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Rien que pour vos yeux, entrevue avec Sam Mendes, réalisateur de Skyfall

Photo: Sony Pictures

Le réalisateur Sam Mendes travaille au 23e film de la série James Bond, Skyfall, depuis assez longtemps maintenant – à cause, entre autres, des problèmes financiers du studio MGM, qui ont freiné la préproduction pendant près d’un an. Le lauréat d’un Oscar révèle à Métro les choses qu’il a apprises pendant son long mandat pour la franchise.

Les problèmes de faillite de MGM ont été une bénédiction cachée.
«Nous avons eu une sacrée chance avec ce film, au final, même si au départ, la faillite temporaire de MGM était la chose la plus frustrante du monde. C’était un peu un cauchemar pour moi, je m’étais vraiment préparé et j’étais prêt à me plonger dans la préproduction quand nous avons tout dû arrêter durant neuf mois, explique-t-il.

Pendant ce temps, nous avons retravaillé le scénario. Je connaissais déjà chaque scène intimement, mais nous avons continué à travailler. Nous avons eu deux semaines de répétitions, ce qui est relativement nouveau pour la franchise. Nous avons fait une lecture collective du scénario, et la productrice, Barbara Broccoli, m’a dit que c’était une première pour un film de James Bond!»

Les références aux Bond classiques ont été choisies avec soin.
«Mon sentiment à propos des éléments d’hommage, c’est qu’il faut les mériter. Je crois que, si on les intègre au mauvais moment, ça va sonner comme une fausse note, affirme Mendes. Il est vrai aussi que, quand on fait un James Bond, il faut redevenir l’adolescent de 13 ans qu’on a déjà été.»

Avant Daniel Craig, la franchise a fait quelques faux pas.
«Le truc, avec Bond, ai-je remarqué en revoyant les vieux films, c’est qu’il y a un moment, autour de Moonraker, où les histoires ont perdu leurs racines dans le thriller et ont plutôt pris la voie des films d’action ou d’aventures, qui ressemblaient presque à des documentaires de voyage, fait remarquer le cinéaste.

Le personnage de Bond est devenu le papier collant qui tenait tout en un morceau. Du genre : ‘‘Comment pouvons-nous emmener Bond de Rio à Venise et de Venise à un téléphérique? Parce qu’on a prévu toutes ces grosses séquences d’action, et il faut que ça fonctionne.’’ Et donc, il ne vivait aucune vraie aventure, à partir de ce moment-là.

Bon, je ne suis pas juste envers certains des épisodes durant cette période, mais toujours est-il que j’ai eu l’impression que, dans Casino Royale, enfin, Bond était à nouveau le véritable élément central du film. Il avait un parcours, des enjeux émotionnels. Alors, c’était important pour moi qu’il y ait cet aspect personnel au centre de l’histoire.»

Il admet que la franchise de Fleming n’a pas toujours été la meilleure, sur le plan de la diversité.
«Comment pourrais-je dire ça… les temps changent! lance Mendes, sourire en coin. Si vous lisez le début de Live and Let Die, ce n’est pas exactement correct, d’un point de vue racial, si je puis dire. C’est un produit de l’époque.»

James Bond reviendra… mais Sam Mendes, probablement pas.
«Ç’a été une expérience fantastique, mais extrêmement épuisante, admet le réalisateur, qui ajoute avoir mis la touche finale au film le 9 octobre dernier. Est-ce que je veux en faire un autre? Non, je ne sais pas. J’ai l’impression que tout ce que je rêvais de faire dans un film de James Bond, je l’ai intégré à ce film.

Alors, il faudrait qu’on me convainque que je peux faire quelque chose que j’aimerais et qui m’importerait au même degré, si je devais répéter l’expérience. Je crois que le danger de se répéter, c’est qu’on n’a plus le même nombre d’idées en réserve que quand on aborde un sujet tout neuf.»

Skyfall
En salle dès le 9 novembre

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