Roger Arpajou Matthias Schoenaerts dans De rouille et d’os

Comme beaucoup d’acteurs, Matthias Schoenaerts désirait travailler avec Jacques Audiard. «Mais je n’osais même pas en rêver!» affirme-t-il. Il aurait pu, car ça s’est fait.

L’acteur en convient : sur papier, le rôle que lui proposait le cinéaste français dans De rouille et d’os n’avait rien de bien sympathique. Il confie aussi qu’il a dû creuser pour trouver comment rendre attachant ce père qui n’arrive pas à prendre soin de son fils, qui fait des combats de ruelle pour gagner sa vie et qui dit toujours ce qu’il pense, sans mettre de gants blancs ni réfléchir trop, trop. «C’est un personnage assez brutal, observe l’interprète belge au bout du fil. Un homme qui ne sait pas du tout comment exprimer ses émotions. Il fallait donc que j’arrive à le rendre plus attirant, plus humain, sans surjouer.»

La clé se trouvait dans la sincérité. «En fait, j’ai réalisé que c’est un mec très simple, qui réagit à tout de façon instinctive. Quand il est brutal, c’est instinctif. Quand il est tendre, c’est instinctif. Il ne calcule pas, il ne se remet pas en question, et il ne met surtout pas les choses en perspective. C’est quelqu’un qui réagit à la fois de façon très spontanée et très sincère.»

En témoigne la relation qu’il noue avec le personnage de Marion Cotillard, une dresseuse d’orques qui, à la suite d’un accident, perd l’usage de ses jambes. Et qui trouve, dans la présence de ce grand gaillard un peu brusque, beaucoup de réconfort. «Ce gars-là, il ne juge pas les gens, affirme Schoenaerts au sujet de son rôle. Il est comme il est. Quand quelqu’un a besoin d’aide, il l’aide. Quand quelqu’un l’emmerde, il va le taper dans la figure. C’est très basique, mais aussi très pur.»

En se préparant à ce projet, l’acteur a dû se pencher sur une des questions abordées par Audiard dans le long-métrage, à savoir «comment dire à quelqu’un qu’on l’aime lorsqu’on n’a pas les mots pour ça». «Le voyage personnel que fait cet homme au fil du film l’aide à le dire, ce je t’aime. Car c’est vrai qu’il a un vocabulaire très limité, une façon presque enfantine de parler. En même temps, il n’est pas naïf, car il a énormément vécu.»

Visiblement très marqué par son expérience de tournage, Matthias Schoenaerts confie pour conclure qu’il n’hésiterait pas «une seule seconde» à faire équipe une fois de plus avec le cinéaste. «S’il me le demande, je fonce! Imméditatement et avec tout mon cœur!»

De rouille et d’os
En salle vendredi

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