Katie Melua: Musique dans l'âme
La chanteuse britannique publie son quatrième opus, The House, qui s’éloigne des ballades acoustiques qui ont fait sa renommée et emprunte un chemin plus pop. Rencontre avec une artiste entière et enthousiaste.
Qu’est-ce que ça fait de devenir une pop star à 19 ans?
Il y a plusieurs sentiments qui me viennent à l’esprit. Quand mon album est sorti, il était classé de plus en plus haut, et je me disais : «Il n’ira pas plus loin.» Trois mois plus tard, quand il a enfin été classé à la première position, c’était assez surréaliste. Après, il y avait aussi la folie des gens qui se reconnaissent dans vos chansons, qui sont émus par votre musique. Mais c’est très étrange parce que les gens ont l’impression de vous connaître, alors que vous ne savez rien d’eux. Et puis, il y a aussi le scepticisme ambiant. À partir du moment où vous avez du succès, entendre des choses positives sur vous devient la norme. Alors, quand on vous critique, c’est assez dur à prendre. Une chose négative vous fait plus d’effet que cent choses positives.
Vous aviez l’intention de franchir un cap avec ce quatrième album?
Je sentais qu’il était temps de changer. J’ai fait trois albums dans le même ton qui posent les bases de ma musique et dont je suis très fière. En quelque sorte, c’est le début d’un cycle nouveau. Par exemple, le morceau The Flood parle du fait de se laisser envahir par les émotions, pour ne pas vivre dans la peur et agir par instinct. La mélodie reflète cet état d’esprit avec le changement de rythme.
La France vous a toujours bien accueillie…
Il y a énormément de respect pour la musique et la culture en général en France. Il ne s’agit pas seulement de divertissement, c’est plus profond que ça. Cela fait partie de l’âme et de l’identité française. Je suis ce genre de personne, c’est pourquoi j’aime ce pays. J’aime beaucoup écouter des filles comme Camille ou Édith Piaf.
Pourquoi n’avoir jamais fait un album de rock?
Chaque fois que j’ai essayé de chanter plus fort, ça n’a pas marché. Ma voix a tendance à être plus puissante quand elle est maîtrisée et contenue. Pour moi, le rock repose surtout sur de la puissance et j’ai l’impression d’en manquer quand le son est fort et que je dois me battre avec plein d’instruments. Je préfère l’approche subtile de la musique, je me sens plus libre et je peux davantage m’exprimer. Je ne sais pas où, ni avec qui, mais je sais que je veux manger, vivre et respirer de la musique.
À l’adolescence, la musique était votre rêve le plus fou?
Je me souviens de mon tout premier souvenir en Géorgie. Il y avait eu une coupure d’électricité et ma mère s’est installée au piano dans le noir. J’étais très jeune et je me souviens avoir eu un véritable choc. Je me disais : «Je ne peux pas le voir, je ne peux pas le toucher, mais ça me met dans un état incroyable.» Mon oncle aussi n’arrêtait pas de jouer Queen et Led Zeppelin. Je suis tombée amoureuse de la musique vraiment très jeune.
The House
En magasin dès mardi