Josie Desmarais Dominique Petrin

Beau temps, mauvais temps, la Galerie blanc expose 365 jours par année de l’art contemporain au cœur du Village. Savant mélange de culture numérique, d’art populaire et de peinture ancienne, la nouvelle exposition Juxtaposition interroge la condition humaine à travers les époques.

Sur la rue Sainte-Catherine, entre les stations Berri-UQAM et Beaudry, la brique immaculée de la Galerie blanc contraste joliment avec 
l’effervescence du Village gai de Montréal.

Les œuvres, elles, sont toutefois aussi éclectiques que le quartier qui les abrite. «L’idée était de mettre en valeur des œuvres en créant un décor minimaliste qui ne se perdrait pas dans le bruit visuel de la ville», explique Nicolas Denicourt, commissaire de l’exposition.

Le commissaire indépendant a jeté son dévolu sur cinq jeunes artistes travaillant des médiums aussi variés que le collage, la sérigraphie et le gif animé.

Il a pris soin de choisir plusieurs oeuvres qui font réfléchir par le biais de l’humour : «C’est important de se poser des questions devant une œuvre d’art, mais dans l’ambiance festive du quartier, les gens ont davantage envie d’avoir du plaisir et de se détendre que dans une galerie ou un musée traditionnel.»

Accessible à toute heure de la journée, la galerie à ciel ouvert ne fait pas relâche pendant les saisons plus froides.
L’hiver, des préposés ouvrent des sentiers dans la neige qui se dépose au sol, et les boîtes qui illuminent les œuvres pendant la nuit sont conçues pour résister aux 
intempéries de notre climat.

Le passé s’invite 
dans le présent
Dans le cube blanc, la plupart des pièces contemporaines s’abreuvent aux classiques de l’histoire de l’art. À l’entrée se trouvent une dizaine d’œuvres provenant de la collection permanente du Musée des beaux-arts de Montréal.

Avec l’application Layar sur un téléphone intelligent, il est possible de voir les tableaux s’animer selon l’imagination de l’artiste James Kerr.

 «J’aime l’idée d’explorer le quotidien de ces époques avec un regard moderne. Où se trouvent les intersections de l’humanité? Avons-nous perdu quoi 
que ce soit? Je ne crois pas.» – James Kerr

«Je suis quelqu’un de 
facilement distrait, et j’aime sauter d’un projet à l’autre, donc les courtes animations me conviennent parfaitement», affirme-t-il. Bien qu’elles soient cocasses, les images critiquent la modernité à travers une 
esthétique classique.

Plus introspectif, l’art de Sony Assu est imprégné de ses expériences en tant qu’Autochtone vivant au sein d’un territoire colonisé. Sur des œuvres d’artistes canadiens célèbres, il colle des symboles issus de sa culture pour questionner le mythe occidental.

Influences millénaires
Les amalgames vont jusqu’à l’époque gréco-romaine. L’Agamemnon du sculpteur espagnol Victor Ochoa trône au centre des tableaux sur le gravier immaculé.

Empruntée à l’Opéra de Montréal, la statue est un plus petit prototype de l’originale, qui mesurait plus de 12 m de haut sur la scène de l’opéra Elektra en 2015.

De son côté, Dominique Pétrin s’inspire de manière similaire des villas romaines de Pompéi pour construire ses sérigraphies domestiques.

«J’y vois beaucoup de parallèles avec ce qui se passe sur les réseaux sociaux, comme l’architecture en trompe-l’œil et le fait d’être constamment en représentation. Dans la Rome antique, les objets de la villa évoquaient et amplifiaient le statut social de la personne qui l’habitait, de la même façon qu’on utilise des filtres sur nos photos pour modifier et contrôler ce qu’on veut projeter», explique-t-elle.

L’artiste autodidacte rapproche également les motifs des mosaïques gréco-romaines des pixels des jeux vidéo. Dans le courant de l’été, elle fera évoluer les œuvres en venant apposer de nouvelles sérigraphies sur celles déjà existantes.

Entièrement financées par la Société de développement commerciale du Village, les expositions de la Galerie blanc complètent la programmation Aires Libres d’œuvres d’art qui jalonnent la rue piétonne Sainte-Catherine Est.

Juxtaposition

À la Galerie blanc (à l’angle de la rue Sainte-Catherine Est et de la rue Wolfe) jusqu’au printemps 2019

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