Josie Desmarais/Métro Mathieu Quesnel avec Julien Corriveau, membre des Appendices

Les Appendices revisiteront l’adaptation québécoise du film culte Slap Shot durant une lecture publique, dans le cadre du festival Juste pour rire. Métro a rencontré l’Appendice Julien Corriveau et le metteur en scène Mathieu Quesnel autour d’un «Coke et d’une orangeade» (mais pas d’une «ostie de root beer»).

À partir du scénario original et de sa traduction en joual, les membres du groupe humoristique feront revivre à leur manière déjantée les frères Hanson et leurs célèbres fonds de bouteille, le joueur-entraîneur Reggie Dunlop (incarné à l’écran par un Paul Newman alors au faîte de sa gloire), Dave «Killer» Carlson, le gardien Denis Lemieux et d’autres illustres membres des Chiefs de Charlestown, équipe de hockey mineur qui décide de miser sur la violence pour attirer les foules.

À première vue, l’association entre cette comédie sportive grivoise et l’humour absurde des Appendices n’est pas évidente (outre évidemment les lunettes).

«Il y a effectivement un décalage comique à faire jouer un film de sport par les Appendices. C’est un film qui renferme beaucoup de personnages marquants, surtout dans la façon dont ils ont été traduits à la québécoise. Sur ce plan-là, ça rejoint notre humour, qui se base aussi beaucoup sur les personnages, explique Julien Corriveau.

«Il faut dire que nous avons aussi donné dans la vulgarité. On ne sera pas dépaysé sur ce plan-là. Et on peut aussi aller chercher quelque chose de nouveau, un sens qui n’était pas présent à l’écran. C’est ce qui est intéressant avec le côté intellectuel des Appendices. On peut trouver un côté cérébral à ce film-là.»

La production originale de 1977 est en effet plus reconnue pour les nombreuses commotions cérébrales subies par ses protagonistes que pour sa cérébralité.

«Il y a tout de même une dimension critique par rapport à l’hyperviolence au hockey, fait remarquer Mathieu Quesnel. C’est sûr que ça demeure un film qui pèse sur le gaz de la vulgarité. Mais comme ils y vont à fond, ça devient dénonciateur. C’est franc, c’est que j’aime de ce texte.»

Les nombreuses répliques cultes du film (que la décence nous empêche malheureusement de reproduire ici) seront évidemment de la partie, n’en déplaise aux oreilles sensibles.

«J’ai hâte de voir comment certains dialogues vont résonner, avoue celui qui est également directeur artistique du volet théâtral du ZooFest. Il y a certaines répliques extrêmement misogynes qui ne se disent plus de nos jours… mais je tiens à ce qu’on les conserve!»

«Le film a été fait à une époque où le politically correct était bien moins présent qu’aujourd’hui, ajoute Julien Corriveau. Il s’agit de voir comment on va traiter ces répliques. Je pense qu’avec un deuxième degré, ça va être le fun d’y aller sans retenue.»

«Les artisans de Slap Shot se sont permis une liberté qu’on voit rarement dans le cinéma professionnel.» – Le metteur en scène Mathieu Quesnel. Pour l’anecdote, le doublage de Slap Shot a été confié au comédien d’origine française Hubert Fielden. Celui qui a plus tard enseigné à Mathieu Quesnel au Conservatoire d’art dramatique de Montréal a opté pour une adaptation en «québécois», une première à l’époque.

Présenté dans le cadre des Grandes Lectures, une nouvelle série qui veut rendre hommage aux grands succès du cinéma international traduits au Québec, le spectacle est aussi un moyen de revisiter un film-culte.

«Le défi, c’est que les gens retrouvent les répliques qu’ils aiment de Slap Shot, mais qu’on leur propose aussi un film qui n’est pas qu’une banale relecture ou une imitation», souligne Julien Corriveau.

Reggie Dunlop (doublé au Québec par Benoît Marleau) pourrait-il donc croiser sur scène les non moins célèbres Monsieur Mousteille et Señor Puel? Tout est possible pour l’instant, les artistes gardant toutes les options ouvertes à trois semaines de la représentation.

«C’est une occasion d’exploiter certains personnages, d’en ajouter et d’en créer de nouveaux», résume l’interprète de Chandail de loup.

Retrouvailles
La relecture de Slap Shot est aussi un moyen pour les Appendices de se retrouver, eux qui ont fait le bonheur des téléspectateurs de Télé-Québec pendant neuf saisons.

«On a accepté le projet d’abord parce qu’on avait envie de se revoir, confie Julien Corriveau. Ça faisait longtemps qu’on avait travaillé ensemble [depuis le spécial pour les 50 ans de Télé-Québec diffusé en février dernier] et on trouvait que c’était l’occasion de faire quelque chose de tripant ensemble.»

«En ce moment, on est en quête de nos projets futurs. Nos carrières individuelles vont bien. C’est ce à quoi on a travaillé dans la dernière année. On a aussi des projets de films et de télé ensemble. La scène? On verra après ce show si l’intérêt est là.»

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