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Michael Jackson's This is it: Plutôt Bad et loin d'être un Thriller

Bonne nouvelle : This is it est meilleur que sa chanson-thème. Malheureusement, ça ne veut pas dire grand-chose, étant donné la platitude crasse de cette ballade mid-tempo.

Après des mois d’attente et un tapage publicitaire monstre de Sony, le film qui nous montre les préparations du défunt «roi de la pop» en vue d’une série de 50 concerts à Londres prend finalement l’affiche. Présenté aux médias tard mardi soir, This is it ennuie plus qu’il fascine et ce, malgré l’omniprésence des plus grandes compositions du chanteur.

Le long métrage s’ouvre à la manière d’un épisode de Star Wars : sur fond noir et sans musique d’accompagnement, un texte expliquant les circonstances dans lesquelles les images du film ont été captées défile sous nos yeux. Cette introduction à la fois sobre et dramatique fait ensuite place à de courts témoignages à la caméra des danseurs de Michael, indiquant combien ils sont heureux de côtoyer leur idole, etc.

Étonnamment, This is it n’abuse pas (trop) de ces moments infopub, où les proches du sujet s’adonnent à la surenchère de superlatifs. Ces petites capsules complaisantes reviennent toutefois en force à la fin du documentaire, lorsque les musiciens et le reste de l’entourage de la star y vont de leurs acclamations.

C’est avec Wanna be Startin’ Somethin’ que Michael entame sa générale. Chantant une ligne sur deux (il précisera plus tard vouloir «préserver ses cordes vocales»), le quinquagénaire à la silhouette frêle continue toutefois d’impressionner par la vigueur de ses déplacements. Tous les pas de danse et les tics qui ont forgé sa réputation dans les années 1980 y sont : de la main sur l’entre-jambe aux pirouettes ultrarapides, en passant par les petits cris aigus et les poses ultrapompeuses sous les rafales d’un ventilateur sur pied.

Alternant entre les plans éloignés et rapprochés (où la qualité de l’image laisse à désirer), le réalisateur Kenny Ortega tente de capter l’attention du spectateur avec un rapiècement d’extraits captés en répétitions. Le cinéaste relève le défi pendant les 30 premières minutes du film, mais une fois l’effet-surprise dissipé, tout ce qui reste est un banal et prévisible enchaînement de numéros à demi-complétés.

Seuls les fans inconditionnels de Jackson se plairont à passer deux heures, assis dans une salle sombre, à observer un chanteur se donner à 50 % sur une scène dépouillée dans un auditorium vide. Car à l’exception de quelques rares moments de lumière (le making-of des projections vidéos qui auraient été utilisées en toile de fond pendant les pièces Thriller et Smooth Criminal est plutôt divertissant), This is it ne laisse jamais le cinéphile sortir de l’amphithéâtre où Jackson tenait ses répétitions. De plus, les fondus au noir hyper malhabiles entre les différents numéros et les nombreuses erreurs de synchronisation entre le chant et le mouvement des lèvres du chanteur agacent drôlement.

Le documentaire nous permet toutefois de constater que le retour sous le feu des projecteurs de l’icône aurait été spectaculaire. Sans costume ni éclairage, The Way You Make Me Feel nous donne néanmoins l’envie irrésistible de taper du pied. Même chose pour Billie Jean, prévue pour le rappel.

À défaut de plonger au cÅ“ur de l’univers de Michael Jackson, This is it dévoile – à quelques occasions – une facette pour le moins inconnue du chanteur. Conscient des attentes du public, Jackson se montre autoritaire lorsque ses musiciens s’éloignent un peu de la version originale de ses succès. Comme un gamin qui cherche à éviter la chicane tout en essayant de tout contrôler, il termine chacune de ses critiques par : «Et rappelez-vous que je dis ça avec amour.»

Les timides sourires qu’il esquisse à la fin d’un morceau bien réussi permettent aussi d’entrevoir que sous ses éternelles lunettes fumées, ses célèbres vestons à paillettes, ses gants argentés et son nez rabougri, se cachait un véritable être humain.

This is it tiendra l’affiche pendant deux semaines.

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