Collaboration spéciale Holly Cole espère fort pouvoir venir chanter à Montréal, sa ville chouchoute, au prochain Festival de jazz.

Sur son nouvel album Night, la jazzwoman canadienne Holly Cole vagabonde de Tom Waits à Viva Las Vegas, en passant par un thème de James Bond.

Composées la nuit; conçues et arrangées pendant la nuit, évoquant la nuit; voilà les points communs entre les pièces qui composent le nouvel album de Holly Cole. Mais ce n’est qu’au milieu de la création de ce premier album studio en cinq ans que le fil conducteur est apparu à la jazzwoman. «Je ne savais pas que ça serait un disque thématique, mes albums ne le sont pas tous, rappelle-t-elle. On a d’ailleurs enregistré beaucoup plus de pièces que ce qui est sur l’album, mais plus ça allait, plus je voyais ce thème, et j’ai décidé de mettre l’accent là-dessus.»

Assez éclectique en ce qui concerne le choix des pièces, mais restant toujours dans une ambiance intimiste et minimaliste, le disque réunit des relectures de Gordon Lightfoot (If You Could Read My Mind), Captain Beefheart (Love Lies), Jacques Brel (Ne me quitte pas) et la ballade I Only Have Eyes For You, pour ne nommer que celles-là.

Métro a joint Holly Cole, présentement en tournée en Allemagne, pour lui parler de quelques-uns des titres de Night.

Walk Away et Whistling Past The Graveyard (Tom Waits)
On le sait, Holly Cole est une inconditionnelle de Tom Waits, à qui elle a rendu hommage dans son album Temptation en 1995. «Je sens que lui et moi avons une connexion, artistiquement et musicalement, explique-t-elle. Les paroles de ses chansons sont aussi importantes pour moi que la musique. Il parle des gens à propos desquels j’aime chanter : les personnages de ses histoires sont les héros invisibles de notre monde, ce sont des gens qui n’ont pas eu beaucoup de chance dans la vie, qui n’ont pas réussi aux yeux de la société, mais qui sont toujours intègres et font face à l’adversité. On me demande souvent s’il est difficile de chanter des chansons aussi tristes, mais moi, je les trouve plutôt introspectives et pleines d’espoir.»

You Only Live Twice (John Barry)
Reprendre la chanson-thème du film de James Bond du même titre, interprétée à l’époque par Nancy Sinatra, était-il le clin d’œil tout personnel de la musicienne au 50e anniversaire de 007? «Je n’étais même pas au courant de cet anniversaire! s’exclame-t-elle. Mais c’est intéressant que vous parliez de clin d’œil, parce que je pense que toutes les chansons-thèmes des films de James Bond sont un clin d’œil, qu’elles ont un deuxième degré, un élément de mystère, d’intrigue, de séduction… Et elles sont toujours très bien écrites, par des artistes d’univers complètement différents.»

Viva Las Vegas (Mort Shuman)
La voix langoureuse de la chanteuse, qui interprète le très connu hymne à la ville de toutes les tentations, ç’a de quoi surprendre. «C’est un défi, mais c’est ce que je fais : chanter des chansons que personne ne s’attend à ce que je chante, rappelle Holly Cole. Cette chanson a d’ailleurs été la première à m’inspirer le titre du disque.»

Et cette chanson, Cole, qui est dans le milieu de la musique depuis le début des années 1990, n’aurait sans doute pas osé la reprendre à ses débuts, avoue-t-elle : «Je n’aurais pas aimé l’idée. J’étais beaucoup plus conservatrice quand je suis sortie de l’école. Ça peut sembler étrange maintenant, mais je n’en avais que pour Nina Simone, Sarah Vaughan, Billie Holliday… des standards de jazz, finalement. Tom Waits, par exemple, je ne pensais pas que c’était vraiment du jazz. Alors qu’on s’en fout, non? De la bonne musique, c’est de la bonne musique. Mais au début, je voulais juste faire du vrai de vrai jazz… et chose certaine, j’ai beaucoup appris pendant cette période!»

I Only Have Eyes For You (Holly Cole)
Comme elle l’avait fait pour la première fois sur son précédent opus, Holly Cole, l’artiste intègre à Night une pièce de son cru, quelque chose qu’elle ne considère pourtant ni plus difficile ni plus facile à faire que des reprises.

«Mais j’ai beaucoup plus d’expérience pour interpréter, déconstruire, réinventer que j’en ai pour la composition, nuance-t-elle. Et le truc, c’est que j’ai écrit beaucoup plus de chansons que je n’en ai enregistré sur disque, mais sur mes albums, il y a des chansons de Cole Porter, Tom Waits, Gordon Lightfoot… Et si tu es pour mettre ta propre composition aux côtés de celles de ces gens-là… tu as intérêt à ce qu’elle soit franchement béton!»

Night
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