Depuis un an, Eric Greff fait le tour des clubs dans la peau d'Helmut Fritz et y a découvert tout un autre monde. «Avant, je ne sortais pas en boîte et, maintenant, je fais des shows à 2 h 30 du mat!»

Jeudi, Métro avait rendez-vous avec Helmut Fritz, l’interprète du méga tube Ça m’énerve!, dans un hôtel de la métropole. Mais c’est plutôt avec Éric Greff, l’homme derrière le personnage, que Métro s’est entretenu.

Exit les grosses lunettes fumées et l’allure de dandy moderne qu’il a arborées sous l’objectif de notre photographe. Éric Greff se présente à nous en toute simplicité. Après un an à jouer le jeu du chanteur allemand las de la branchitude parisienne à la télé et à la radio, le Français d’origine a décidé que, dorénavant, il allait discuter «normalement» avec les journalistes de la presse écrite.

Avant l’an dernier, Greff était un artiste pop-rock sans histoire qui vivait de sa musique, sans toutefois avoir réussi à endisquer. Un matin, il se réveille et écrit Ça m’énerve! – chanson dans laquelle il décrit avec sarcasme tout ce qui lui tombe sur les nerfs dans la vie parisienne. Il met ensuite sa chanson sur MySpace, et un certain DJ, nommé Laurent Konrad, lui propose de faire une version dance de sa pièce. Ça m’énerve! telle qu’on la connaît est née, mais ce n’est que le début de l’histoire…

«Ensuite, le personnage d’Helmut Fritz s’est imposé de lui-même, explique Greff. J’avais dans l’oreille cet accent allemand à la Karl Lagerfeld. En même temps, je me suis dit que le gars ne devait pas se prendre trop au sérieux, alors je lui ai composé un look coloré avec des espèces de grosses lunettes. Mais jamais je n’aurais pensé que ça allait prendre cette ampleur.  Je suis complètement dépassé!»

Éric Greff a par la suite dû inventer une vie à son personnage. Il imagine donc qu’il est né à Reinbeck, en Allemagne du Nord, que ses parents tiennent une fabrique de pulls tricotés et qu’en 1998, son grand-oncle meurt écrasé par un sanglier lors d’une partie de chasse et lui laisse sa fortune en héritage. Devenu riche, il s’installe à Paris et mène une vie mondaine. En 2009, Helmut craque et écrit Ça m’énerve!.

«Je me suis dit, il ne peut pas juste dire : "Ça m’énerve!" Il faut aller plus loin dans la vie que ce personnage aurait s’il existait. Il va faire la queue à la poste le matin et est coincé dans les embouteillages de la rue Rivoli. Il n’en peut plus de voir ces mecs qui se mettent des crèmes et du gel. Finalement, Helmut est un gentil loser de la société qui aimerait bien être dans le milieu hype. Mais en même temps, il est en réaction à ce milieu, et il le dit, toujours avec le mot juste.»

Sur l’album signé Helmut Fritz En observation se côtoient donc des pièces au titre évocateur : Miss France ou Mister Hype, qui parlent de Facebook et du iPhone. «Dans la société actuelle, tout est question de marque, donc tout est marketing, et je ne trouve pas ça normal, souligne l’interprète. Il y a effectivement un petit côté dénonciateur dans ce que je fais, mais c’est toujours présenté de façon très légère.»

L’après-Helmut Fritz

Celui qui croit que certains artistes se prennent beaucoup trop au sérieux est maintenant irrémédiablement associé à son alter ego, comme le sont à Star Académie les académiciens. Éric Greff en est parfaitement conscient, mais assure qu’après Helmut Fritz, il aura autre chose à présenter à son public.

«Je suis un chanteur avant tout, alors c’est pour ça que j’ai refusé toutes les propositions que j’ai eues et qui n’étaient pas musicales, dit-il. On m’a offert de faire des talk-shows dans lesquels on voulait que, chaque semaine, Helmut parle de ce qui l’énerve. La seule chose que j’ai considéré faire avec mon personnage, c’est de tourner un film underground, à la Borat, sur la vie d’Helmut et de le faire mourir à la fin.»

Les heures d’Helmut Fritz sont donc désormais comptées, mais pas celles d’Éric Greff, qui compte bien profiter de sa nouvelle célébrité pour présenter son matériel personnel. Par contre, le public oubliera-t-il le néo-dandy observateur d’une époque et, surtout, est-ce que les maisons de disques voudront entendre des titres signés Éric Greff? C’est à suivre…

En observation
Présentement en magasin
Pour plus de détails sur l’artiste, visitez le site d’Helmut Fritz.

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