Il y a cinq ans, Jean-François Guay a commencé à écrire des nouvelles érotiques. À l’origine, il s’agissait d’un simple passe-temps, d’un moyen original de raconter ses expériences, ses fantasmes.

L’aventure a pris une tournure inattendue le jour où les membres de son entourage se sont mis à le féliciter pour son Å“uvre. «Les plus prudes me disaient que [mes histoires] étaient d’une redoutable efficacité… Avec tout ce que ça implique!» s’exclame l’auteur de 40 ans.

Aujourd’hui, Jean-François Guay vient de faire paraître Osé, un recueil de 16 récits alliant sensualité, amour, désir et, bien entendu, sexualité. Après avoir buté contre la porte de plusieurs éditeurs, le journaliste de formation a décidé de lancer lui-même son bouquin en créant son propre site web. L’ouvrage y est disponible en version électronique et en livre imprimé.

Métro s’est entretenu avec l’auteur, qui se targue d’être l’un des rares hommes à se hasarder dans un domaine largement dominé par les femmes.

Pourquoi dites-vous que la littérature érotique est une affaire de femmes?

Parce que plusieurs pensent que les femmes sont les seules à comprendre les désirs des femmes. J’ai essayé de faire mentir cette règle. Je pense que je suis un gars avec une assez grande sensibilité pour être capable de me mettre dans la peau d’une femme et que ça reste crédible.

Que reprochez-vous aux romans érotiques que vous avez déjà lus?

Les scènes manquent parfois de détails. Souvent, le scénario l’emporte sur l’acte sexuel comme tel. L’univers fantasmatique des hommes est plus visuel. Je me suis donc appliqué à décrire avec beaucoup de finesse ce qui se passe. Je voulais qu’on sente le toucher, le souffle. Ça donne quelque chose de plus voyeur, de plus exhibitionniste.

Quel lien y a-t-il entre vos histoires?

Ce sont des situations qui sont susceptibles d’arriver à Monsieur et à Madame Tout-le-monde. Il y a des livres érotiques qui rentrent dans un univers très complexe, très flyé. Ce n’est pas ce que j’ai fait. J’ai déjà lu des livres où la femme finissait attachée après une statue dans la cour d’un gigantesque manoir. Je ne verse pas là-dedans. Je m’intéresse au couple d’à côté. Mes personnages, c’est un professeur d’informatique, un graphiste, un gars qui travaille dans une shop… Je voulais décrire des situations dans lesquelles les couples ordinaires peuvent se retrouver.

En 2009, est-ce encore tabou de lire ou d’écrire des romans érotiques?

Moins qu’avant. Ce n’est pas évident de parler de sexe sans se faire juger. Une fille risque de passer pour une cochonne, tandis que le gars peut se faire traiter d’obsédé.

Pendant l’écriture de votre bouquin, quelles limites vous êtes-vous imposées?

La vulgarité. Je ne voulais pas recourir au jargon de la rue. Je ne suis pas cru. Je suis plutôt descriptif. Faire l’amour, ça peut être très beau, à l’inverse d’une passe de cul, qui n’est que physique. Je ne voulais pas verser dans la porno, mais dans l’érotisme.

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