On pouvait sentir quelque chose dans l’air, mardi soir au Centre Bell, à l’occasion du passage du grand Phil Collins à Montréal. Peut-être parce que c’était possiblement la dernière fois.

Frêle, Phil Collins n’a plus l’énergie d’autrefois. Le chanteur maintenant âgé de 67 ans a des problèmes de santé, ce n’est pas un secret. Le nom de la tournée, Not Dead Yet – aussi le titre de son autobiographie parue en 2016 –, ménageait les attentes, mais Collins n’a pas déçu, donnant le meilleur de lui-même vocalement parlant. Mis à part quelques aigus coupés court, sa voix est demeurée intacte.

Pendant près de deux heures, le public composé en bonne partie de têtes grises et blanches a eu droit à une sélection de succès issus principalement de sa carrière solo et, bien sûr, à quelques chansons de Genesis.

Lentement, la canne à la main, Phil Collins faisait à peine son entrée sur scène que les spectateurs étaient déjà debout pour l’acclamer de toutes leurs forces. «Je sais que j’avais dit que je ne le referais plus, mais vous m’avez manqué», a-t-il lancé à l’assistance d’entrée de jeu. «J’ai eu une opération au dos et mon pied est foutu», s’est-il excusé pour expliquer sa prestation assise.

Collins a commencé le concert avec Against All Odds (Take a Look at Me Now), lancée presque comme un défi, avant que soient entonnées les fameuses notes d’Another Day in Paradise.

Il n’a pas fallu attendre trop longtemps pour entendre du Genesis. Collins a tendu son micro pour que la foule lui réponde sur Throwing It All Away. Sa troupe a poursuivi avec Follow You Follow Me, vidéoclip original à l’appui sur les écrans géants.

L’ambiance a tourné à la fête grâce à Who Said I Would, où a notamment brillé un certain Nicholas Collins, qui n’a rien à envier à son père. Âgé d’à peine 17 ans, le fils de Phil ne laisse pas sa place à la batterie. Les quelque 16 790 spectateurs lui ont régulièrement montré toute leur affection au courant de la soirée.

Collins fils a d’ailleurs montré l’étendue de ses talents dans un duel rythmique de haute voltige avec le percussionniste Richie Garcia. Les deux se sont ensuite assis aux côtés de Phil pour terminer ce beau moment à trois sur des blocs de percussion.

C’est après plus d’une douzaine de chansons que Phil Collins s’est finalement levé pour offrir In the Air Tonight, sans contredit le moment le plus attendu par les fans. C’est à Nicholas Collins qu’est revenu l’honneur de jouer la mythique entrée de batterie, fidèle en tout point à l’enregistrement original.

Dans le dernier sprint, le solide rendu du classique Invisible Touch de Genesis a fait mouche. La soirée s’est terminée en beauté avec la reprise Easy Lover, l’endiablée Sussudio – avec des confettis, s’il vous plaît –, puis Take Me Home en rappel.

Un petit bémol à ce beau concert: l’enchaînement était quelque peu éclectique, passant d’un morceau lent et doux à un morceau rapide et surexcité. Ces cassures donnaient un peu l’impression d’écouter un set list aléatoire, même si ce n’était évidemment pas le cas. De quoi ne plus savoir sur quel pied danser ou quand se lever de sa chaise. Mais c’est Phil Collins dont on parle, alors tout est pardonné.

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