Radiohead est au sommet de son art, en grande forme et en pleine possession de ses moyens. C’est ce qu’a démontré le mythique groupe britannique à un public comblé au Centre Bell lundi soir.

Pendant près de deux heures et demie, les musiciens se sont livrés corps et âme sur scène, en communion avec un public entièrement conquis.

Nous l’avons été aussi, conquis, dès les premières notes tout en douceur de Daydreaming, tirée du plus récent album du quintette, A Moon Shaped Pool. Les immenses rayons lumineux tournoyant tout lentement dans l’amphithéâtre traduisaient à merveille l’aura rêveuse de la pièce.

Pas d’entrée fracassante sur scène ou d’effets visuels spectaculaires pour les artistes. Et c’est tant mieux; avec leur talent, ils n’en ont aucunement besoin. Un grand écran ovale disposé derrière la scène et quelques jeux d’éclairage suffisent quand on s’appelle Radiohead.

Le groupe a poursuivi son entrée en matière avec une intro acoustique pour Desert Island Disk, du même opus. Puis, soudainement, le spectacle a pris une tournure rock, son qui a marqué l’ensemble de la performance, avec une version hyper rythmée et complètement électrisante de Ful Stop, dont les guitares rappelaient OK Computer.

Les fans qui s’attendaient à retrouver l’ambiance calme et impressionniste d’A Moon Shaped Pool auront été déçus. Le groupe a plutôt puisé dans les grands succès de son répertoire des 20 dernières années pour assembler ce spectacle, mettant à l’honneur plusieurs titres de In Raibows, OK Computer et Hail to the Thief, en plus de son dernier album.

Parmi les moments forts, la version décapante de 2+2=5 et Lotus Flower, durant laquelle la gestuelle de Thom Yorke était à la hauteur de sa danse langoureuse du vidéoclip de la même chanson.

Les cheveux coiffés en chignon et la barbe hirsute, Thom Yorke s’est montré infatigable, se trémoussant du début à la fin de la performance, le tout en alternant entre le clavier, la guitare et le tambourin, toujours en chantant impeccablement.

Impossible de ne pas être envouté devant ses mouvements ondulés lors de Kid A, durant laquelle il n’a fait qu’un avec son tambourin.
Le leader de la formation s’est montré en pleine forme, donc, mais peu bavard, hormis quelques «Merci, merci, merci, thank you, thank you» lancés ici et là.

Quelques moments plus mélodieux nous ont permis de reprendre nos esprits dans cette mer de rock, notamment au cours de All I Need, mise en valeur formidablement au piano. Yorke s’est ensuite assis à ce même instrument pour la douce et envoutante Videotape.

Le groupe a plongé au cœur du grand OK Computer, dont on fêtait les 20 ans l’an dernier, en jouant l’indémodable et majestueuse No Surprises. Les premières notes nous ont fait monter les larmes aux yeux. À entendre les cris de la foule, nous n’étions pas seul à être ému.

Après deux pièces de King of Limbs (Separator et Bloom, pas leurs meilleures, mais toujours exécutées de main de maître), Radiohead s’est mis en mode «dj set» et a transformé le Centre Bell en une immense boîte de nuit le temps d’un remix endiablé d’Everything in its Right Place, tirée de Kid A.

Une jolie transition au piano nous a ensuite amené vers The Numbers. On a apprécié les projections sur l’écran mettant en lumière les prouesses des musiciens sur leurs instruments.

Puis, seul avec sa guitare, Thom Yorke a entamé la ballade Exit Music (for a Film), qui a culminé dans une orchestration impressionnante. Un des nombreux moments forts de la soirée, qui s’est conclu par une ovation debout.

Dernière pièce avant le premier rappel, Nude nous a laissé sans voix devant la puissance de celle de Thom Yorke, toujours précisément sur la note, à la parfaite fréquence, et ce, tout au long du concert. Ses «ouuuuuuhhh» et ses «aaaaaaaaaaah» étaient parfaitement sentis.

Après une heure et demie de musique sans temps mort, on est passé à un premier rappel, mêlant rock énergique (Bodysnatchers), ballade (Present Tense), électro (Idiotheque) et contemplation (The Tourist). Une gigantesque lune (pas en forme de piscine) a tournoyé sur l’écran durant cette dernière.

Pour finir la soirée sur une belle note, il n’y avait pas meilleur choix que Karma Police, que la foule a chanté en chœur avec Radiohead. Un spectacle tout en beauté jusqu’à la fin.

 

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