Pas de limites. Pas d’excuses. C’est le mot d’ordre de la troupe de breakdance ILL-Abilities, qui fêtera ses 10 années d’existence samedi en faisant ce qu’aucune formation hip-hop n’a fait avant elle: danser dans l’enceinte des Grands Ballets canadiens.

Formé autour du b-boy mont­réalais Luca «Lazylegz» Patuelli, ILL-Abilities rassemble huit danseurs de six pays. Ce qui les réunit? Leurs handicaps, bien sûr, mais surtout leur passion pour la danse.

«Je fais la promotion de la danse pour tous, explique d’emblée Luca Patueilli. La danse, c’est accessible à tous. Peu importe l’âge, la race, le sexe, le niveau d’habiletés. Tout le monde peut danser. C’est le petit mouvement qui fait la différence.»

ILL-Abilities est toutefois loin de se contenter de «petits mouvements».

Lorsque Lazylegz abandonne ses béquilles pour se jucher sur les imposantes épaules de Sergio «Checho» Carvajal, ou que Samuel «Samuka» Lima, danseur brésilien qui a perdu une jambe à cause du cancer, et multiplie les vrilles à quelques centimètres du sol, on a plutôt devant nous des professionnels accomplis.

«Chacun d’entre nous a son propre style, quelque chose qui le rend particulier. Et nous avons aussi chacun notre histoire, qui définit notre façon de bouger selon notre corps», explique le Chilien Carvajal, dont le style personnel met en valeur ses puissants bras.

«Dans le hip-hop, quand on voit quelqu’un de différent, on veut l’encourager. On voit ses forces et non ses faiblesses», ajoute Luca Patueilli, qui donne également des cours de danse adaptés en compagnie de sa femme Mélissa.

Samedi, lors du spectacle No Limits, certains de ses élèves seront d’ailleurs jumelés à des danseurs professionnels. Une façon de propager la bonne nouvelle en quelque sorte.

«Sur scène, nous partageons évidemment notre passion pour le breakdance, mais nous pouvons aussi aider les gens et les inspirer, constate Sergio Carvajal. Depuis les débuts de ILL-Abilities,plusieurs personnes avec des handicaps ont commencé à danser. Ça nous rend très heureux.»

«Être différent, c’est une force. Dans le breakdance, tu ne veux pas être comme le danseur à côté de toi. Avec mes béquilles, je peux être différent.» –Luca Patueilli, alias Lazylegz, fondateur de la troupe ILL-Abilities.

Luca «Lazylegz» Patueilli

Donner au suivant
Depuis leur première représentation au Musée Juste pour rire en 2008, la troupe se donne en spectacle un peu partout dans le monde, en plus d’offrir des conférences de motivation et de participer à des compétitions de breakdance.

«C’est la danse qui nous unit, mais aussi notre joie de vivre, illustre Luca Patuelli, qui est né avec l’arthrogrypose congénitale multiple, une maladie musculaire qui limite le mouvement de ses articulations. Quand on est ensemble en tournée, on va visiter les mêmes choses, on va aimer les mêmes choses. Je pense qu’on a tous accepté notre différence à un moment dans notre vie et ça nous a donné la confiance de sortir, d’être nous-mêmes et d’en être fiers.»

«Les choses les plus importantes dans le hip-hop sont la paix, l’unité, l’amour et le plaisir. Peu importe d’où tu viens, ou de quoi tu as l’air, tu peux obtenir le respect des autres si tu as de la passion pour ton art», insiste le Sud-Coréen Jung Soo Lee, alias Krops.

Danseur accompli en Corée du Sud, le jeune homme a vu sa vie basculer en 2013 lorsque, durant un entraînement, il a atterri directement sur son cou. Une blessure très sérieuse qui a endommagé sa colonne vertébrale et qui l’a laissé complètement paralysé.

Samedi, il dansera presque cinq ans jour pour jour après son accident.

«Mon docteur a dit que je ne m’en remettrais jamais. À l’époque, j’ai reçu de l’aide de plusieurs personnes. La seule façon pour moi de leur redonner cet amour est de remonter sur scène et de danser à nouveau.»

Le spectacle No Limits est présenté samedi à l’Édifice Wilder–Espace danse (1435, rue de Bleury)

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!