Warner bros Sir Ian McKellen revêt de nouveau la robe grise de Gandalf dans The Hobbit.

C’est à New York que Métro a rencontré Sir Ian McKellen, l’incontournable Gandalf de The Lord of the Rings, de retour dans The Hobbit. Entretien avec une légende tranquille.

Avez-vous hésité avant de reprendre le rôle de Gandalf?
Je n’avais pas de doutes à proprement parler. Peter Jackson, lui, en avait. Un jour, il se retirait du projet, un autre il y revenait. Un autre réalisateur arrivait, et puis Peter revenait… Dans un coin de ma tête, je devais me dire que ces nouveaux films ne verraient peut-être jamais le jour, mais je restais disponible. Ce n’est pas toujours évident à gérer, car il y a plein de bonnes raisons pour lesquelles ce boulot n’en vaut pas la peine.

Lesquelles?
Être éloigné de chez moi trop longtemps, ne pas pouvoir faire d’autres films ou essayer de nouvelles choses. À mon âge, les années sont plutôt précieuses, donc je ne dois pas avoir l’impression de perdre mon temps. Mais au final, je n’imagine personne d’autre jouer Gandalf. Une amie actrice m’a dit : «Ian, tes fans s’en fichent de tes problèmes personnels. Tu dois y aller et le faire!» Ce n’est pas souvent qu’on sent une telle attente de la part du public.

Dans The Hobbit, on sent comme un sentiment romantique entre Gandalf et Galadriel, interprétée par Cate Blanchett. Est-ce délibéré?
Ce n’était pas prévu; on n’en avait pas parlé ensemble. Cate est une actrice de théâtre, comme moi. On s’est très bien entendus, on a beaucoup ri et on s’est promis de jouer ensemble plus tard, peut-être sur les planches. Je pense qu’on s’est rapprochés spontanément et que cela s’est ressenti à l’écran. Gandalf et Galadriel ont un grand respect l’un pour l’autre. Ce respect pourrait être affectueux.

À votre avis, pourquoi Tolkien n’a-t-il jamais abordé les relations entre hommes et femmes dans ses romans?
Son inspiration provient des sagas scandinaves et peut- être de L’Illiade d’Homère. Tous ces récits épiques impliquent rarement des femmes. Ce sont les hommes qui mènent l’histoire. Les histoires se déroulaient dans des sociétés masculines où les femmes n’étaient que les mères et les sœurs. Tolkien n’essayait pas de refléter dans la Terre du Milieu tous les aspects de la vie humaine. S’il l’avait fait, les femmes seraient là, et le sexe aussi. Mais on peut raconter une sacrée bonne histoire sans avoir besoin de parler de ces choses-là. Selon moi, c’est pour cela que les gens voient l’amitié entre Sam et Frodo comme une relation homosexuelle. Il y a un peu de ça, mais je pense que c’est surtout de l’affection sans sexe.

Vous pensez que les spectateurs cherchent des sous-entendus là où il n’y en a pas?
Les histoires de garçons du milieu du XXe siècle parlent toutes d’amitiés très proches, mais sans sexe. Il n’y a pas de frustration sexuelle. Je ne pense pas que la Terre du Milieu serait un meilleur lieu où vivre si on changeait cela. De bien des façons, les films suivent les livres de très près. Ils sont figés dans le passé. Même si Tolkien parle de races différentes – les elfes, les nains, etc. –, c’est fait avec légèreté. Je pense que, s’il y a une métaphore dans The Lord of the Rings, elle touche la communauté juive. D’après moi, Tolkien voyait les elfes comme des gens qui avaient perdu leur terre et qui se battaient pour la retrouver.

The Hobbit
En salle dès vendredi

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