Collaboration spéciale

Alors que Fierté MTL bat son plein dans la métropole, le Camp de performance queer s’ouvre mardi. Cet événement à plus petite échelle rassemble des artistes de la communauté queer autour de spectacles, d’ateliers et de rencontres qui visent à célébrer l’expérimentation artistique et la différence.

Programmation diversifiée
Au menu de ce camp artistique queer, on compte quatre ateliers, deux performances devant public et divers événements originaux et ludiques, tels qu’un pyjama party d’ouverture et un «queer slow dance», présenté comme «le secondaire avec une fin heureuse».

Sur scène, le grand public est invité à découvrir le travail de la Berlinoise Antonia Baehr et du Torontois Indrit Kasapi.

La première présentera le spectacle Abecedarium Bestiarium, une pièce expérimentale basée sur un abécédaire d’animaux disparus. «Je ne l’ai pas vu, mais je sais que ce sera étonnant et différent», assure la directrice artistique du Studio 303, Miriam Ginestier, une des organisatrices du camp.

Le deuxième, avec sa compagnie Lemon Tree, présentera MSM (Men Seeking Men), un spectacle chorégraphié à partir d’archives de messages reçus sur un site de rencontre pour hommes (notre photo).

Deux des ateliers présentés seront consacrés à l’humour. Un portera sur le stand-up et sera animé par l’humoriste trans Tranna Wintour. L’autre, nommé «Empathy & Improv», traitera d’improvisation et sera donné par le collectif Colour Outside the Lines, dont les membres sont toutes des femmes issues de la diversité. «L’idée est de faire de la place aux voix qu’on entend moins dans ces formats, mais qui ont beaucoup de potentiel», explique Mme Ginestier.

Deux solitudes
Comme dans certains autres domaines, un fossé existe entre les communautés queer francophone et anglophone de Montréal, ont constaté le Studio 303, le MAI (Montréal, arts interculturels) et La Chapelle Scènes Contemporaines, organisateurs de cette troisième édition du Camp de performance queer. C’est pourquoi des discussions seront consacrées aux différences entre les deux communautés. «Ce qui me semble intéressant dans cette rencontre, c’est de prendre conscience de cette différence. Les anglophones ont développé une communauté beaucoup plus forte, mais elle concerne aussi les francophones. On veut comprendre cet écart des deux côtés», soutient le directeur artistique de La Chapelle, Olivier Bertrand.

Les queers sur scène
Les artistes queer ont-ils la reconnaissance qu’ils méritent au Québec? «Ils sont partout, mais ils ne sont pas nécessairement visibles ou faciles à trouver pour des gens qui s’intéressent spécifiquement aux esthétiques ou aux pratiques queer», répond Miriam Ginestier. D’où la tenue du camp, qui leur permet de se rassembler et de se retrouver.

Selon Olivier Bertrand, c’est grâce à des lieux de diffusion comme le Studio 303, La Chapelle et le MAI que la communauté se taille lentement une place sur les plus grandes scènes mont-réalaises. «Sans des endroits comme les nôtres, les grosses institutions auraient plus de mal à construire le contenu de leur programmation», dit-il, mentionnant la place qu’accordent des événements comme le Festival TransAmériques (FTA) et le Offta à la culture queer.

Le Camp de performance queer se tient jusqu’au 23 août.

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