolonisé
Dans une scénographie audacieuse, le Musée des beaux-arts a adapté une exposition organisée par le Musée du quai Branly – Jacques Chirac, à Paris, qui présente Picasso en relation avec des artistes africains pré et post-coloniaux, pour la plupart anonymes. L’immense influence qu’a eue leur art sur l’œuvre du peintre cubiste avait jusqu’ici été ignorée. D’Afrique aux Amériques : Picasso en face-à-face, d’hier à aujourd’hui présente des pièces de Picasso et des sculptures africaines mettant en évidence le caractère artistique (et pas seulement ethnographique) de ces œuvres pillées et retirées de leur contexte originel par les puissances coloniales, ainsi que la choquante similitude avec les peintures acclamées du maître espagnol. L’exposition est aussi entrecoupée d’œuvres d’artistes noirs contemporains, qui ouvrent la voie vers une histoire de l’art à repenser de manière plus universelle. Il s’agit réellement ici d’une nouvelle époque qui commence, celle de la reconnaissance de l’art qu’on qualifiait autrefois de «primitif». –Alexis Boulianne

2. Rapkeb Allstarz
Demain, les amateurs de hip-hop québécois seront servis aux Francos de Montréal avec le concert spécial Rapkeb Allstarz, qui rassemble une liste impressionnante de gros noms et d’étoiles montantes du rap québécois. Dead Obies, Koriass, Lary Kidd, FouKi, Brown et Alaclair Ensemble seront tous de la partie dans ce qui s’annonce un énorme party sur la place des Festivals. Une belle façon de laisser la place aux jeunes avant de rendre hommage aux plus vieux (Jacques Higelin et Luc Plamondon), le lendemain en clôture. Samedi 21 h sur la scène Bell. –Philippe Lemelin

3. Toup Pou Yo
Juste à temps pour le début de la Coupe du monde de soccer, L’instant podium, la balado sportive de Radio-Canada, a produit de nouveaux épisodes sur l’histoire du beau jeu. Toup Pou Yo : quand Haïti a tenu tête à l’Italie à la Coupe du monde relate l’étonnant parcours de la sélection haïtienne au Mondial 1974. Qualifiés à l’époque où le tournoi n’accueillait que 16 équipes, les Grenadiers ont surpris le monde entier en prenant les devants face à la toute-puissante Italie lors de leur premier match. Si la logique a prévalu par la suite, l’histoire de cette génération dorée du foot haïtien, brillamment racontée en 30 minutes par le journaliste Jacques-Alexis Bernardin, mérite d’être entendue. 
Sur ICI Radio-Canada Première. –Benoit Valois-Nadeau

4. L’Impératrice
Le premier album du groupe de funk français L’Impératrice, intitulé Matahari, vaut absolument le détour. Le sextuor parisien, dont l’album est paru plus tôt cette année, a été une véritable révélation aux Francos lorsqu’il a joué aux côtés des excellents Feu ! Chatterton au MTelus Métropolis mercredi. Le rythme accrocheur ne peut que faire danser; c’est tout simplement impossible de rester de glace devant leurs riffs de basse endiablés. Les pièces instrumentales sont une belle surprise qui montre la force et la chimie unissant les musiciens. –Philippe Lemelin

5. Ma grande
On aime la prose précise de Claire Castillon. Que ce soit quand elle écrit des nouvelles (Insecte, Rebelles) ou des romans (Eux). Son plus récent titre, Ma grande, est tout simplement glaçant. L’auteure française y fait la radiographie d’un couple où le poison, c’est la femme. Une chipie, aigrie, violente, manipulatrice, qui pourrit la vie de son mari (un peu mou, on va l’admettre) et de sa fille. Le récit commence là où ça finit; quand il commet l’irréparable. Aux éditions Gallimard. –Jessica Dostie

6. La saison 2 
de Dirk Gently
La première saison avait bien su projeter l’univers déjanté de Dirk Gently’s Holistic Detective Agency, à la base une série de romans de Douglas Adams. Mais la deuxième atteint un niveau d’excentricité supérieur. Au monde terrien de Dirk (l’hilarant Samuel Barnett), de Todd (Elijah Wood) et de Farah (Jade Eshete), un trio qui doit lutter contre une branche gouvernementale secrète en menant une enquête bizarre où «tout est connecté» – cette fois-ci dans un patelin du Montana –, s’ajoute le monde magique de Wendimoor, avec ses habitants aux cheveux roses, ses ciseaux géants en guise d’épées et sa gentille sorcière Wakti Wapnasi. Les dialogues semblent n’avoir ni queue ni tête et pourtant, tout fonctionne : faut simplement embarquer! Sur Netflix. –Baptiste Barbe

7. Hereditary
Troublant. Inquiétant. Bouleversant… et vraiment très, très épeurant. Les mots ne manquent pas pour décrire l’effet que produit Hereditary (Héréditaire en version française) sur les spectateurs. Dépassant le simple film d’horreur, le premier long métrage d’Ari Aster plonge dans des zones obscures où se croisent deuil, tragédies familiales et spiritisme. Préférant la carte de la subtilité à celle de l’esbroufe, le réalisateur et scénariste bâtit patiemment l’histoire de cette famille endeuillée (menée par l’excellente Toni Collette) qui voit son univers voler en éclats. L’hallucinante séquence finale vaut le visionnement à elle seule. En salle. –Benoit Valois-Nadeau

Et on se désole pour

La politique culturelle 
du Québec
Comprenons-nous bien. On ne peut que saluer la mise à jour de la politique culturelle du gouvernement québécois (la dernière datait de 1992, autant dire de l’âge de pierre dans un univers où le numérique fait maintenant la loi) et les investissements de 600 M$ sur cinq ans qui y sont associés. Toutefois, on peut se questionner sur le moment choisi par la ministre de la Culture Marie Montpetit pour finalement la dévoiler (en précampagne électorale, et surtout quatre ans après l’entrée en fonction du gouvernement Couillard) et sur sa pérennité. Qu’adviendra-t-il en cas de changement de gouvernement le 1er octobre prochain? Le mystère (et l’incertitude du milieu culturel) perdure. –Benoit Valois-Nadeau

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