Josie Desmarais/Métro David Laurin et Jean-Simon Traversy.

Une pièce, un macaroni et une bière. Voilà la recette toute simple pour savourer le théâtre autrement que propose le Théâtre Jean-Duceppe. Entrevue avec ses nouveaux directeurs artistiques audacieux.

Jean-Simon Traversy et David Laurin sont tombés amoureux du concept écossais «A Play, A Pie and A Pint» pour la première fois lorsqu’ils dirigeaient la petite compagnie de création LAB87 à la Licorne.

Maintenant copilotes créatifs du Théâtre Duceppe, une institution phare de la métropole, ils transportent la formule intime dans leur nouveau repaire à la Place des Arts.

La prémisse est simple: une bière et une collation à la main, on foule directement les planches des coulisses où un comédien nous attend, puis la magie opère le temps d’une heure.

«L’acte d’assister à une pièce de théâtre ressemble à un rituel. Les 5 à 7 brisent ce cadre un peu rigide pour résonner avec d’autres spectateurs et multiplier les lieux où faire et voir du théâtre», explique le codirecteur artistique Jean-Simon Traversy.

«Nous conservons l’esprit de proximité qui caractérise notre travail pour défaire l’idée que les grandes institutions sont inatteignables pour les jeunes auteurs. Notre porte est toujours grande ouverte.» –Jean-Simon Traversy, codirecteur artistique du Théâtre Jean-Duceppe

On demeure en terrain connu avec la première pièce «en un acte» de la série Toutes les choses parfaites de Duncan Macmillan, présentée en 2016 à la Licorne.

«C’était important de coproduire avec eux, parce que c’est de là qu’on vient, mais aussi parce qu’on veut montrer que les gens du milieu se parlent et œuvrent ensemble pour redorer l’étoile du théâtre», estime Jean-Simon Traversy.

Ouvrir grand les portes
Éventuellement, les 5 à 7 présenteront le travail d’auteurs en résidence chez Duceppe, qui bénéficient d’un soutien financier de la part de l’institution.

Une bourse de 15 000$ offrira non seulement un filet de sécurité financier aux dramaturges en début de carrière, mais aussi un appui concret sous forme d’ateliers, de lectures et de coaching avec d’autres comédiens.

«C’est quelque chose qu’on rêvait de faire, s’enthousiasme David Laurin. Les auteurs n’écrivent plus seuls dans leur coin. En plus de bénéficier de notre soutien artistique, ils ont la chance de monter leurs pièces ici. On risque fort de cultiver des talents à portée internationale.»

Longtemps figé dans une image empoussiérée, le Théâtre Duceppe tisse maintenant des partenariats novateurs pour renouveler son bassin d’abonnés. Grâce à une commandite d’Hydro-Québec, Duceppe offre maintenant la promotion «Ton âge = ton prix» aux 18-35 ans, qui permet à ce jeune public de se procurer un billet à un tarif égal à leur âge.

Le théâtre collabore également avec le magazine Voir pour produire des balados sur l’actualité abordée par sa programmation. Cette dernière est dotée d’une facture visuelle percutante créée par la firme Publicis.

«Notre façon de diriger consiste à porter un regard neuf sur chacune de nos productions pour faire en sorte de rejoindre de nouveaux spectateurs. On ne peut pas se contenter de l’œuvre, surtout que le théâtre est en compétition avec de plus en plus de modes de visionnement. C’est pourquoi il faut être capable de se remettre en question pour créer l’événement.» –David Laurin, codirecteur artistique du Théâtre Jean-Duceppe

Voguant sur cette vague de changements, Duceppe reste fidèle à sa mission. «Nous allons continuer de produire des pièces à grand déploiement et de revisiter un classique du répertoire de la compagnie au moins une fois par année, à condition que celui-ci nous parle encore aujourd’hui», affirme David Laurin.

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